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Document de discussion de l’AFPC : Négociation collective
INTRODUCTION
Les circonstances récentes démontrent l’importance d’effectuer
un examen de conscience occasionnel sur la façon dont l’AFPC mène ses
négociations collectives. L’examen en cours du Règlement 15, le recours
incessant du gouvernement aux interventions législatives, l’examen par le
gouvernement de la législation du travail dans la fonction publique par l’entremise
de la Commission Fryer et du Comité Quayle ainsi que la dernière ronde de
négociations avec le Conseil du Trésor constituent des événements qui ont
rendu nécessaires un examen approfondi et une discussion de nos processus. Le
présent document vise à stimuler cette discussion, non pas à fournir des
réponses, quoique certaines solutions aux problèmes perçus puissent être
proposées.
CONTEXTE
Le Règlement 15, cadre de travail du processus de
négociation collective de l’AFPC, établit une méthode unifiée à l’égard
de la négociation dont l’application ne diffère que légèrement d’une
unité de négociation à l’autre. À mesure qu’augmente la diversité au
sein du syndicat, la méthode de négociation « unique » est mise à
l’épreuve au point où les demandes présentées au Conseil national d’administration
afin de suspendre ou de modifier l’application des dispositions du Règlement 15
à certaines rondes particulières constituent maintenant la norme.
Les expériences de négociation récentes laissent entendre
que les membres sont de plus en plus insatisfaits du processus de négociation.
La dernière ronde de négociation du Conseil du Trésor constitue un exemple de
cette insatisfaction. Les membres de l’équipe ont exprimé leur frustration
de se sentir exclus du processus tandis que bon nombre de membres ont éprouvé
un sentiment de désolidarisation totale par rapport aux équipes de
négociation. Au sein des équipes, les intérêts des groupes professionnels
ont mis en péril la solidarité de l’unité de négociation et ont fait le
jeu des tactiques de l’employeur. Des expériences semblables ont été
relevées dans la dernière ronde de négociation dans bon nombre d’aéroports
des Prairies, dans certaines des nouvelles agences et dans quelques-unes de nos
plus petites unités de négociation récemment organisées.
Il faut replacer ces grondements de mécontentement dans le
contexte plus vaste des réalités économiques et législatives. Les membres du
syndicat et les équipes de négociation ont de véritables motifs de se sentir
dissociés du processus et frustrés par les résultats de la négociation. Les
années 90 ont été particulièrement difficiles pour les syndicats du secteur
public, y compris l’AFPC. La suspension législative et l’ingérence dans le
processus de négociation ont caractérisé la décennie, et bon nombre se sont
demandés si le concept de la libre négociation collective n’était pas
disparu. Il importe de signaler que, pendant les 34 années au cours
desquelles l’AFPC a été accréditée en vertu de la Loi sur les relations
de travail dans la fonction publique, l’accès à la totalité des
dispositions de la Loi sur les négociations collectives a été
restreint par l’ingérence législative pendant 14 ans.* En outre, le
gouvernement fédéral n’a pas hésité à mettre fin aux grèves par voie
législative ou de récrire les dispositions négociées pour les adapter à ses
besoins.** Rien ne permet de penser que cette tendance ne se maintiendra pas
puisqu’elle fonctionne pour l’employeur et qu’elle ne suscite que peu ou
pas de protestations de la part du public.
Et comme si l’ingérence législative dans le processus de
négociation ne suffisait pas, les réductions massives d’effectif et la
création de nouvelles unités de négociation par le biais des initiatives de
diversification des modes de prestation de service du gouvernement ont
lourdement grevé nos ressources qui n’ont pas encore été rétablies. La
dévolution des membres de Transports Canada à des administrations
aéroportuaires indépendantes ne constitue qu’un exemple des répercussions
de telles initiatives : 34 nouvelles unités de négociation
constituées à partir des membres de l’une ou l’autre des unités de
négociation du Conseil du Trésor ont été créées et ont dû, dans bon
nombre de cas, être réorganisées, réaccréditées et négocier leur
première convention collective, et ce, dans une période de quatre ans. De
même, la création de trois nouvelles agences gouvernementales a également
nécessité la réaccréditation à la suite des modifications des unités de
négociation et la consolidation des conventions collectives. Tout cela est
survenu à une époque où l’effectif global du syndicat a été décimé à
la suite des réaménagements des effectifs, ce qui a laissé au syndicat moins
de ressources pour traiter un plus grand nombre de demandes.
Au sein de la fonction publique fédérale qui comprend
encore la majorité des membres de l’AFPC, tout ce bouleversement a contribué
à saper gravement le moral, problème que le gouvernement a décidé de
résoudre au moyen d’une autre initiative de renouveau, axée cette fois-ci
sur la réforme législative. Tout d’abord, la Commission Fryer a reçu le
mandat d’examiner les relations de travail dans la fonction publique
fédérale et de proposer des modifications puis, le Groupe de travail Quayle a
été constitué pour poursuivre le travail de la Commission Fryer et mettre en
œuvre la réforme.
Même si certaines des recommandations de la Commission Fryer
sont bienvenues, notamment l’établissement d’une seule commission des
recours, la plupart des recommandations concernant la négociation collective ne
modifient pas sensiblement la pratique actuelle. Plus particulièrement, la
création d’une commission de règlement des différends d’intérêt public
pour résoudre les différends de négociation n’apporte guère de changement
au processus de conciliation actuel. La seule différence importante est
peut-être que ce tribunal, comme l’entrevoit Fryer, pourrait rendre en
matière de négociation des décisions non exécutoires qui prennent en compte
non seulement les positions des parties mais également l’intérêt public.
Selon la conception de Fryer de ce processus, la décision de la Commission
rendra ou devrait rendre moins attrayants le recours à la grève pour les
syndicats et, pour le gouvernement, l’imposition d’une loi à l’encontre
de la décision de la Commission. La méthode envisagée pour parvenir à cette
fin semble être la diffusion publique de la décision d’un tribunal perçu
comme étant indépendant et voué à la protection des intérêts du public. Il
semblerait que la pression publique constitue la meilleure arme trouvée par
Fryer pour résoudre ou prévenir des différends sur le plan de la négociation
collective.
En réalité, la mise en œuvre de ces propositions n’est
pas pour demain. Néanmoins, même si elles l’étaient, il importe de signaler
que rien dans les nouvelles réformes ou nouvelles lois n’entrave le droit du
gouvernement de recourir à la législation dans le cadre des négociations
collectives. L’expérience montre que le recours du gouvernement à la
législation, loin d’être exceptionnel, constitue la règle. Cela étant dit,
le syndicat devra être plus stratégique, plus concentré et plus créatif dans
ses démarches à l’égard de la négociation collective. Selon un
spécialiste qui a commenté*** l’offensive sur les syndicats au cours des
années 90, seuls les syndicats unis dans une vaste coalition avec les entités
non syndicales et non gouvernementales peuvent réussir à contrecarrer le
programme du gouvernement. À son avis, il est crucial que les syndicats
cherchent à obtenir la reconnaissance du droit à la négociation collective à
titre de droit de la personne par l’intermédiaire d’organismes
internationaux, plus particulièrement à la lumière de la sensibilisation
accrue aux droits de la personne dans le contexte de la mondialisation du
commerce.
Si l’établissement de vastes coalitions pour soutenir la
convention collective et le droit de négocier collectivement constitue l’outil
le plus efficace contre l’ingérence gouvernementale, notre processus actuel
de négociation facilite-t-il cette action? De plus, comment une telle action
pourrait-elle soutenir les objectifs individuels des unités de négociation
dans toute série de négociations particulières?
ANALYSE
Sous sa forme actuelle, le Règlement 15 établit un
processus applicable aux négociations de toute unité de négociation donnée.
Il détermine la méthode de réception des revendications contractuelles, de
choix des membres de l’équipe de négociation et de la tenue des votes de
grève et de ratification, ainsi que les détails entourant toutes ces
questions. Plus particulièrement, il précise que, environ six mois avant
l’expiration de toute convention collective donnée, le comité de
négociation collective du CNA crée, pour cette unité de négociation, un
programme de revendications qu’il joint à l’invitation à soumettre des
revendications transmise aux membres par l’intermédiaire des Éléments.
Après réception des revendications des membres, des conférences sur la
négociation sont tenues pour examiner, adopter et prioriser les revendications
et élire les membres des équipes de négociation. Dans le cas des vastes
unités nationales, lorsque des conférences régionales et nationales sur la
négociation sont tenues, les négociations actuelles ne peuvent normalement
débuter que quelques mois après l’expiration de la convention collective.
Selon la structure actuelle du Règlement 15, la
détermination des questions de négociation autour desquelles s’effectuera la
mobilisation ne peut avoir lieu que lorsque les équipes de négociation ont
examiné, adopté et priorisé les revendications contractuelles. Au moment où
cela se produit, la convention collective est déjà expirée, et la
négociation doit commencer. Par conséquent, la détermination des questions de
négociation autour desquelles s’effectuera la mobilisation n’a
généralement pas lieu avant que la négociation ait débuté et que le
processus soit devenu autonome. En outre, le Règlement est silencieux sur l’élaboration
d’une stratégie de négociation de sorte que l’élaboration d’une
stratégie résulte plus souvent du travail de l’équipe que de celui de l’organisation.
Pendant la dernière ronde du Conseil du Trésor, un comité
stratégique a été formé dans le cadre de la Conférence nationale sur la
négociation et constitué de membres élus des équipes de négociation, de
représentant-e-s du Comité national d’administration et de dirigeant-e-s du
CEA ainsi que de membres du personnel. Ce comité, en fin de compte, est devenu
le Comité de coordination nationale de grève mais, selon sa première
conception, il était un véhicule qui veillait à ce que les équipes soient
informées des progrès et des problèmes à chaque table, que soient abordées
les préoccupations d’ordre organisationnel et qu’une stratégie pour le
maintien d’un front commun soit appliquée. Bien qu’elle n’ait pas atteint
tous ses objectifs, cette ronde de négociation était plus coordonnée que les
précédentes et a, peut-être par voie de conséquence, réussi à rallier
davantage le soutien du public que par le passé. Si nous avions disposé de
plus de temps pour la planification préalable à la négociation, l’appui
accordé à la négociation aurait vraisemblablement été plus fort.
Pour que l’AFPC puisse établir de vastes coalitions pour
gagner des appuis à l’égard de notre négociation, il est essentiel de
définir la stratégie de la négociation et les revendications contractuelles
beaucoup plus tôt au cours du processus qu’elles ne le sont actuellement. De
plus, même si des questions de groupe particulières présentent une importance
primordiale pour les membres de l’unité de négociation, aucune disposition
actuelle ne permet au syndicat, à titre d’organisation, de soulever des
questions plus vastes à la table à moins qu’elles ne proviennent des membres
de l’unité par l’entremise des revendications contractuelles.
C’est ce qui rend plus difficile la promotion d’initiatives
comme un fonds pour la garde d’enfants, semblable à celui que nous avons dans
notre convention collective de Postes Canada, parce que de telles revendications
tendent à venir des chefs du syndicat plutôt que des membres et qu’elles
constituent rarement des priorités pour les équipes de négociation. Pourtant,
ce sont précisément de tels objectifs généraux, axés sur les travailleurs
et travailleuses, qui permettent d’unir les membres et de former une vaste
coalition d’organisations. Dans le climat politique et économique actuel, où
l’éducation et la santé constituent des préoccupations importantes pour une
grande partie de la population, il est concevable que les revendications
contractuelles associées à de telles questions permettent de rallier bon
nombre de groupes qui ne soutiennent pas traditionnellement notre cause.
Il est clair que nous devrons définir de telles questions
très tôt dans le cycle de négociation et que celles-ci devront bénéficier d’un
soutien ferme, non seulement de la part des unités de négociation
individuelles mais également de la part de l’ensemble des membres si nous
voulons créer une solidarité. La dernière ronde avec le Conseil du Trésor a
révélé l’utilité des questions communes, non seulement entre les tables
mais également entre l’ADRC et, au début du processus, l’ACIA. Bien que
les coalitions puissent être en quelque sorte affaiblies à la suite de
circonstances diverses, il existe de nettes indications que, avec certains
aménagements, celles-ci pourraient devenir une force puissante si elles
étaient unifiées autour d’une cause commune.
Une planification stratégique et la détermination des
revendications contractuelles au début du processus pourraient également aider
à définir les cibles et à veiller à ce que les unités de négociation plus
faibles ne sapent pas le travail des plus fortes par un règlement précoce. Une
stratégie cohérente, planifiée secteur par secteur, pourrait permettre de
dégager non seulement les vastes questions mais également les éléments plus
faibles en veillant à ce que nous conservions le contrôle total du programme
de négociation.
Une planification stratégique à long terme nécessite
beaucoup de travail. Les décisions au sujet des cibles et des revendications
contractuelles devront être bien documentées et, pour cela, les preneurs de
décisions devront disposer de documents de recherche sur la situation actuelle
et à long terme, sur les tendances actuelles et nouvelles en matière de
négociation collective ainsi que sur les finances de l’employeur et les
caractéristiques démographiques de l’unité de négociation. Il faut
repérer les partenaires de coalition possibles, tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur de l’organisation et définir et/ou créer les liens de
communication susceptibles d’être utilisés dans une stratégie de
communication. Elle exigera également un soutien et une participation active de
la part des dirigeant-e-s élus, des militant-e-s et des membres qui
contribueront au maintien d’un front unifié une fois que les décisions
auront été prises.
Il est claire que, pour réaliser un tel objectif, il faudra
résoudre bon nombre des questions fondamentales soulevées depuis quelques
années. Parmi les questions qui causent le plus de dissension, figurent tout d’abord
la constitution des équipes de négociation et la façon dont elles sont
choisies, et ensuite, notre méthode d’élaboration des revendications
contractuelles. Quant à la première, avant même que la question de la
constitution des équipes de négociation puisse être résolue, il faudra
décider du niveau de participation politique que le syndicat souhaite établir
dans le processus. Il y a eu des moments dans le passé où les secrétaires
exécutifs des Éléments siégeaient à titre de membres de l’équipe de
négociation; aujourd’hui, les membres du CEA sont affectés aux équipes,
mais leur rôle se résume à peu près à celui d’observateurs. Par ailleurs,
d’autres estiment que les dirigeant-e-s élus devraient jouer un rôle plus
actif dans la négociation collective, et cette question demeure non résolue,
plus particulièrement à la lumière d’un processus plus politisé.
L’élaboration des revendications contractuelles constitue
une autre question qui a donné lieu à des discussions internes, le débat s’articulant
autour de la question de savoir si l’organisation devrait limiter le nombre de
revendications et si le syndicat, par opposition à l’unité de négociation,
devrait pouvoir présenter des revendications. Des raisons très pragmatiques
laissent entendre que cela devrait être le cas, plus particulièrement à la
lumière de la nécessité de planifier plus tôt et de façon plus stratégique.
Il existe bon nombre de façons d’y parvenir : plutôt
que de tenir des conférences nationales sur la négociation, unité par unité,
immédiatement avant le début des négociations, on pourrait tenir des
conférences de négociation sectorielles ou tenir de façon régulière une
réunion de négociation à l’échelle du syndicat. Une autre méthode
pourrait consister à consacrer une partie de l’ordre du jour du Congrès de l’AFPC
à des discussions sur les questions de négociation. Ces discussions ne
remplaceraient pas les conférences préalables à la négociation pour les
unités particulières au cours desquelles sont établies les revendications
précises de l’unité (quoiqu’elles pourraient remplacer les conférences
régionales sur la négociation), mais serviraient plutôt à dégager les
thèmes et objectifs qui constitueront le fondement des revendications
particulières et la plate-forme d’une mobilisation tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur de l’organisation, ainsi qu’à déterminer les stratégies et
les cibles dès le début du processus.
En plus des discussions stratégiques à l’échelle du
syndicat autour de la négociation collective, il faudrait également tenir,
plus tôt, des discussions stratégiques au sein de l’unité de négociation.
Les équipes de négociation consultées au sujet des modifications au
Règlement 15 ont souvent fait valoir qu’elles devraient jouer un rôle
plus important dans la détermination du processus. Même si bon nombre
estimaient que les équipes ne devraient pas être réduites ou le nombre de
revendications limité, il existe un consensus général selon lequel le
processus devrait être souple à cet égard. Il est ressorti clairement que ce
qui est approprié pour une unité de négociation ne l’est pas
nécessairement pour une autre. Le mécontentement actuel des équipes de
négociation pourrait être atténué en trouvant une façon d’inclure les
équipes ou leurs représentant-e-s dans la prise de décisions concernant leur
propre processus, notamment sur la taille de l’équipe et le fait que les
revendications devraient ou non être limitées, et la stratégie de
négociation permanente.
CONCLUSION
Le climat de négociation serré des années 90 ne se
relâchera vraisemblablement pas dans la nouvelle décennie qui favorise les
travailleurs et travailleuses. Cela étant dit, il est essentiel que l’AFPC
élabore des stratégies de négociation qui prennent en compte les
possibilités d’ingérence gouvernementale dans le processus et trouve des
façons de s’y opposer avec succès. Si cela nécessite l’établissement de
liens avec des organismes qui n’ont pas traditionnellement appuyé les
syndicats, nous devons alors trouver des façons de les établir. S’il faut
créer de nouvelles alliances politiques, nous devons le faire. Si nous devons
examiner notre processus de négociation collective pour réussir à établir de
meilleurs liens et de meilleures alliances, il est manifeste qu’il faudra le
faire. Si un changement s’impose, nous devrons l’accepter. Ce qui est
impensable, c’est de ne rien faire.
Questions de discussion
L’AFPC a entrepris un processus pour axer son prochain
congrès sur des questions qui constituent une priorité pour le syndicat et ses
membres. Le Conseil national d’administration a déterminé que la question de
la politicisation de la négociation collective figurerait à l’ordre du jour.
Dans ce but, les questions suivantes serviront simplement à orienter la
discussion.
-
Croyez-vous que le processus de négociation collective est actuellement
politisé? De quelle façon?
-
Le fait de politiser le processus aiderait-il le syndicat? Comment?
-
Si vous estimez que la politicisation du processus aiderait le syndicat à
atteindre des résultats plus positifs en matière de négociation
collective, quelle forme devrait-elle prendre?
-
Notre processus de négociation collective actuel favorise-t-il un
processus politisé? Si non, que devrions-nous faire pour accroître notre
capacité d’agir de façon politisée en matière de négociation
collective?
-
Si vous estimez qu’il serait nécessaire de modifier le Règlement 15
pour permettre un processus plus politisé, quelle forme ces modifications
devraient-elles prendre?
-
Pourquoi la négociation collective devrait-elle faire partie du programme
de l’AFPC et être abordée par les délégué-e-s au Congrès triennal
2003? Sur quels aspects de la convention collective devrions-nous nous
concentrer? Quelles stratégies devrions-nous adopter?
NOTES
* 1975 - 1978 Le programme législatif anti-inflation a
suspendu les droits de négociation pour tous les travailleurs et
travailleuses.
1982 - 1984 Les augmentations salariales de 6 % et
5 % prévues par la loi ont éliminé les droits de négociation pour
les fonctionnaires fédéraux.
1991 - 1993 Le gouvernement Conservateur a mis fin à
la grève générale de l’AFPC en imposant des règlements de 0 %
et 3 % et en gelant les modalités des conventions collectives.
1993 - 1997 Le gouvernement Libéral a prolongé le gel
de la négociation et a suspendu les clauses des conventions collectives
prévoyant des augmentations salariales d’échelons.
1996 - 2001 Le gouvernement Libéral a suspendu le
droit de l’agent négociateur de choisir l’arbitrage exécutoire comme
méthode de règlement des différends.
** 1995 Le gouvernement Libéral a suspendu l’application
de la Directive sur le réaménagement des effectifs pour les « ministères
les plus touchés ».
1999 Le gouvernement Libéral a adopté une loi de
retour au travail pour mettre fin à la grève de la Table 2 et
empêcher une grève de la Table 4.
***Adams, Roy J. « Public Sector Employment Relations:
Canadian Developments in Perspective », dans Gene Swimmer, Public
Sector Labour Relations in an Era of Restraint and Restructuring, Réseau
canadien de recherche en politiques et École d’administration publique,
Carleton University, 1999.
Les circonstances récentes démontrent l’importance d’effectuer
un examen de conscience occasionnel sur la façon dont l’AFPC mène ses
négociations collectives. L’examen en cours du Règlement 15, le recours
incessant du gouvernement aux interventions législatives, l’examen par le
gouvernement de la législation du travail dans la fonction publique par l’entremise
de la Commission Fryer et du Comité Quayle ainsi que la dernière ronde de
négociations avec le Conseil du Trésor constituent des événements qui ont
rendu nécessaires un examen approfondi et une discussion de nos processus. Le
présent document vise à stimuler cette discussion, non pas à fournir des
réponses, quoique certaines solutions aux problèmes perçus puissent être
proposées.
CONTEXTE
Le Règlement 15, cadre de travail du processus de
négociation collective de l’AFPC, établit une méthode unifiée à l’égard
de la négociation dont l’application ne diffère que légèrement d’une
unité de négociation à l’autre. À mesure qu’augmente la diversité au
sein du syndicat, la méthode de négociation « unique » est mise à
l’épreuve au point où les demandes présentées au Conseil national d’administration
afin de suspendre ou de modifier l’application des dispositions du Règlement 15
à certaines rondes particulières constituent maintenant la norme.
Les expériences de négociation récentes laissent entendre
que les membres sont de plus en plus insatisfaits du processus de négociation.
La dernière ronde de négociation du Conseil du Trésor constitue un exemple de
cette insatisfaction. Les membres de l’équipe ont exprimé leur frustration
de se sentir exclus du processus tandis que bon nombre de membres ont éprouvé
un sentiment de désolidarisation totale par rapport aux équipes de
négociation. Au sein des équipes, les intérêts des groupes professionnels
ont mis en péril la solidarité de l’unité de négociation et ont fait le
jeu des tactiques de l’employeur. Des expériences semblables ont été
relevées dans la dernière ronde de négociation dans bon nombre d’aéroports
des Prairies, dans certaines des nouvelles agences et dans quelques-unes de nos
plus petites unités de négociation récemment organisées.
Il faut replacer ces grondements de mécontentement dans le
contexte plus vaste des réalités économiques et législatives. Les membres du
syndicat et les équipes de négociation ont de véritables motifs de se sentir
dissociés du processus et frustrés par les résultats de la négociation. Les
années 90 ont été particulièrement difficiles pour les syndicats du secteur
public, y compris l’AFPC. La suspension législative et l’ingérence dans le
processus de négociation ont caractérisé la décennie, et bon nombre se sont
demandés si le concept de la libre négociation collective n’était pas
disparu. Il importe de signaler que, pendant les 34 années au cours
desquelles l’AFPC a été accréditée en vertu de la Loi sur les relations
de travail dans la fonction publique, l’accès à la totalité des
dispositions de la Loi sur les négociations collectives a été
restreint par l’ingérence législative pendant 14 ans.* En outre, le
gouvernement fédéral n’a pas hésité à mettre fin aux grèves par voie
législative ou de récrire les dispositions négociées pour les adapter à ses
besoins.** Rien ne permet de penser que cette tendance ne se maintiendra pas
puisqu’elle fonctionne pour l’employeur et qu’elle ne suscite que peu ou
pas de protestations de la part du public.
Et comme si l’ingérence législative dans le processus de
négociation ne suffisait pas, les réductions massives d’effectif et la
création de nouvelles unités de négociation par le biais des initiatives de
diversification des modes de prestation de service du gouvernement ont
lourdement grevé nos ressources qui n’ont pas encore été rétablies. La
dévolution des membres de Transports Canada à des administrations
aéroportuaires indépendantes ne constitue qu’un exemple des répercussions
de telles initiatives : 34 nouvelles unités de négociation
constituées à partir des membres de l’une ou l’autre des unités de
négociation du Conseil du Trésor ont été créées et ont dû, dans bon
nombre de cas, être réorganisées, réaccréditées et négocier leur
première convention collective, et ce, dans une période de quatre ans. De
même, la création de trois nouvelles agences gouvernementales a également
nécessité la réaccréditation à la suite des modifications des unités de
négociation et la consolidation des conventions collectives. Tout cela est
survenu à une époque où l’effectif global du syndicat a été décimé à
la suite des réaménagements des effectifs, ce qui a laissé au syndicat moins
de ressources pour traiter un plus grand nombre de demandes.
Au sein de la fonction publique fédérale qui comprend
encore la majorité des membres de l’AFPC, tout ce bouleversement a contribué
à saper gravement le moral, problème que le gouvernement a décidé de
résoudre au moyen d’une autre initiative de renouveau, axée cette fois-ci
sur la réforme législative. Tout d’abord, la Commission Fryer a reçu le
mandat d’examiner les relations de travail dans la fonction publique
fédérale et de proposer des modifications puis, le Groupe de travail Quayle a
été constitué pour poursuivre le travail de la Commission Fryer et mettre en
œuvre la réforme.
Même si certaines des recommandations de la Commission Fryer
sont bienvenues, notamment l’établissement d’une seule commission des
recours, la plupart des recommandations concernant la négociation collective ne
modifient pas sensiblement la pratique actuelle. Plus particulièrement, la
création d’une commission de règlement des différends d’intérêt public
pour résoudre les différends de négociation n’apporte guère de changement
au processus de conciliation actuel. La seule différence importante est
peut-être que ce tribunal, comme l’entrevoit Fryer, pourrait rendre en
matière de négociation des décisions non exécutoires qui prennent en compte
non seulement les positions des parties mais également l’intérêt public.
Selon la conception de Fryer de ce processus, la décision de la Commission
rendra ou devrait rendre moins attrayants le recours à la grève pour les
syndicats et, pour le gouvernement, l’imposition d’une loi à l’encontre
de la décision de la Commission. La méthode envisagée pour parvenir à cette
fin semble être la diffusion publique de la décision d’un tribunal perçu
comme étant indépendant et voué à la protection des intérêts du public. Il
semblerait que la pression publique constitue la meilleure arme trouvée par
Fryer pour résoudre ou prévenir des différends sur le plan de la négociation
collective.
En réalité, la mise en œuvre de ces propositions n’est
pas pour demain. Néanmoins, même si elles l’étaient, il importe de signaler
que rien dans les nouvelles réformes ou nouvelles lois n’entrave le droit du
gouvernement de recourir à la législation dans le cadre des négociations
collectives. L’expérience montre que le recours du gouvernement à la
législation, loin d’être exceptionnel, constitue la règle. Cela étant dit,
le syndicat devra être plus stratégique, plus concentré et plus créatif dans
ses démarches à l’égard de la négociation collective. Selon un
spécialiste qui a commenté*** l’offensive sur les syndicats au cours des
années 90, seuls les syndicats unis dans une vaste coalition avec les entités
non syndicales et non gouvernementales peuvent réussir à contrecarrer le
programme du gouvernement. À son avis, il est crucial que les syndicats
cherchent à obtenir la reconnaissance du droit à la négociation collective à
titre de droit de la personne par l’intermédiaire d’organismes
internationaux, plus particulièrement à la lumière de la sensibilisation
accrue aux droits de la personne dans le contexte de la mondialisation du
commerce.
Si l’établissement de vastes coalitions pour soutenir la
convention collective et le droit de négocier collectivement constitue l’outil
le plus efficace contre l’ingérence gouvernementale, notre processus actuel
de négociation facilite-t-il cette action? De plus, comment une telle action
pourrait-elle soutenir les objectifs individuels des unités de négociation
dans toute série de négociations particulières?
ANALYSE
Sous sa forme actuelle, le Règlement 15 établit un
processus applicable aux négociations de toute unité de négociation donnée.
Il détermine la méthode de réception des revendications contractuelles, de
choix des membres de l’équipe de négociation et de la tenue des votes de
grève et de ratification, ainsi que les détails entourant toutes ces
questions. Plus particulièrement, il précise que, environ six mois avant
l’expiration de toute convention collective donnée, le comité de
négociation collective du CNA crée, pour cette unité de négociation, un
programme de revendications qu’il joint à l’invitation à soumettre des
revendications transmise aux membres par l’intermédiaire des Éléments.
Après réception des revendications des membres, des conférences sur la
négociation sont tenues pour examiner, adopter et prioriser les revendications
et élire les membres des équipes de négociation. Dans le cas des vastes
unités nationales, lorsque des conférences régionales et nationales sur la
négociation sont tenues, les négociations actuelles ne peuvent normalement
débuter que quelques mois après l’expiration de la convention collective.
Selon la structure actuelle du Règlement 15, la
détermination des questions de négociation autour desquelles s’effectuera la
mobilisation ne peut avoir lieu que lorsque les équipes de négociation ont
examiné, adopté et priorisé les revendications contractuelles. Au moment où
cela se produit, la convention collective est déjà expirée, et la
négociation doit commencer. Par conséquent, la détermination des questions de
négociation autour desquelles s’effectuera la mobilisation n’a
généralement pas lieu avant que la négociation ait débuté et que le
processus soit devenu autonome. En outre, le Règlement est silencieux sur l’élaboration
d’une stratégie de négociation de sorte que l’élaboration d’une
stratégie résulte plus souvent du travail de l’équipe que de celui de l’organisation.
Pendant la dernière ronde du Conseil du Trésor, un comité
stratégique a été formé dans le cadre de la Conférence nationale sur la
négociation et constitué de membres élus des équipes de négociation, de
représentant-e-s du Comité national d’administration et de dirigeant-e-s du
CEA ainsi que de membres du personnel. Ce comité, en fin de compte, est devenu
le Comité de coordination nationale de grève mais, selon sa première
conception, il était un véhicule qui veillait à ce que les équipes soient
informées des progrès et des problèmes à chaque table, que soient abordées
les préoccupations d’ordre organisationnel et qu’une stratégie pour le
maintien d’un front commun soit appliquée. Bien qu’elle n’ait pas atteint
tous ses objectifs, cette ronde de négociation était plus coordonnée que les
précédentes et a, peut-être par voie de conséquence, réussi à rallier
davantage le soutien du public que par le passé. Si nous avions disposé de
plus de temps pour la planification préalable à la négociation, l’appui
accordé à la négociation aurait vraisemblablement été plus fort.
Pour que l’AFPC puisse établir de vastes coalitions pour
gagner des appuis à l’égard de notre négociation, il est essentiel de
définir la stratégie de la négociation et les revendications contractuelles
beaucoup plus tôt au cours du processus qu’elles ne le sont actuellement. De
plus, même si des questions de groupe particulières présentent une importance
primordiale pour les membres de l’unité de négociation, aucune disposition
actuelle ne permet au syndicat, à titre d’organisation, de soulever des
questions plus vastes à la table à moins qu’elles ne proviennent des membres
de l’unité par l’entremise des revendications contractuelles.
C’est ce qui rend plus difficile la promotion d’initiatives
comme un fonds pour la garde d’enfants, semblable à celui que nous avons dans
notre convention collective de Postes Canada, parce que de telles revendications
tendent à venir des chefs du syndicat plutôt que des membres et qu’elles
constituent rarement des priorités pour les équipes de négociation. Pourtant,
ce sont précisément de tels objectifs généraux, axés sur les travailleurs
et travailleuses, qui permettent d’unir les membres et de former une vaste
coalition d’organisations. Dans le climat politique et économique actuel, où
l’éducation et la santé constituent des préoccupations importantes pour une
grande partie de la population, il est concevable que les revendications
contractuelles associées à de telles questions permettent de rallier bon
nombre de groupes qui ne soutiennent pas traditionnellement notre cause.
Il est clair que nous devrons définir de telles questions
très tôt dans le cycle de négociation et que celles-ci devront bénéficier d’un
soutien ferme, non seulement de la part des unités de négociation
individuelles mais également de la part de l’ensemble des membres si nous
voulons créer une solidarité. La dernière ronde avec le Conseil du Trésor a
révélé l’utilité des questions communes, non seulement entre les tables
mais également entre l’ADRC et, au début du processus, l’ACIA. Bien que
les coalitions puissent être en quelque sorte affaiblies à la suite de
circonstances diverses, il existe de nettes indications que, avec certains
aménagements, celles-ci pourraient devenir une force puissante si elles
étaient unifiées autour d’une cause commune.
Une planification stratégique et la détermination des
revendications contractuelles au début du processus pourraient également aider
à définir les cibles et à veiller à ce que les unités de négociation plus
faibles ne sapent pas le travail des plus fortes par un règlement précoce. Une
stratégie cohérente, planifiée secteur par secteur, pourrait permettre de
dégager non seulement les vastes questions mais également les éléments plus
faibles en veillant à ce que nous conservions le contrôle total du programme
de négociation.
Une planification stratégique à long terme nécessite
beaucoup de travail. Les décisions au sujet des cibles et des revendications
contractuelles devront être bien documentées et, pour cela, les preneurs de
décisions devront disposer de documents de recherche sur la situation actuelle
et à long terme, sur les tendances actuelles et nouvelles en matière de
négociation collective ainsi que sur les finances de l’employeur et les
caractéristiques démographiques de l’unité de négociation. Il faut
repérer les partenaires de coalition possibles, tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur de l’organisation et définir et/ou créer les liens de
communication susceptibles d’être utilisés dans une stratégie de
communication. Elle exigera également un soutien et une participation active de
la part des dirigeant-e-s élus, des militant-e-s et des membres qui
contribueront au maintien d’un front unifié une fois que les décisions
auront été prises.
Il est claire que, pour réaliser un tel objectif, il faudra
résoudre bon nombre des questions fondamentales soulevées depuis quelques
années. Parmi les questions qui causent le plus de dissension, figurent tout d’abord
la constitution des équipes de négociation et la façon dont elles sont
choisies, et ensuite, notre méthode d’élaboration des revendications
contractuelles. Quant à la première, avant même que la question de la
constitution des équipes de négociation puisse être résolue, il faudra
décider du niveau de participation politique que le syndicat souhaite établir
dans le processus. Il y a eu des moments dans le passé où les secrétaires
exécutifs des Éléments siégeaient à titre de membres de l’équipe de
négociation; aujourd’hui, les membres du CEA sont affectés aux équipes,
mais leur rôle se résume à peu près à celui d’observateurs. Par ailleurs,
d’autres estiment que les dirigeant-e-s élus devraient jouer un rôle plus
actif dans la négociation collective, et cette question demeure non résolue,
plus particulièrement à la lumière d’un processus plus politisé.
L’élaboration des revendications contractuelles constitue
une autre question qui a donné lieu à des discussions internes, le débat s’articulant
autour de la question de savoir si l’organisation devrait limiter le nombre de
revendications et si le syndicat, par opposition à l’unité de négociation,
devrait pouvoir présenter des revendications. Des raisons très pragmatiques
laissent entendre que cela devrait être le cas, plus particulièrement à la
lumière de la nécessité de planifier plus tôt et de façon plus stratégique.
Il existe bon nombre de façons d’y parvenir : plutôt
que de tenir des conférences nationales sur la négociation, unité par unité,
immédiatement avant le début des négociations, on pourrait tenir des
conférences de négociation sectorielles ou tenir de façon régulière une
réunion de négociation à l’échelle du syndicat. Une autre méthode
pourrait consister à consacrer une partie de l’ordre du jour du Congrès de l’AFPC
à des discussions sur les questions de négociation. Ces discussions ne
remplaceraient pas les conférences préalables à la négociation pour les
unités particulières au cours desquelles sont établies les revendications
précises de l’unité (quoiqu’elles pourraient remplacer les conférences
régionales sur la négociation), mais serviraient plutôt à dégager les
thèmes et objectifs qui constitueront le fondement des revendications
particulières et la plate-forme d’une mobilisation tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur de l’organisation, ainsi qu’à déterminer les stratégies et
les cibles dès le début du processus.
En plus des discussions stratégiques à l’échelle du
syndicat autour de la négociation collective, il faudrait également tenir,
plus tôt, des discussions stratégiques au sein de l’unité de négociation.
Les équipes de négociation consultées au sujet des modifications au
Règlement 15 ont souvent fait valoir qu’elles devraient jouer un rôle
plus important dans la détermination du processus. Même si bon nombre
estimaient que les équipes ne devraient pas être réduites ou le nombre de
revendications limité, il existe un consensus général selon lequel le
processus devrait être souple à cet égard. Il est ressorti clairement que ce
qui est approprié pour une unité de négociation ne l’est pas
nécessairement pour une autre. Le mécontentement actuel des équipes de
négociation pourrait être atténué en trouvant une façon d’inclure les
équipes ou leurs représentant-e-s dans la prise de décisions concernant leur
propre processus, notamment sur la taille de l’équipe et le fait que les
revendications devraient ou non être limitées, et la stratégie de
négociation permanente.
CONCLUSION
Le climat de négociation serré des années 90 ne se
relâchera vraisemblablement pas dans la nouvelle décennie qui favorise les
travailleurs et travailleuses. Cela étant dit, il est essentiel que l’AFPC
élabore des stratégies de négociation qui prennent en compte les
possibilités d’ingérence gouvernementale dans le processus et trouve des
façons de s’y opposer avec succès. Si cela nécessite l’établissement de
liens avec des organismes qui n’ont pas traditionnellement appuyé les
syndicats, nous devons alors trouver des façons de les établir. S’il faut
créer de nouvelles alliances politiques, nous devons le faire. Si nous devons
examiner notre processus de négociation collective pour réussir à établir de
meilleurs liens et de meilleures alliances, il est manifeste qu’il faudra le
faire. Si un changement s’impose, nous devrons l’accepter. Ce qui est
impensable, c’est de ne rien faire.
Questions de discussion
L’AFPC a entrepris un processus pour axer son prochain
congrès sur des questions qui constituent une priorité pour le syndicat et ses
membres. Le Conseil national d’administration a déterminé que la question de
la politicisation de la négociation collective figurerait à l’ordre du jour.
Dans ce but, les questions suivantes serviront simplement à orienter la
discussion.
- Croyez-vous que le processus de négociation collective est actuellement
politisé? De quelle façon?
- Le fait de politiser le processus aiderait-il le syndicat? Comment?
- Si vous estimez que la politicisation du processus aiderait le syndicat à
atteindre des résultats plus positifs en matière de négociation
collective, quelle forme devrait-elle prendre?
- Notre processus de négociation collective actuel favorise-t-il un
processus politisé? Si non, que devrions-nous faire pour accroître notre
capacité d’agir de façon politisée en matière de négociation
collective?
- Si vous estimez qu’il serait nécessaire de modifier le Règlement 15
pour permettre un processus plus politisé, quelle forme ces modifications
devraient-elles prendre?
- Pourquoi la négociation collective devrait-elle faire partie du programme
de l’AFPC et être abordée par les délégué-e-s au Congrès triennal
2003? Sur quels aspects de la convention collective devrions-nous nous
concentrer? Quelles stratégies devrions-nous adopter?
NOTES
* 1975 - 1978 Le programme législatif anti-inflation a
suspendu les droits de négociation pour tous les travailleurs et
travailleuses.
1982 - 1984 Les augmentations salariales de 6 % et
5 % prévues par la loi ont éliminé les droits de négociation pour
les fonctionnaires fédéraux.
1991 - 1993 Le gouvernement Conservateur a mis fin à
la grève générale de l’AFPC en imposant des règlements de 0 %
et 3 % et en gelant les modalités des conventions collectives.
1993 - 1997 Le gouvernement Libéral a prolongé le gel
de la négociation et a suspendu les clauses des conventions collectives
prévoyant des augmentations salariales d’échelons.
1996 - 2001 Le gouvernement Libéral a suspendu le
droit de l’agent négociateur de choisir l’arbitrage exécutoire comme
méthode de règlement des différends.
** 1995 Le gouvernement Libéral a suspendu l’application
de la Directive sur le réaménagement des effectifs pour les « ministères
les plus touchés ».
1999 Le gouvernement Libéral a adopté une loi de
retour au travail pour mettre fin à la grève de la Table 2 et
empêcher une grève de la Table 4.
***Adams, Roy J. « Public Sector Employment Relations:
Canadian Developments in Perspective », dans Gene Swimmer, Public
Sector Labour Relations in an Era of Restraint and Restructuring, Réseau
canadien de recherche en politiques et École d’administration publique,
Carleton University, 1999.
Documents
de discussion de l’AFPC
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