Enjeux et campagnes
Compressions à Service Canada
Un choix aussi absurde n’est pas un choix pour les Canadiens
Le gouvernement affirme que les Canadiens ont un choix à faire : éliminer le déficit ou avoir de bons services publics. Selon nous, c’est un choix absurde.
De prime abord, éliminer le déficit peut sembler une bonne idée, à condition de ne pas le faire au détriment des services publics dont la population a besoin.
Le point sur les compressions à Service Canada
- En janvier 2011, le gouvernement a annoncé la fermeture de cinq bureaux de Service Canada au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, et de 13 bureaux à Terre-Neuve-et-Labrador.
- Dans son budget de 2011, le gouvernement annonçait qu’il amputerait le budget de dépenses de Service Canada de 276 millions de dollars d’ici mars 2013 afin d’aider à éliminer le déficit.
- Le 19 août 2011, la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, annonçait que le nombre de centres traitant les demandes d’assurance-emploi passerait de 120 à 19 .
- Le gouvernement affirme qu’il y a d’autres compressions à venir – des réductions allant jusqu’à 10 % des dépenses totales – dans le budget de 2012.
L’impact réel des compressions
Nous faisons tous appel, à un moment ou l’autre, à Service Canada, que ce soit pour le renouvellement d’un passeport ou une demande de prestations de maternité, de retraite ou d’assurance-emploi. Si l’on en croit Service Canada, il suffit d’un clic, d’un appel ou d’une visite pour avoir accès facilement aux services.
Mais, pour de nombreux Canadiens, la réalité est tout autre, particulièrement pour les plus vulnérables de la société, c’est-à-dire les chômeurs et les aînés qui peinent à joindre les deux bouts.
- La réduction du nombre de centres de traitement et d’agents de service se poursuit, malgré la hausse du taux de chômage, qui s’établissait à 7,3 % en octobre.
- Le gouvernement prétend que l’on peut améliorer le service grâce à l’automatisation et à la modernisation. Beaucoup estiment toutefois que le service s’est détérioré.
- À preuve, les données du gouvernement indiquent qu’au cours des cinq dernières années, le pourcentage de la population ayant réussi à joindre un agent de service pour discuter de ses prestations d’AE est passé de 58 % à 32 %.
- Beaucoup de gens affirment qu’après avoir enfin parlé à un agent, ils se font dire qu’une autre personne les rappellera pour leur fournir l’information dont ils ont besoin. Le délai pour les retours d’appel est passé de deux à cinq jours en raison de la surcharge de travail et, encore, ce délai est difficile à respecter.
- Les employés de Service Canada déclarent être rarement en mesure de respecter le délai de 28 jours prévu pour informer les prestataires de l’état de leur demande.
- Ils ajoutent qu'ils sont maintenant plus souvent appelés à traiter de cas « désespérés », soit des gens qui attendent impatiemment leur chèque de chômage pour régler des besoins de base, comme payer le loyer et la nourriture.
- Le personnel des centres d'appel de Service Canada a été chargé de ne pas divulguer le numéro sans frais du bureau traitant des plaintes à moins que les clients ne le demandent spécifiquement. « Comment peut-on demander quelque chose si on ne sait même pas que ça existe? », dénonce Steve McCuaig, président national du Syndicat de l'emploi et de l'immigration du Canada (SEIC). (En fait, ici vous trouverez les numéros sans frais du Bureau de la satisfaction du personnel, si jamais vous en avez besoin).
- Ce sont les localités des régions rurales, où le taux de chômage est souvent élevé, qui sont les plus durement touchées par la soi-disant modernisation des services. « À St. Alban's, Terre-Neuve, Service Canada emploie une personne 20 jours par mois pour répondre aux demandes. Or, comment le ministère prétend-il améliorer le service en remplaçant cet employé par des professionnels qui ne viendront que deux jours par mois pour desservir la population? C'est tout simplement aberrant », indiquait le maire de St.Alban's, Rodney Kendall, à un journal local .
- « Sur le site Web de Service Canada, on s'empresse à nous inviter à communiquer avec un centre d'AE en " cliquant, en appelant ou en visitant un centre ", mais bientôt il ne sera plus possible de se rendre dans un centre, a souligné la vice-présidente exécutive régionale de l'AFPC-Atlantique. Dans la région de Terre‑Neuve‑et-Labrador, les services se limiteront à un bureau central à St. John's et à un centre de services à Gander avec un personnel réduit. St. Anthony est à environ 700 kilomètres de Gander et combien de kilomètres de plus pour Nain ou Labrador City? Ce n'est peut-être pas très moderne de se rendre à un centre de service pour rencontrer un agent qui nous aidera à remplir notre demande d'AE, mais ça demeure un service.»
- Beaucoup d'anciens agents d'AE sont maintenant forcés de réclamer des prestations d'AE. Les milliers d'employés temporaires qui avaient été embauchés pour répondre à la demande croissante au début de la récession de 2008 ont été mis pied. « Le problème est que même avec l'automatisation et la modernisation des services, nous n'arrivons pas à répondre aux demandes et il y a moins d'agents qu'avant le début de la récession, soutient le président McCuaig du SEIC. Ce qui est inquiétant, c'est que le taux de chômage ne cesse de grimper et que d'autres réductions sont à venir. »
- La soi-disant « modernisation » n'est pas la panacée non plus pour les personnes âgées. Au cours de la dernière semaine de septembre, on a pu répondre qu'à la moitié des appels au sujet du Régime de pension du Canada et de la Sécurité de la vieillesse.
- Ces compressions veulent dire que les gens devront consulter le site Web pour obtenir de l'information, laissant ainsi pour compte ceux qui n'ont pas d'accès Internet ou d'ordinateur, ou qui ne savent même pas comment se servir d'un ordinateur. N'oublions pas de plus que, dans les régions rurales, l'accès Internet est parfois limité.
Un meilleur choix!
D'autres réductions sont à venir. Donc : plus de compressions de services dont les Canadiens ont besoin et plus de mises à pied. Ces pertes d'emploi feront du tort aux familles, aux entreprises et à l'économie locales.
Si vous voulez un meilleur choix, communiquez avec nous.
Pour en savoir plus
Vous voulez en savoir plus? Vous n'avez qu'à interroger Google en tapant « compressions à Service Canada » et vous trouverez plein d'articles publiés d'un bout à l'autre du Canada sur l'impact de ces réductions. D'ailleurs, voici quelques liens (en anglais et en français) à consulter :
« Overworked EI call centre staff at odds with boss’ claims », Gloria Galloway, Globe and Mail, le 16 novembre 2011.
« Government job cuts mean jobless waiting weeks for EI cheques », Gloria Galloway, Globe and Mail, le 9 novembre 2011.
« Service Canada employees told to keep mum on complaints office », Gloria Galloway, Globe and Mail, le 9 novembre 2011.
« NDP unveil ‘shocking’ stats that reveal EI service delays», Tobi Cohen, Post Media News, le 26 octobre 2011.
« Saving of EI centres in Tory ridings draws fire», Michael Tutton, Globe and Mail, le 26 octobre 2011.
« Assurance emploi : la FTQ part en guerre », Carl Thériault, Le Soleil, le 23 septembre 2011.
« Emplois fédéraux – La FTQ entend freiner Ottawa », Vive le Québec, le 21 septembre 2011.
« Service Canada job cuts assailed », Dave Battagello, Windsor Star, le 10 septembre 2011.
« New Richmond : une quarantaine d’emplois à sauver », Gille Gagné, Le Soleil, le 3 septembre 2011.
« Bas-St-Laurent : coupes chez Hydro-Québec et Services Canada »,
Carl Thériault, Le Soleil, le 29 août 2011.
« A different view on the same EI changes », article d'opinion de Jeannie Baldwin, vice-présidente exécutive régionale de l'AFPC-Atlantique, The Telegram, le 19 août 2011.
« Services Canada : l’Atlantique unilingue », Guillaume Bourgault-Côté, Le Devoir, le 11 mars 2011.
« Bureaux locaux de Service Canada, La sénatrice Chaput s’inquiète de fermetures possibles », Paul Gaboury, Le Droit, 4 février 2011
« Service Canada : Mauril Bélanger veut des explications », site du Parti libéral du Canada, 14 mars 2011.
Modernisation de la prestation de l’assurance-emploi aux Canadiens, Gouvernement du Canada, communiqué du 19 août 2011.
“Service Canada community offices being closed: Ottawa slaps rural Newfoundland in face again,” Clayton Hunt, The Coaster, le 15 février 2011.
Date de modification : 2011/12/02








