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POUR DIFFUSION IMMÉDIATE Le 5 mars 2002
LE SYNDICAT CONTESTE LE TEST DE CONDITIONNEMENT
PHYSIQUE DES POMPIERS EN AFFIRMANT QUIL
REPRÉSENTE UNE VIOLATION DE LA LOI SUR LES DROITS DE LA PERSONNE
OTTAWA Le test de conditionnement physique pour les pompiers civils du ministère de la Défense nationale (MDN) enfreint la Loi canadienne sur les droits de la personne (LCDP) sur la base du sexe et de lâge, selon leur syndicat, lAlliance de la Fonction publique du Canada (AFPC), qui vient de déposer une plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne.
« La Défense nationale a indiqué que les pompiers qui travaillent dans des établissements du MDN, qui subissent le test de conditionnement physique et ne le réussissent pas dans un délai précis, seront confrontés à de graves conséquences, y compris la rétrogradation et le licenciement », de dire le vice-président exécutif national de lAFPC John Gordon. « Cependant, il ny a aucune preuve à leffet que le respect de cette norme arbitraire est requis pour lexercice sécuritaire et efficace des tâches des pompiers. »
Le test de conditionnement physique fait partie du Programme de maintien de la condition physique des pompiers du MDN. Ce programme a été mis au point en 1993-1994 par le Groupe de recherche en ergonomie de luniversité Queens. Les pompiers doivent terminer un ensemble de tâches dans un délai de huit minutes. Le délai dexécution a été déterminé par le Groupe de recherche qui sest basé sur des tests administrés à un groupe de 202 pompiers et 24 pompières.
« Le test ne comporte pas les mesures dadaptation générales requises par la loi et qui doivent être intégrées aux normes, politiques et pratiques du lieu de travail, de déclarer M. Gordon. Il fait preuve de discrimination contre les pompières parce que la capacité aérobique des femmes est inférieure à celle des hommes. Bien que ce soient les chercheurs de luniversité Queen's qui ont fait passer le test aux pompières et que les effets négatifs de lobjectif de performance de huit minutes en fonction du sexe a été noté, le délai pour lexécution de lensemble du test na pas été adapté pour tenir compte de la performance des femmes. De plus, la capacité aérobique diminue avec lâge. Encore une fois, aucune adaptation na été faite pour en tenir compte. »
Les résultats du test sur échantillonnage de létude de recherche de luniversité Queen's montraient que le temps dexécution moyen pour les hommes était de sept minutes, 30 secondes, alors que le temps dexécution moyen pour les femmes était de neuf minutes, 57 secondes. Le choix de la norme de huit minutes donne à lhomme moyen testé une marge de manuvre de 30 secondes supplémentaires pour terminer le test dans le temps requis. Pour la femme moyenne, le choix de la norme de huit minutes exige que la femme moyenne améliore sa performance dune minute, 57 secondes afin de terminer le test dans le temps requis. Létude elle-même reconnaissait que le choix dune norme de huit minutes aurait un effet négatif grave sur les femmes et sur les sujets de 50 à 59 ans.
Selon M. Gordon, « on a déjà conclu que des tests similaires étaient discriminatoires. En 1999, la Cour suprême du Canada a déterminé que le test sexiste administré aux pompiers forestiers provinciaux de la Colombie-Britannique nétait pas raisonnablement nécessaire pour déterminer sils pouvaient ou non faire leur travail de manière sécuritaire et efficace. La Cour a poursuivi en disant que les normes doivent refléter les différences qui existent parmi les individus et les groupes au sein de la société et quelles doivent être ajustées à ces différences ».
Bien que le syndicat ait déposé une plainte relative aux droits de la personne, il a demandé à la Commission des droits de la personne de référer la question à la Commission des relations de travail dans la fonction publique, qui aurait alors lautorité de traiter les griefs qui ont été déposés au sujet de la même question. Cette voie détournée est nécessaire parce que la fonction publique fédérale est le seul secteur de travail syndiqué qui ne possède pas de recours direct dans le cadre dune procédure de règlement des griefs sur des questions relatives aux droits de la personne.
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Renseignements : John Gordon, vice-président exécutif national de lAFPC (613) 560-4310
13-050302