28 avril 2009

Le congrès 2009 démarre… avec un jour de retard

Les dégâts causés par le bris d'une canalisation d'eau sont choses du passé. C'est dans la bonne humeur et avec enthousiasme que les congressistes ont entamé la première journée du 15e congrès national triennal. L'aînée Philippa Ryan a présidé la cérémonie d'ouverture. Dans son message, elle a souligné que le thème retenu cette année, « Traçons la voie pour des services publics de qualité », est tout à fait d'actualité. Elle a ajouté que les richesses de notre grand pays devaient profiter à tous et à toutes. John Gordon, le président national, a ouvert officiellement le congrès.

L'AFPC, une force puissante

Lorsque l'AFPC a tenu son congrès à Toronto il y a trois ans, l'économie était en pleine croissance. Pourtant, le gouvernement minoritaire de Harper venait d'annoncer un examen des dépenses qui ne prévoyait aucun investissement dans les services publics.

« Aujourd'hui, l'économie est en crise, mais certaines choses ne changent pas », a souligné le président national, John Gordon, dans son discours d'ouverture et son rapport au congrès. « Depuis notre dernier congrès, Harper a intensifié ses attaques et a clairement fait savoir qu'il n'a aucune sympathie pour les travailleurs, les femmes, les groupes qui revendiquent l'égalité, les pauvres, les peuples autochtones… bref, pour à peu près tout le monde sauf Stephen Harper. »

Depuis la création de l'AFPC, il y a 43 ans, les gouvernements ont essayé d'éliminer des droits que les membres ont durement acquis, ont gelé leurs salaires et leurs avantages et ont privatisé leurs emplois. Mais grâce à l'engagement, à l'énergie et à la solidarité de ses membres, l'AFPC a traversé ces tempêtes et est devenue un syndicat plus fort, plus diversifié et plus actif sur la scène politique.

Partout dans le monde, des gens perdent leur emploi et leur foyer. Ces personnes sont les innocentes victimes de l'actuelle crise économique attribuable à l'avidité et à l'incompétence qui caractérisent le secteur financier et que les politiques de privatisation et de déréglementation favorisent.

« L'envergure de la crise témoigne de l'échec de ces politiques. À mon avis, nous devons agir dès maintenant. La récession doit nous servir de munition pour défendre les services publics de qualité. Notre syndicat doit se faire le champion des droits de la personne avant les profits, des travailleurs avant les entreprises et des services publics de qualité pour les gens par les gens. »

John Gordon est fier des grandes réalisations du syndicat au cours des trois dernières années. « Nous sommes une force puissante quand nous travaillons ensemble. Nous avons réalisé de grandes choses, même en ces temps difficiles, grâce à nos campagnes d'action politique, à nos négociations collectives, à nos efforts de syndicalisation et à notre travail pour les droits de la personne et l'égalité. »

Il a souligné que l'AFPC a fait du recrutement dans de nouveaux secteurs et a étendu son action de solidarité en divers points du globe. À mesure que le monde change, le syndicat et ses membres changent pour répondre à de nouveaux besoins.

« Nous avons accompli beaucoup, mais nous pouvons faire encore plus. Nous sommes une force puissante, mais nous pouvons être encore plus forts. Nous pouvons faire avancer le syndicat et bâtir un monde meilleur. Nous pouvons faire tout cela si nous travaillons ensemble – les sections locales et les succursales, les Éléments et les régions, les comités et les conseils. Notre force réside dans notre solidarité et dans notre engagement. »

L'AFPC entame une contestation judiciaire

Le président Gordon a annoncé que l'AFPC avait déposé une requête à la Cour supérieure de justice de l'Ontario dans le but de contester la constitutionnalité de la Loi sur le contrôle des dépenses et de la Loi sur l'équité de la rémunération du secteur public.

« Ces lois sont une attaque flagrante contre les services publics et les personnes qui les fournissent. Elles mettent en pièces des conventions collectives librement négociées et enlèvent aux syndicats le droit de conseiller leurs membres sur des questions liées aux droits de la personne et de les représenter devant les instances compétentes. De plus, ces lois privent les femmes du droit à l'équité salariale. »

« Nous ne laisserons pas le gouvernement Harper supprimer nos droits! », a affirmé John Gordon.

Les droits de la personne : un élément indissociable de sécurité, selon Louise Arbour

Dans l'allocution qu'elle a prononcée hier, l'ancienne haute-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré que nous étions toujours à la recherche d'une vision commune et universelle des droits de la personne.

La défenseure des droits de la personne reconnue mondialement a mis en lumière la perception de la sécurité des êtres humains et des nations qu'un grand nombre de pays occidentaux ont adoptée. Selon Mme Arbour, cette perception découle d'une « quasi-obsession envers un concept étroit de la sécurité humaine et de la sécurité de l'État ». Et cette tendance a pris naissance au lendemain du 11 septembre 2001, date qui, à bien des égards, marque le début du XXIe siècle.

« Par contre, pour les millions d'hommes, de femmes et d'enfants qui vivent dans la pauvreté extrême, […] le terrorisme international, la criminalité des narcotrafiquants organisés et les conflits armés ne sont pas inévitablement les sources premières de leur insécurité », a-t-elle ajouté.

Ces deux perceptions très différentes de la sécurité ont mis en opposition la « libération de la terreur » et la « libération de la misère », deux principes énoncés par le président Roosevelt et qui devaient être les fondements indivisibles de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

« Cette fracture du concept de l'indivisibilité des droits, survenue peu après l'adoption de la Déclaration universelle, est maintenant si politisée qu'il est de plus en plus difficile de faire avancer les droits de la personne », a déploré Mme Arbour.

Elle estime que le Canada peut renforcer ses initiatives en matière de droits de la personne à l'échelle internationale en adhérant sans réserve aux principes de justice sociale énoncés dans des lois et des conventions internationales. Mme Arbour a déclaré que le gouvernement canadien devait respecter les droits des Autochtones, ratifier la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et élargir la portée de la législation canadienne de manière à protéger les citoyennes et citoyens canadiens détenus à l'étranger, dont Omar Khadr.

En conclusion, Mme Arbour a affirmé « qu'il n'y a probablement pas d'enjeu politique aussi grand à l'heure actuelle que celui qui consiste à renforcer radicalement la protection de tous les droits de la personne. »

Rapport du comité des lettres de créance
Délégué-e-s : 469
Observateurs et observatrices : 247
Invité-e-s : 23
Total : 739

Débats au congrès

Budget de l'AFPC : Suite à une recommandation unanime du Comité des finances, le Congrès a adopté un budget triennal équilibré pour la période 2010-2012. Le budget ne prévoit pas d'augmentation des cotisations syndicales. Toutefois, pendant le congrès, on étudiera une variété de résolutions, dont certaines pourraient entraîner des dépenses qui ne sont pas prévues au budget .

Résolutions sur les Statuts

La résolution CS-86 a été adoptée. Le paragraphe b) de l'article 5 des Statuts (Droits des membres) est modifié pour inclure la situation familiale, la classe sociale et économique et l'identité sexuelle dans la définition de discrimination.

La résolution CS-97 a été adoptée. Les sections locales à charte directe auront désormais une certaine souplesse en matière de présentation de rapports financiers à la présidence nationale tout en conservant la responsabilité pour la vérification de leurs rapports.

La résolution CS-98 a été adoptée. Les conseils de région seront désormais tenus de présenter un état financier annuel à la présidence nationale.

Défilé du Jour national de deuil

Grant De Patie, Sarbjit Sidhu : deux travailleurs parmi des milliers qui sont morts au travail au cours des cinq dernières années.

Leurs proches ont participé au rassemblement qui a réuni des centaines de personnes tôt hier matin devant la galerie d'art de Vancouver, juste avant l'ouverture officielle du congrès de l'AFPC.

Des centaines de congressistes ont porté 160 cercueils noirs symbolisant le nombre de personnes décédées des suites d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle en Colombie-Britannique en 2008.

« On signale, en moyenne, 65 décès par année dans les secteurs qui sont régis par le fédéral, dont 10 dans la fonction publique », a déclaré Kay Sinclair, vice-présidente exécutive régionale de l'AFPC pour la Colombie-Britannique. « Il faut continuer à lutter pour que la santé et la sécurité au travail deviennent un enjeu politique, tant sur la scène provinciale que fédérale.»

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