Communiqué
le 10 mars 2004
Dénonciation :
un syndicat de la fonction publique se méfie d'un projet
de loi sans mordant
OTTAWA – L'Alliance de la
Fonction publique du Canada, qui plaide en faveur de la protection
des dénonciateurs et dénonciatrices depuis plus de
20 ans, craint qu'un projet de loi que s'apprête à
déposer le gouvernement Martin n'aura pas l'ampleur requise
pour protéger les dénonciateurs et dénonciatrices
et l'intérêt général.
Selon le syndicat, pour bien
protéger le personnel de la fonction publique qui signale
des actes fautifs au sein de l'appareil gouvernemental, les dispositions
législatives doivent :
permettre à une dénonciatrice
ou à un dénonciateur d'avoir, en toute confidentialité,
une première conversation avec un tiers responsable à
l'extérieur de la structure ministérielle officielle;
faire en sorte que les allégations
fassent l'objet d'une enquête par un organisme indépendant
et, lorsque cela est possible et dans les cas où l'allégation
peut être vérifiée auprès de sources
indépendantes, protéger l'identité de la dénonciatrice
ou du dénonciateur;
faire en sorte qu'une
allégation jugée « farfelue »
ou « vexatoire » n'entraîne aucune sanction,
toute mesure de représailles de la part du gouvernement pouvant
avoir un effet dissuasif sur les dénonciatrices et dénonciateurs
éventuels;
garantir aux dénonciatrices
et dénonciateurs un recours par voie de la procédure
de règlement des griefs, des tribunaux et de l'organisme
constitué dans le but de faciliter la dénonciation
et la protection de la personne qui dénonce des actes fautifs;
viser l'ensemble du
secteur public, plus particulièrement les ministères
et agences, les sociétés d'État, les organisations,
comme les musées canadiens, et une foule de commissions et
tribunaux quasi indépendants.
« Les lois sont
importantes, mais il ne s'agit pas de la seule protection que nous
cherchons à obtenir pour nos membres dans l'intérêt
général, affirme la présidente nationale de
l'AFPC, Nycole Turmel. Nous voulons aussi obtenir, au sein de l'appareil
gouvernemental, un changement de mentalité qui permette de
remettre en cause les motifs et les décisions des hauts placés
sans crainte de récriminations. La fonction publique demeure
une organisation paternaliste qui réprime l'esprit d'initiative. »
L'AFPC réclame
aussi la mise en place d'un programme de sensibilisation afin que
les personnes ayant des renseignements à divulguer connaissent
leurs droits et puissent prendre une décision éclairée.
« Les dénonciatrices
et dénonciateurs ont besoin de protection maintenant, ajoute
Mme Turmel. Nous voulons que des dispositions à ce sens soient
intégrées à une convention collective afin
que les dénonciatrices et dénonciateurs puissent déposer
des griefs s'ils estiment avoir fait l'objet de représailles,
même subtiles. »
L'AFPC a présenté
à la table de négociation une revendication qui protégera
les dénonciatrices et dénonciateurs, mais le gouvernement
refuse d'accepter notre proposition ou d'avancer une autre solution.
« Lorsque le scandale
des commandites a éclaté, je pensais que le gouvernement
était sérieux. Toutefois, de jour en jour, ses actions
démontrent le contraire », de conclure Mme Turmel.
-30-
Renseignements :
Joselito Calugay, Communications - AFPC,
(613) 560-4235
14-100304
|