30 septembre 2008
Jean-François Des Lauriers, le vice-président exécutif régional pour l'AFPC-Nord, a manifesté avec de 100 membres de l'AFPC en faveur des droits de la personne des peuples autochtones.
L’énergie et l’excitation étaient palpables au moment de l’inauguration de la Conférence nationale des peuples autochtones de l’AFPC, qui s’est tenue à Winnipeg du 19 au 21 septembre. Plus d’une centaine de travailleuses et travailleurs des Premières nations, des Inuits et des Métis se sont réunis pour parler des moyens d’améliorer leurs milieux de travail et leurs localités. Toutes et tous se sont montrés déterminés à faire en sorte que le problème de la pauvreté des peuples autochtones ne soit pas relégué à l’arrière-plan des programmes politiques, particulièrement en cette période électorale.
Les membres de l’AFPC viennent de tous les horizons, comme en ont été la preuve les personnes déléguées à la Conférence. Des membres des Premières nations, de groupes inuits et métis de toutes les provinces et de tous les territoires ont été au rendez-vous : de Hall Beach au Nunavut, de Happy-Valley Goose bay au Labrador et de l’île de Vancouver en Colombie-Britannique, pour ne donner que quelques exemples. Femmes et hommes sont venus animés du désir de faire de l’AFPC un syndicat représentatif des peuples autochtones et réceptif à leurs besoins.
S’adressant aux personnes déléguées, le président national de l’AFPC, John Gordon, a souligné que l’AFPC avait réussi à percer dans les milieux de travail autochtones. En effet, l’AFPC compte maintenant à son actif près de 100 unités de négociation qui représentent des travailleuses et travailleurs autochtones, soit l’équivalent de 30 % de toutes ses unités de négociation.
« Dans le Nord, nous sommes le syndicat de choix comme en témoignent les 81 unités de négociation qui regroupent des membres qui travaillent pour des hameaux, des associations d’habitation, les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut », a précisé Gordon. « Nous sommes fiers des progrès que nous accomplissons dans le cadre des négociations menées pour le compte de nos membres autochtones tout comme nous sommes fiers de la qualité des services qu’ils offrent un peu partout au Canada. »
Le vendredi 19 septembre, les personnes déléguées ont défilé dans les rues de Winnipeg et se sont rendues au bureau de Vic Toews où elles ont dénoncé l’inaction du gouvernement en ce qui concerne la mauvaise qualité et la dégradation rapide des services publics dans les localités autochtones du Canada.
« Le gouvernement fédéral doit prendre immédiatement des mesures pour résoudre la crise de l’eau et des infrastructures dans les localités des Premières Nations », a déclaré Patty Ducharme, vice-présidente exécutive nationale de l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC). Le gouvernement fédéral se doit d’assurer des services de qualité aux Autochtones. Nous voulons savoir si les candidats et candidates aux élections sont prêts à s’engager fermement à défendre les droits des Autochtones. »
La même journée, dans son allocution aux personnes déléguées, le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine, condamnait l’indifférence quasi totale des partis politiques fédéraux à l’endroit de la pauvreté des peuples autochtones. D’après le chef national, les excuses présentées le 11 juin dernier par le gouvernement pour les atrocités commises dans les pensionnats indiens ne sont qu’un premier pas. En effet, elles amorcent le travail qu’il faut accomplir en vue de réparer les torts causés aux peuples des Premières Nations.
Rhoda Innuksuk, présidente du mouvement Pauktuutit Inuit Women of Canada, a parlé de la force et de la résilience des peuples inuits. À son avis, il est capital de donner aux femmes inuites les moyens d’assumer des rôles de leadership dans leurs communautés et dans la sphère politique.
Pour sa part, Cheryl-Anne Carr, militante métisse, a invité les personnes déléguées à brasser la cage de l’establishment politique en vue de provoquer de sérieux changements. Elle a souligné l’importance du rôle joué par l’AFPC dans la lutte pour les droits des peuples autochtones, déclarant qu’une société ne peut rester saine et pleine de vitalité sans l’apport de mouvements politiques et populaires dynamiques, particulièrement le mouvement syndical.
D’un commun accord, les personnes déléguées se sont dites prêtes à exercer des pressions sur le gouvernement fédéral pour qu’il règle la crise de l’eau dans les localités des Premières Nations et qu’il enraye la discrimination contre les femmes autochtones dans la Loi sur les indiens. Des résolutions portant sur ces enjeux ont été adoptées à l’unanimité. De plus, les personnes présentes se sont engagées à promouvoir les services publics de qualité comme élément de réponse à la lutte contre le réchauffement climatique, dont les effets sont dévastateurs dans les localités autochtones du Nord.
L’AFPC a profité de l’occasion pour lancer une campagne de cartes postale qui vise le gouvernement en place. Aux yeux de l’AFPC, les excuses ne suffisent pas et le gouvernement doit prendre les mesures suivantes :
• Abolir la pauvreté chez les peuples autochtones en commençant par respecter les engagements pris dans l’Accord de Kelowna.
• Enrayer la crise de l’eau dans les localités des Premières nations.
• Signer la Déclaration sur les droits des peuples autochtones des Nations Unies.
• Abandonner l’appel contre Sharon McIvor et mettre fin à la discrimination contre les femmes des Premières Nations et leurs familles.
Élection de nouvelles représentantes et de nouveaux représentants
Les personnes déléguées ont élu les représentantes et représentants qui font partie du Cercle des Premières nations, des Inuits et des Métis (NAIM). Voici les résultats.
Représentant et représentante autochtones élus au Comité d’accès à l’égalité
• Luc Tailleur, représentant
• Tanna Pirie-Wilson, représentante
Représentants et représentantes régionaux du Cercle NAIM
ATLANTIQUE – Robert Saunders, représentant et Barbara Bartibogue, représentante
C.-B. – Michael Ballard, représentant et Marion McLarty, représentante
RCN – Les Maiczan, représentant et Shirley Tolley, représentante
NORD – Joseph Aggark, représentant et Karen Wright-Fraser, représentante
ONTARIO – James Marchand, représentant et Barbara Goodfellow, représentante
PRAIRIES – Alex George, représentant et Alisha Bigelow, représentante
QUÉBEC – Maxime Boutin, représentant et Marianne Kanapé, représentante
Les personnes déléguées se sont regroupées en cercles de discussion pour y échanger des idées et mettre au point des stratégies qui permettraient de faire avancer la cause des droits des Autochtones dans leur région respective. D’ailleurs, le thème de la conférence MAAWANGITEENG : C’est avec nous que ça commence… venait souligner avec à-propos leurs intentions. Les personnes déléguées ont quitté Winnipeg ayant fait le plein d’idées et bien déterminées à assurer que les candidates et candidats aux élections fédérales se portent à la défense des droits des Autochtones.
Rhoda Innuksuk a prononcé un discours lors d'une manifestation en faveur des services publics pour peuples autochtones le 19 septembre dernier à Winnipeg.
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Date de modification : 2008/10/01
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