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Pleins feux sur le Mois de l'histoire des Noirs Février 2009

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En manchette :



Pionnier de l'égalité

En 1958, Cal Best est élu président de l'Association du Service civil du Canada.

Le syndicat est un membre fondateur de l'Alliance de la Fonction publique du Canada.


Pleins feux sur le Mois de l'histoire des Noirs

Février est le Mois de l'histoire des Noirs ou le Mois du patrimoine africain. Pour les membres, cest l'occasion de souligner et de reconnaître les grands progrès que le mouvement syndical et le Canada en général ont réalisés grâce à l'apport des Noirs et des personnes d'origine africaine. Ces progrès n'ont pas été accomplis sans qu'on ait eu à surmonter d'immenses obstacles. À mesure que l'on s'enfonce dans la récession, on peut s'attendre à une intensification du racisme et de la discrimination.



Mois de l'histoire des Noirs : la lutte contre la discrimination se poursuit

La course effrénée aux emplois et ressources de plus en plus rares crée pour les dirigeants d'entreprises les conditions parfaites pour diviser la classe ouvrière, et le racisme constitue une arme efficace dans leur arsenal. Même si tous les travailleurs se ressentent de l'affaiblissement de la solidarité de classe, les travailleuses et travailleurs de couleur, plus particulièrement d'origine africaine, sont les plus défavorisés. Il s'agit là d'une situation que corroborent l'histoire canadienne, en fait, même les données démographiques actuelles.

Vers la fin du 19e siècle, l'accroissement de la demande internationale pour les produits agricoles canadiens a amené le gouvernement à vouloir attirer des agriculteurs immigrants en leur offrant gratuitement des terres agricoles. C'était alors une offre très intéressante pour bien des Noirs des États-Unis. Beaucoup d'entre eux, malgré leur statut d'esclaves affranchis acquis de fraîche date, se voyaient néanmoins dans l'impossibilité d'obtenir des terres agricoles de moins en moins nombreuses dans ce pays. Force leur a cependant été de constater qu'ils n'étaient pas non plus les bienvenus au Canada.

Il est vrai qu'aucune loi n'a été adoptée pour interdire expressément l'immigration noire au Canada, mais les responsables de l'immigration ont mis en place des stratagèmes permettant d'interdire les Noirs et de rejeter les demandes d'établissement faites par des Afro-Américains.

Des emplois très peu rémunérés

Les rares Afro-Canadiens déjà établis au pays ont été relégués à des emplois serviles et faiblement rémunérés dont la plupart des Canadiennes et des Canadiens ne voulaient pas, aide domestique et porteur pour les sociétés ferroviaires, par exemple. De 1950 à 1970, les Antillaises recrutées comme bonnes d'enfants résidantes et aides domestiques ont constitué le gros de l'immigration noire au Canada. Au fil des luttes menées par ces femmes pour obtenir des droits égaux en tant que travailleuses, les politiques canadiennes en matière d'immigration concernant les aides domestiques se sont resserrées.

Mener la bataille

Le rôle de premier plan que les Afro-Canadiens ont joué dans le mouvement pour la défense des droits civiques dans les années 1960 et 1970 leur ont valu d'acquérir des droits qui n'étaient qu'un rêve pour leurs ancêtres au début du siècle. Vers 1975, chaque province canadienne s'était dotée d'une commission des droits de la personne et, en 1977, une commission a été créée pour surveiller l'application de la Loi canadienne sur les droits de la personne. Par ailleurs, la Charte des droits a été adoptée pour garantir les droits à l'égalité de toute la population canadienne.

La discrimination raciale continue toutefois à sévir au Canada. Elle est moins manifeste, mais elle est davantage systémique et, partant, plus difficile à cibler et à éliminer.

D'après le recensement de 2006, 16,2 % des Canadiennes et des Canadiens ont déclaré appartenir à une « minorité visible », soit 27 % de plus que lors du recensement de 2001. Le nombre de personnes qui ont déclaré être Noirs a grimpé de 18,4 % et s'établit à 783 800. C'est la troisième plus importante minorité visible au Canada. L'augmentation du nombre de minorités visibles est attribuable à la hausse du nombre d'immigrants en provenance de pays non européens. Il n'en demeure pas moins que les taux de chômage et de faible revenu sont plus élevés chez les nouveaux arrivants appartenant à des minorités visibles que chez ceux qui sont nés au Canada, même si, en moyenne, les premiers sont davantage scolarisés que les derniers.

Beaucoup de chemin à faire

Dans la fonction publique fédérale, les personnes racialisées demeurent également sousreprésentées. La Commission des droits de la personne a signalé dernièrement que l'embauchage de personnes appartenant à des minorités visibles ne s'était guère amélioré ces dernières années. Elle a de plus précisé que le pourcentage enregistré en 2007 est « le plus bas depuis les six dernières années » et que la faible proportion des embauches fera en sorte que « les membres des minorités visibles demeureront fort probablement sous-représentés dans la fonction publique au cours des prochaines années. »



Cal Best : un militant syndical et un pionnier de l'égalité

Fils d'une militante des droits de la personne et d'un porteur de bagages des chemins de fer, James Calbert Best commence sa carrière dans la fonction publique fédérale au ministère du Travail en 1949 et est l'un des cofondateurs de l'Association du Service civil du Canada, l'une des organisations qui ont fusionné en 1966 pour devenir l'AFPC.

Cal voit le jour à New Glasgow, en Nouvelle-Écosse, et, encore tout jeune, fonde, avec l'aide de sa mère, le premier journal afro-canadien dans cette ville : The Clarion. Ce journal rapporte les nouvelles locales et les nouvelles du sport, mais, ce qui est plus important, aborde les problèmes raciaux plus profonds vécus par les Noirs en Nouvelle-Écosse et partout en Amérique du Nord. Ce journal publie d'ailleurs l'affaire Viola Desmond, que l'on appelait la Rosa Parks canadienne. En 1946, cette femme est arrêtée et mise à l'amende pour s'être assise dans la section réservée aux Blancs au Roseland Theatre à New Glasgow et pour avoir refusé de se déplacer lorsque les autorités l'en ont sommé.

Après avoir fait des études en sciences politiques et en administration publique, il entre au service de la fonction publique fédérale où il travaille pendant 49 ans, assumant par ailleurs un mandat à titre de Haut-commissaire canadien à Trinidad et Tobago. Même à la retraite, il poursuit son travail. En 1999, il fait partie du Groupe de travail du Président du Conseil du Trésor sur la participation des minorités visibles dans la fonction publique fédérale.

Cal Best nous a quittés à l'été de 2007 à l'âge de 81 ans.



L'équité en matière d'emploi et les travailleurs racialisés : très peu de progrès

Dans l'histoire, les travailleuses et les travailleurs racialisés ont très souvent été l'objet de discrimination et de harcèlement en milieu de travail et ont connu des taux de chômage plus élevés et des revenus de beaucoup inférieurs à leurs homologues qui ne sont pas victimes de racialisation.

La Loi sur l'équité en matière d'emploi a été adoptée par le gouvernement fédéral en 1986, et a été étendue pour couvrir la fonction publique en 1996. La Loi a pour objet « de réaliser l'égalité en milieu de travail (…) et de corriger les désavantages subis, dans le domaine de l'emploi, par les femmes, les autochtones, les personnes handicapées et les personnes qui font partie de minorités visibles (…) »

Pourtant, malgré la composition changeante de la population du Canada et l'adoption de mesures législatives comme la Loi sur l'équité en matière d'emploi, la discrimination et le racisme ne sont pas des choses du passé, mais continuent d'être omniprésents dans la société canadienne. Les personnes racialisées demeurent nettement sous-représentées dans de nombreux milieux de travail fédéraux et en particulier dans la fonction publique fédérale.

La Commission canadienne des droits de la personne, qui voit à la mise en oeuvre de l'équité en matière d'emploi, a récemment fait certaines déclarations importantes relativement à l'absence de progrès de la part de la fonction publique fédérale pour assurer la représentativité de la main d'oeuvre.

Elle a signalé que « les membres des minorités visibles continuent d'être sous-représentés au sein de la fonction publique » indiquant qu'il n'y avait eu qu' « une très légère amélioration » par rapport à l'année précédente. « L'année dernière, [2007] ils ont enregistré la plus faible proportion d'embauche des six dernières années » et compte tenu des faibles niveaux d'embauche, « les membres des minorités visibles demeureront fort probablement sous-représentés dans la fonction publique au cours des prochaines années. »

Il est clair que le gouvernement fédéral ne respecte pas les objectifs énoncés dans la Loi sur l'équité en matière d'emploi et que la fonction publique n'est pas le reflet de la population qu'elle dessert. Malgré le besoin évident d'amélioration, il n'y a plus de financement pour l'initiative « Faire place au changement », en vertu de laquelle une personne embauchée sur cinq devrait être une personne racialisée.

L'AFPC demande au gouvernement de relancer cette initiative et d'en rétablir le financement. De telles mesures sont encore plus cruciales dans les périodes économiques difficiles, pendant lesquelles, d'une part, les travailleurs racialisés sont plus susceptibles d'être mis à pied et, d'autre part, les pratiques normales d'embauche sont souvent contournées en faveur de l'utilisation d'employés occasionnels et temporaires.

Nous continuerons d'exiger l'élimination de la discrimination dans les pratiques de dotation. Nous ne pouvons espérer un milieu de travail juste et équitable tant que le potentiel et la contribution de tous les travailleurs ne seront pas reconnus.



« Queering - Histoire des Noirs »

Égale Canada a récemment dévoilé une série de cartes postales mettant en vedette des Noirs, des Africains et des Antillais qui se sont distingués par leurs réalisations et qui font également partie de la communauté GLBT. Le projet vise à « augmenter la visibilité et la présence des queers noirs, africains et antillais au Canada », selon Akim Adé Larcher, fondateur du projet partenaire Stop Murder Music (Canada). « C'est le premier projet du genre au Canada et je suis fier de l'annoncer pendant le Mois de l'histoire des Noirs. » Égale Canada est une organisation eouvrant pour les droits des GLBT du Canada et qui vise à promouvoir l'égalité, la diversité, l'éducation et la justice. Visitez www.egale.ca pour commander des cartes postales et en savoir davantage.



L'AFPC mènera une campagne vigoureuse contre le projet de loi C-10

Le 6 février dernier, le gouvernement Harper a déposé un projet de loi omnibus sur la mise en oeuvre des mesures annoncées dans son budget 2009-2010. Le texte de loi renferme deux pilules empoisonnées : le plafonnement des hausses salariales accordées aux travailleuses et travailleurs du secteur public fédéral et une refonte hasardeuse de la loi fédérale sur l'équité salariale.

L'AFPC contestera toute mesure législative qui règlementerait les salaires de nos membres et qui menacerait la libre négociation collective. Elle s'opposera aussi aux modifications législatives qui éroderaient le principe de l'équité salariale et qui compliqueraient les démarches entreprises par les femmes en ce sens.

Réductions de salaires

Le projet de loi C-10, qui s'intitule Loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 27 janvier 2009 et mettant en oeuvre des mesures fiscales connexes, impose des hausses salariales de 2,3 % en 2007 et de 1,5 % en 2008, 2009 et 2010. Cette mesure s'applique aux travailleuses et travailleurs du secteur fédéral : Conseil du Trésor et autres organismes.

L'alinéa 19 b) est très clair : « une augmentation des taux de salaire supérieure à celle qui est prévue à l'article 16 […] est inopérante ou réputée n'être jamais entrée en vigueur ». Le gouvernement a carte blanche pour diminuer les augmentations salariales déjà accordées.

Cette disposition touche directement nos membres qui travaillent à l'Agence de revenu du Canada, qui devaient toucher une hausse de 2,5 % en 2007, 2008 et 2009. Aux termes du projet de loi C-10, l'employeur peut rouvrir la convention collective, négociée librement et équitablement, et réduire la hausse salariale prévue en 2009.

Selon l'AFPC, ce projet de loi enfreint une décision rendue en 2007 par la Cour suprême du Canada selon laquelle la libre négociation collective est visée et garantie par la Charte canadienne des droits et libertés.

L'AFPC contestera le projet C-10, qui aura des effets dévastateurs sur les travailleuses et travailleurs de l'ARC et d'autres organismes.

La fin de l'équité salariale

L'autre pilule empoisonnée du C-10, c'est la mise en oeuvre d'un régime d'équité salariale pour la fonction publique qui ne tient aucunement compte des recommandations émises par le Groupe de travail sur l'équité salariale en 2004.

Selon le projet de loi, les « groupes ou catégories d'emplois à prédominance féminine » comptent au moins 70 % de femmes. Avec cette nouvelle définition, déposer une plainte en matière d'équité salariale sera beaucoup plus difficile qu'auparavant. Qui plus est, le projet de loi propose une nouvelle définition du critère servant à déterminer si deux emplois sont de valeur « égale », laissant l'équité salariale – un droit fondamental – à la merci des forces du marché.

L'affront suprême : ramener le principe de l'équité salariale à une question de « rémunération équitable » qui doit être réglée par la voie des négociations. En cas d'échec à la table, les travailleuses pourront déposer une plainte à la Commission des relations de travail dans la fonction publique… sans l'appui de leur syndicat. En fait, tout syndicat qui encouragerait ou aiderait ses membres à déposer une plainte en matière d'équité salariale serait passible d'une amende de 50 000 $.

Les droits de la personne, un acquis non négociable

L'équité salariale est un droit fondamental qui ne doit pas faire l'objet d'échanges à la table de négociation. Le projet de loi C-10 est un autre exemple des attaques menées par le gouvernement Harper contre les droits des femmes. Faisons front commun et luttons contre ces mesures néfastes!


Date de modification : 2010/10/19



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