Parlons syndicat - pour la periode du 15 au 26 octobre 2001
La décision du gouvernement fédéral de mettre en place le cybergouvernement (« Gouvernement en direct ») d'ici à 2004 va accélérer la tendance à la multiplication des emplois dans les centres de renseignements, d'où notre souci de voir à ce que les travailleuses et travailleurs soient maîtres de la technologie, non l'inverse. C'est en ces termes que Nycole Turmel, présidente nationale de l'AFPC, s'est exprimée le 25 septembre lors de la Conférence sur les centres de renseignements, organisée par le gouvernement, à Ottawa.
Grâce au « Gouvernement en direct », les citoyens, les citoyennes et les entreprises du Canada devraient pouvoir trouver plus facilement ce dont ils ont besoin par des points d'accès thématiques uniques sur l'Internet », de poursuivre Turmel. « Cependant, les membres du syndicat sont partagés au sujet de cette tendance. Ils veulent être associés aux projets d'amélioration des services publics, mais certains centres de renseignements sont malheureusement caractérisés par des conditions de travail insatisfaisantes. On les a surnommés les « usines du 21e siècle. »
« L'ère de l'information portait la promesse d'une plus grande souplesse dans l'aménagement des espaces et du temps de travail. Au contraire, les techniques de distribution d'appels automatisée peuvent transformer le bureau en une chaîne de montage moderne. Les conditions de travail sont mauvaises, le personnel est faiblement rémunéré, la santé et la sécurité sont laissées de côté et les travailleuses et travailleurs ne sont pas convenablement représentés. »
L'AFPC signale que les symptômes de stress sont courants dans les centres de renseignements, où les travailleuses et travailleurs sont isolés. « Les travailleuses et les travailleurs sont laissés à eux-mêmes et n'ont donc pas la chance de mettre en commun leurs connaissances, non plus que de partager les réactions émotives que suscitent leur travail. La surveillance électronique, au moyen du distributeur d'appels automatisé (DAA), et le harcèlement constituent d'importants facteurs de stress dans les centres de renseignements.
Selon l'AFPC, il y a lieu d'évaluer la qualité du travail plutôt que la quantité des appels ou des courriels auxquels on a répondu. Les objectifs, les quotas et le travail que génère le DAA ne font qu'accroître le stress. Le DAA peut emprisonner les travailleuses et les travailleurs dans des milieux qui sont déjà stressants.
Développement des ressources humaines Canada est un acteur de premier plan dans la création d'emplois dans les centres de renseignements. Les membres de l'AFPC qui travaillent dans ces centres répondent annuellement à 4 millions d'appels. Dans un rapport intitulé « Rapport d'étape sur les télécentres », que DRHC a publié l'an dernier, on s'entendait clairement pour dire que les niveaux de stress y étaient élevés. Le document révélait en outre qu'il fallait compter au nombre des principales sources de stress relevées le fait que beaucoup d'employé-e-s des infocentres téléphoniques étaient de durée déterminée. Ces derniers ont, à cet égard, mentionné qu'ils ressentaient de la frustration, de l'incertitude, de l'insécurité financière et le sentiment d'être des travailleuses et travailleurs de seconde zone. Les auteurs du rapport ont aussi mentionné que le statut d'employé-e à temps partiel augmentait les niveaux de stress.
Certes, DRHC a réagi, dans son document « Vision et plan d'action », aux points soulevés dans le rapport, mais il s'agit d'une « vision » à courte vue. Les questions que se posent les travailleuses et les travailleurs en ce qui a trait à leur vie professionnelle ne semble pas faire partie des critères de DRHC.
Dans son mot de la fin, Nycole Turmel a rappelé au gouvernement que ses travailleuses et travailleurs constituent son plus précieux atout. « Des règles doivent être mises en place pour régir la durée du travail et la rémunération du travail par postes, qui permet moins facilement de concilier travail et famille que la journée de travail habituelle. Les horaires variables peuvent être avantageux aussi bien pour l'employeur que pour les travailleuses et travailleurs, mais ces derniers doivent avoir voix au chapitre en ce qui a trait à l'aménagement de ces horaires. Les centres de renseignements doivent se conformer à des normes ergonomiques et à d'autres lignes directrices en matière de santé et de sécurité. Tous les distributeurs d'appels automatisés doivent être respectueux de l'autonomie des travailleuses et des travailleurs en tant que personne. Cette technique doit être un outil, non un tyran. Elle doit aider les travailleuses et les travailleurs à dispenser des services à la population, non pas malmener le personnel ni précipiter le travail. »
« Nous sommes ouverts à l'évolution technologique, parce que nous savons que c'est la meilleure attitude à adopter pour nous assurer que cette évolution profite à tout le monde. Nous sommes convaincus que nos interventions permettront aux centres de renseignements de l'administration fédérale de devenir des modèles des règles de l'art. Ainsi, des travailleuses et des travailleurs bien adaptés pourront mettre à profit leurs habiletés et leurs connaissances pour aider toute la population canadienne. »
Les calendriers de l'AFPC pour les années 2002 et 2003 ont été imprimés et distribués aux bureaux régionaux et aux Éléments de l'AFPC. Pour obtenir le vôtre, appelez le bureau régional de votre région ou votre Élément.
L'AFPC a arrêté une cause type en ce qui concerne l'imposition des paiements d'intérêt se rapportant à l'équité salariale, en vue d'interjeter appel devant la Cour canadienne de l'impôt.
Des milliers de membres de l'AFPC ont déposé des avis d'opposition concernant leur déclaration de revenus 2000 en ce qui a trait à l'imposition des paiements d'intérêt reçus dans le cadre de l'entente au sujet de l'équité salariale. Selon l'avis juridique qu'a obtenu l'AFPC, il y a lieu de croire que ces paiements n'auraient pas dû être imposables.
L'Agence des douanes et du revenu du Canada (ADRC) a fait parvenir une lettre aux membres ayant déposé un avis d'opposition, pour leur demander de bien vouloir accepter que leur opposition reste en suspens jusqu'à ce qu'un jugement soit rendu dans la cause type. L'AFPC encourage tous les membres qui ont présenté une opposition à signer cette lettre et à la retourner à l'ADRC.
Le conseiller juridique de l'AFPC s'emploie actuellement à régler les derniers détails de la cause type. Au fil du déroulement de cette cause, plus de renseignements à ce sujet seront publiés dans Parlons syndicat et affichés sur le site Web de l'AFPC.
Les
ouvreuses, ouvreurs et guides du Centre national des arts se prononcent en faveur de
la grève Le 19 octobre, la majorité des membres de l'AFPC travaillant comme ouvreurs, ouvreuses et guides au Centre national des arts (CNA), à Ottawa, se sont prononcés en faveur de la grève, advenant l'échec des efforts pour conclure une nouvelle convention collective.
« Nous voulons que la direction du CNA reconnaisse les sacrifices que nous avons consentis par le passé et nous offre une augmentation salariale convenable », a précisé Anne-Marie Boivin, membre de l'équipe de négociation de l'AFPC. « Il y a trois ans, lorsque le CNA accusait un déficit, nous avons compris la situation de la direction et nous avons accepté une convention d'une durée de trois ans, qui prévoyait des augmentations minimales. Toutefois, maintenant que le Centre national des arts enregistre de nouveau des profits, nous demandons que nos salaires soient rajustés pour tenir compte de la hausse du coût de la vie et des sacrifices que nous avons accepté de faire par le passé », a ajouté Boivin.
Durant les séances de conciliation qui ont eu lieu le 2 octobre, le CNA a proposé des augmentations qui seraient acceptables pour les nouveaux employé-e-s, mais il a refusé de modifier sensiblement les échelles salariales des ouvreurs, ouvreuses et guides qui sont au service du Centre depuis plus de 18 mois.
« On ne parle pas ici de sommes astronomiques, a ajouté Anne-Marie Boivin. Le CNA dépense annuellement 50 millions de dollars, dont plus de 15,6 $ millions en salaires. Si la direction nous accordait ce qu'on demande, cela ne représenterait que quelque sous pour chaque mille dollars qu'elle paie en salaires. Le CNA vient tout juste d'accorder des augmentations importantes aux musiciens de son orchestre. Nous voulons aussi être payés de façon équitable, » a conclu Boivin.
Les ouvreurs, ouvreuses et guides pourront légalement déclarer la grève le 26 octobre.
Le Congrès du travail du Canada (CTC) vient de lancer une campagne qui s'étendra sur une période de 10 ans en vue d'améliorer le niveau de vie des travailleuses et travailleurs canadiens. Sous le thème « Mon travail en vaut-il la peine? », la campagne, lancée le jour même de la fête du Travail 2001, a pour but de renverser la tendance à la baisse du niveau de vie dont ont été victimes les travailleuses et travailleurs canadiens et les membres de leurs familles au cours de la dernière décennie.
Les objectifs de la campagne sont les suivants :
* faire de l'amélioration du niveau de vie des travailleuses et travailleurs l'élément central du débat sur la gestion des affaires publiques au Canada;
* établir, à l'échelon municipal, provincial, territorial et fédéral, un programme législatif de nature à favori-ser l'atteinte de cet objectif;
* encourager les syndicats affiliés à fixer, en matière de négociation, des buts cadrant bien avec les objectifs de la campagne;
* mettre en évidence « l'avantage d'appartenir à un syndicat » et oeuvrer à syndiquer les travailleuses et travailleurs non syndiqués.
Chaque année, à la fête du Travail, le CTC rendra publique une nouvelle série d'indicateurs du mieux-être social et attirera l'attention du public sur les progrès réalisés par rapport à l'année précédente. Durant la première année de la campagne, les indicateurs porteront essentiellement sur le revenu des particuliers et des ménages, les seuils de pauvreté, l'accès à l'emploi, l'accès aux soins de santé, la satisfaction professionnelle, le statut syndical et le statut des groupes militant en faveur de l'égalité.
Pour obtenir plus de renseignements concernant la campagne, consultez le site Web du CTC.
Pour les membres de l'AFPC travaillant à Sault Ste. Marie ainsi que pour la population de cette ville de l'Ontario, il suffit de se rendre assister à un match de hockey pour constater que les « roues dentées » figurant sur le logo de l'AFPC sont plus qu'un symbole. En 1993, une équipe de hockey mineur de l'AFPC a vu le jour grâce aux fonds recueillis par des sections locales de la région en vue de la « grève de 1991. » En effet, des sections locales de l'Élément de l'Environnement, de Customs Excise Union Douanes Accises (CEUDA), de l'Union canadienne des employé-e-s des Transports (UCET) et du Syndicat de l'Emploi et de l'Immigration du Canada (SEIC) ont, en 1991, versé des sommes dans un fonds général pour venir en aide à des membres de petites sections locales de Sault Ste. Marie à la suite de la grève.
Toutefois, lorsque la grève a pris fin et qu'il est apparu clairement que personne ne s'était prévalu de ce fonds, les sections locales se devaient de décider quoi faire avec cet argent. À une assemblée générale des membres de la section locale 00046 de l'Élément de l'Environnement, il a été proposé de l'utiliser pour financer une équipe de hockey mineur récréatif de Sault Ste. Marie. Cette proposition a par la suite rallié toutes les sections locales de l'AFPC de la région.
Même si le fonds d'allégement des difficultés dues à la grève était épuisé en 1996, les membres de la section locale 00046 de l'Élément de l'Environnement ont accepté, à leur assemblée générale annuelle, de continuer à financer l'équipe de hockey. Ainsi, grâce aux membres de l'AFPC de la région de Sault Ste. Marie et à la section locale 00046 de l'Élément de l'Environnement, le syndicat demeure toujours bien en vue dans la collectivité, dix ans après la grève de 1991.
L'AFPC félicite le confrère Ranjit Perera pour l'aboutissement heureux des nombreuses années de lutte qu'il a menées pour éliminer les obstacles discriminatoires auxquels il s'est heurté durant sa carrière au sein de la fonction publique fédérale.
Un fardeau comme celui que le confrère Ranjit a porté pendant tant d'années, personne n'aurait dû avoir à le porter.
Certes, sa cause confirme la nécessité d'instaurer l'équité dans la fonction publique fédérale, mais l'entente conclue témoigne aussi de la volonté de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) de prendre les bonnes décisions, de réparer le tort fait au confrère Ranjit et de lui exprimer la reconnaissance qui lui est due.
Dans la lutte qu'il a menée contre le racisme, le confrère Ranjit est demeuré inébranlable dans sa mission et sa vision. Nous lui souhaitons bonne chance. Nous savons que lui-même et les membres de sa famille méritent cette entente qui se faisait attendre depuis longtemps, ainsi que les perspectives positives qu'elle ouvrira.