Conférences
Les militantes et militants de l'AFPC défendent les droits des GLBT
Les participantes et participants à la Conférence Fierté s'engagent à défendre la démocratie et les droits de la personne contre les attaques du gouvernement Harper
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Plus de 40 ans après la décriminalisation de l'homosexualité au Canada, il reste beaucoup de travail à faire et il faut se battre plus que jamais pour faire respecter les droits des GLBT.
C'est avec ce message que les participantes et participants à la Conférence nationale Fierté de l'AFPC sont rentrés chez eux le mois dernier, après avoir discuté d'enjeux importants, participé à des ateliers et adopté des résolutions qui aideront le syndicat à défendre les droits des travailleuses et travailleurs gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres.
Du 26 au 28 mars, plus de 120 membres du syndicat ont eu la chance d'entendre les exposés de militantes et de militants de la communauté queer du Canada, du Québec et d'ailleurs dans le monde. La conférence abordait principalement la question suivante : les Canadiennes et Canadiens GLBT ont-ils atteint l'égalité et, sinon, que doivent-ils faire pour changer les choses? La conférence était coprésidée par Kay Sinclair et Maria Fitzpatrick, respectivement vice-présidente exécutive régionale de la Colombie-Britannique et de la région de la capitale nationale.
Gary Kinsman a déclaré catégoriquement que la lutte pour l'égalité est loin d'être terminée. Il a soutenu que la communauté GLBT devait retourner à ses racines en tant que mouvement réclamant la libération, non l'assimilation.
M. Kinsman a exposé des photos des premières manifestations pour les droits des gais, dans les années 1970, à Ottawa. Il a rappelé à la délégation que lorsque le gouvernement Trudeau a décriminalisé l'homosexualité en 1969, la communauté gaie et lesbienne n'a pas perçu ce geste comme une victoire. Cette décision faisait plutôt des relations homosexuelles une affaire privée et permettait au gouvernement canadien d'exclure les gais et les lesbiennes du gouvernement fédéral, de la GRC et des forces armées.
Gary Kinsman, coauteur de The Canadian War on Queers et professeur à l'Université Laurentienne, a rappelé aux participantes et participants que les personnes marginalisées commettent un acte profondément politique en se rappelant leur histoire.
« Nous devons retourner dans les rues et nous organiser au travail. Nous devons nous rappeler notre histoire avec l'intention de poser un geste politique », a-t-il conclu.
La lutte des jeunes queer
Helen Kennedy, directrice générale d'Égale Canada, a parlé des problèmes auxquels doivent faire face les jeunes queer et les enfants des familles GLBT. Les gais et les lesbiennes ont lutté pour atteindre l'égalité juridique, mais les enfants souffrent encore des taux alarmants de harcèlement homophobe et transphobe dans les écoles.
« Soixante pour cent des jeunes sans-abri à Toronto sont actuellement des jeunes queer, a déclaré Mme Kennedy. Leurs histoires sont horribles. »
Il est temps que les trans soient traités équitablement
L'avocate et militante Nicole Nussbaum a souligné les nombreuses difficultés auxquelles les personnes transsexuelles et transgenres doivent faire face au Canada, notamment pour faire modifier les documents officiels et obtenir des soins médicaux particuliers aux trans. Du reste, ils continuent de subir une importante discrimination au travail.
Mme Nussbaum a parlé de l'importance pour les militantes et militants de l'AFPC de faire campagne pour l'intégration de l'identité et de l'expression sexuelles dans les codes provinciaux des droits de la personne et la Loi canadienne sur les droits de la personne. Elle a souligné que l'incertitude et les dispositions juridiques floues rendent les personnes trans vulnérables à la discrimination. Elle a mentionné que plusieurs de ses clients s'étaient vu refuser un logement ou avaient été congédiés pour cette raison.
« Il faut compter beaucoup de temps avant que les poursuites intentées pour congédiement injustifié ne soient entendues, et ce processus change profondément la vie des gens », a soutenu Mme Nussbaum.
Les propos de Mme Nussbaum ont manifestement touché les participantes et participants à la conférence. Peu après son exposé, ils ont adopté une résolution pour demander à l'AFPC de mettre au point des séances de formation et de la documentation sur les droits des personnes trans et d'offrir ces séances aux membres partout au Canada.
L'AFPC a réussi à faire intégrer à plusieurs conventions collectives des dispositions protégeant les droits de la personne au regard de l'identité et de l'expression sexuelles, et elle continuera de presser le Conseil du Trésor d'appliquer ces dispositions à l'ensemble des travailleuses et travailleurs du secteur public fédéral.
Des problèmes potentiels en matière d'immigration
El-Farouk Khaki a mis en garde les participants et participantes à la conférence contre les changements qui seront bientôt apportés au système de l'immigration et des réfugiés du Canada. Les réformes sont proposées par le ministre de l'Immigration Jason Kenney – le même député fédéral dont le bureau a supprimé toute référence au mariage entre personnes de même sexe et aux droits constitutionnels dans la plus récente édition d'un guide pour les nouveaux arrivants au Canada.
Sous le nouveau régime, les demandeurs d'asile de pays jugés « sécuritaires » ne pourront pas faire appel en invoquant des raisons d'ordre humanitaire. M. Khaki a souligné que cela pourrait automatiquement exclure les victimes d'homophobie dans des pays « démocratiques » comme la Jamaïque ou le Mexique. Il craint qu'en vertu des nouvelles règles, il puisse être plus difficile pour les demandeurs d'asile homosexuels de prouver qu'ils fuient l'oppression qu'ils subissent dans leur pays.
« Le ministre de l'Immigration veut faire passer les réfugiés comme des resquilleurs. Lorsque vous fuyez l'oppression, vous êtes dans une situation incertaine », a-t-il déclaré.
M. Khaki a aussi affirmé qu'en raison de l'abolition du Programme de contestation judiciaire par le gouvernement Harper en 2006, les personnes transgenres et d'autres groupes militant pour l'égalité n'ont plus accès au système judiciaire.
L'AFPC continue de revendiquer le rétablissement du financement de ce programme pour que la défense des droits constitutionnels à l'égalité ne dépende pas de la capacité d'une personne à payer des frais de justice.
Cap sur le changement
La délégation à la conférence a élaboré un programme d'action pour guider le militantisme du syndicat au cours des prochaines années relativement aux questions liées aux GLBT. Elle a aussi élu Sharleen Patterson et Denis Roy pour représenter les membres GLBT au Comité d'accès à l'égalité.
Avant la fin de la conférence, les participants et participantes ont aidé à lancer un appel en ligne sur psac.com pour demander au gouvernement Harper de rétablir le financement du Programme de contestation judiciaire, d'ajouter l'identité et l'expression sexuelles à la liste de motifs de discrimination illicite dans la Loi canadienne sur les droits de la personne, de réécrire le guide sur la citoyenneté afin d'y inclure des renseignements sur les droits des GLBT et enfin, de nommer à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié des personnes reconnues pour leur engagement à l'égard des droits constitutionnels à l'égalité.
À la conférence, le président de l'AFPC, John Gordon, a donné l'assurance de son soutien envers les droits des GLBT.
« Aujourd'hui, à une époque où la droite est au pouvoir et où l'intolérance est de nouveau à la hausse, l'AFPC est toujours aussi déterminée à militer pour le plein respect des droits de ses membres GLBT dans les milieux de travail et dans la société et à faire connaître ces droits », a-t-il déclaré.
Date de modification : 2010/07/29







