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Pour diffusion immédiate                                                                       Le 11 juillet 2000

Inspection des viandes et risques de contamination

Est-ce au berger ou au

loup à surveiller le troupeau?

OTTAWA - «La volonté du gouvernement du Canada de confier l'inspection des viandes à l'industrie, pour se contenter d'inspecter uniquement ses méthodes de transformation, pourrait compromette la sécurité de notre alimentation et faire augmenter les risques de contamination à la bactérie E. coli et à la salmonellose,» estime Yves Ducharme, président du Syndicat de l'Agriculture, un Élément de l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC). Ce geste du gouvernement équivaut à demander au loup de prendre la place du berger pour la garde du troupeau. Nous croyons que si ces changements aux règlements sur l'inspection des viandes sont adoptés, les cas de contamination à la bactérie E. coli ou d'intoxication à la salmonellose pourraient augmenter sensiblement.»

Le gouvernement entend mettre en vigueur d'ici quelques mois une nouvelle réglementation qui permettra aux usines de transformation de viande sous juridiction fédérale de ne plus être soumises aux dispositions actuelles de la Loi qui stipulent que chaque carcasse ou partie de carcasse doit être inspectée par un inspecteur désigné. Les inspecteurs à l'emploi de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) ne seraient désormais plus chargés de ces inspections, mais de surveiller plutôt les procédés et le travail des «détecteurs de défauts».

«Ces "détecteurs" seraient des employés de l'usine chargés de vérifier si l'animal est propre à la consommation, explique Yves Ducharme. Toutefois, leur formation sommaire - de deux à quatre semaines - sera nettement insuffisante par rapport à celle de deux années exigée d'un inspecteur de l'Agence. En outre, comment croire que ces "détecteurs", salariés de l'usine, auraient l'indépendance nécessaire pour forcer l'arrêt d'une chaîne de production s'ils constatent des problèmes. La tragédie de Walkerton a démontré combien l'absence d'un spécialiste sur place peut accroître les risques.

«En outre, ajoute Ducharme, de plus en plus le gouvernement tente de refiler la responsabilité de la salubrité de l'alimentation directement aux consommateurs. On nous demande de bien faire cuire la viande, de s'assurer de bien laver nos mains lorsqu'on manipule la viande, mais, si les procédés d'inspection étaient renforcés au lieu d'être assouplis, on éviterait beaucoup de contamination. Les inspecteurs de viande de l'Agence canadienne ont davantage de difficulté à contrôler le processus de transformation, car on leur enlève leurs responsabilités.»

Le gouvernement américain, qui tentait d'implanter un système d'auto-inspection de l'industrie, a été forcé par une cour d'appel à revoir son projet il y a quelques semaines. La loi américaine, comme celle du Canada, stipule en effet que chaque carcasse doit être inspectée par un inspecteur du gouvernement. Mais contrairement aux États-Unis, les changements législatifs que prépare le gouvernement canadien lui permettraient d'éviter cet écueil.

Le Syndicat de l'Agriculture représente les 1 000 inspecteurs de viande oeuvrant pour l'ACIA et, au total, plus de 6 500 membres oeuvrant pour l'Agence et différents ministères, agences ou commissions fédérales.

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Renseignements :

Yves Ducharme, président national, Syndicat de l'Agriculture, (613) 859-7668

Pierre Lebel, agent de communications, AFPC, (613) 560-5482

41-110700