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Pleins feux sur la Journée internationale des femmes Mars 2010

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En manchette :


Pleins feux sur la Journée internationale des femmes

La lutte se poursuit

Les femmes luttent encore pour leur droit à l'égalité et leurs droits humains

Cette année marque le 100e anniversaire de la première conférence internationale des femmes à Copenhague au Danemark. Cette conférence a mené à l'instauration de la Journée internationale des femmes qui est célébrée dans bien des pays depuis le milieu du XIXe siècle. En 1910, les femmes ont intégré cette journée à un mouvement mondial et, depuis, elles n'ont jamais regardé en arrière.

Le 8 mars 2010 représente aussi le quarantième anniversaire de la mise sur pied de la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme – la première enquête pancanadienne sur l'égalité de la femme qui a formulé des recommandations pour lesquelles les femmes luttent encore aujourd'hui.

Les Canadiennes ont connu bien des victoires au fil des quatre dernières décennies, notamment les droits constitutionnels accordés en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés, le congé de maternité payé et l'adoption de lois qui assurent une rémunération égale pour un travail de valeur égale. En outre, les Canadiennes ont joué un rôle important pour assurer que les droits des femmes et l'égalité des genres fassent partie d'ententes internationales telle la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.

Même si les femmes ont connu de nombreuses améliorations au cours des quarante dernières années, il reste encore beaucoup à faire. Depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur de Stephen Harper en 2006, les femmes ont vu leurs droits régresser. Parfois, on leur a même refusé leurs droits.

Stephen Harper a récemment embauché, comme chef de cabinet, Darrel Reid, l'ancien président de Focus on the Family Canada, cette organisation évangélique qui fait campagne contre l'homosexualité, l'avortement, la garde d'enfants et le divorce. Ce n'est pas une coïncidence si le gouvernement Harper a adopté un plan directeur conçu par l'extrême droite, minant ainsi les gains découlant d'années de militantisme syndical et féministe.



Entente sur la garde d'enfants annulée

Peu après son arrivée au pouvoir en tant que premier ministre en 2006, Stephen Harper a annulé les accords de financement des garderies négociés en 2005 avec la plupart des provinces et territoires. Il a plutôt instauré la prestation universelle pour la garde d'enfants, prestation imposable de 100 $ par mois pour chaque enfant de moins de six ans. Bien loin de couvrir les frais réels de garde de la majorité des travailleuses, cette prestation ne permettra certes pas de créer les places en garderie dont les familles ont grandement besoin.

L'AFPC souhaitait mieux comprendre les conséquences des politiques du gouvernement Harper concernant la garde d'enfants pour nos membres. C'est pourquoi elle a organisé des forums régionaux d'un bout à l'autre du pays pour connaître l'opinion des femmes membres du syndicat. Les participantes ont exprimé leurs frustrations face au manque flagrant de places abordables en garderie pour les familles ayant de très jeunes enfants. Elles ont indiqué qu'un grand nombre d'entre elles doivent attendre des années avant d'obtenir une place en garderie. Elles nous ont dit que les services de garde d'enfants sont souvent accessibles seulement pendant la journée, ce qui empêche les femmes qui travaillent le soir et celles qui travaillent selon un horaire irrégulier d'en bénéficier. Bon nombre d'entre elles ont été obligées d'organiser un réseau informel de garde d'enfants dont font partie les grands-parents et les gardiennes non titulaires de permis.

Les Canadiennes réclament depuis les années 1970 un système public complet de garderie financé par les deniers publics. En cette période économique difficile qui entraîne de nombreuses pertes d'emploi, l'accès aux garderies est encore plus crucial. De bonnes garderies permettent aux mères de famille monoparentale – dont bon nombre n'ont pas les moyens de payer des frais de garderie – de continuer leurs études, de suivre une formation, d'obtenir un emploi décent et d'accéder à des promotions professionnelles.

Les chiffres sont éloquents : 66 % des femmes, dont les enfants ont moins de trois ans, travaillent à l'extérieur du foyer; 75 % des femmes dont les enfants sont âgés de trois à cinq ans font partie de la population active. À l'extérieur du Québec, moins de 20 % des enfants ont accès à des places en garderie réglementées. L'écart grandissant entre le besoin réel de places en garderie et l'absence de service est causé par la négligence du gouvernement à investir dans une stratégie nationale de garde d'enfants.



L'équité salariale, l'objet d'attaques

Dans son budget de 2009, le gouvernement Harper a restreint le droit à l'équité salariale des femmes qui travaillent au sein de la fonction publique fédérale. Ce faisant, le gouvernement conservateur n'a fait que montrer son dédain à l'égard des femmes. Il a ainsi éliminé la capacité des travailleuses du secteur public d'être rémunérées également pour un travail de valeur égale.

La Loi sur l'équité dans la rémunération du secteur public adoptée en 2009 restreint l'ampleur de l'équité salariale au sein du secteur public fédéral, en limitant le nombre de femmes y ayant droit. Les nouvelles règles sur l'équité de la rémunération renvoient l'équité salariale à la table de négociation et l'enlèvent du domaine des droits de la personne.

Désormais, les travailleuses de la fonction publique fédérale ne pourront plus présenter leurs causes à la Commission des droits de la personne lorsqu'elles estiment ne pas toucher une rémunération égale pour un travail de valeur égale. Pire encore, on interdit aux syndicats d‘aider leurs membres à déposer une plainte sous peine d'être passibles d'une amende de 50 000 $.

En 2004, après trois ans de recherche, de consultations et d'analyses, le Groupe de travail sur l'équité salariale a recommandé au gouvernement d'adopter une loi proactive sur l'équité salariale semblable à celles qui existent en Ontario et au Québec et qui s'appliquerait aux travailleuses et travailleurs sous compétence fédérale.

Le gouvernement Harper a choisi d'ignorer la recommandation du Groupe de travail et a plutôt décidé de miner l'égalité des femmes.

L'AFPC a contesté de diverses façons la position du gouvernement Harper à ce sujet. Nous avons engagé des poursuites judiciaires pour contester la loi discriminatoire et injuste du gouvernement. Nous avons aussi déposé une « communication » devant la Commission de la condition de la femme des Nations Unies pour dénoncer les actions du gouvernement fédéral. À cela s'ajoutent le lobbying et le militantisme des militantes et militants de l'AFPC et de ses dirigeantes et dirigeants élus.

Ces efforts ont abouti à de petites victoires. L'automne dernier, le chef libéral Michael Ignatieff a déposé un projet de loi d'initiative parlementaire (projet de loi C-471) qui abrogerait la LERSP et la remplacerait par une loi proactive sur l'équité salariale fondée sur les recommandations du Groupe de travail.

En dépit de la prorogation du Parlement, ce projet sera à l'ordre du jour des travaux parlementaires ce printemps. Nous avons toutefois encore un bon bout de chemin à parcourir avant que le projet de loi ne soit adopté, même avec l'appui des autres partis de l'opposition.

Les Canadiennes méritent un régime d'équité salariale réellement proactif qui leur assurera une rémunération égale pour un travail de valeur égale. La lutte est loin d'être terminée!



On coupe les vivres aux groupes de femmes

À l'automne 2006, le gouvernement fédéral annonçait d'importantes compressions à Condition féminine Canada, notamment la fermeture de douze des seize bureaux régionaux, ainsi qu'un changement dans les politiques de financement du Programme de promotion de la femme. Dorénavant, il ne finance plus la défense et la promotion des droits des femmes, ni la recherche féministe.

Cette mesure a porté un dur coup au mouvement des femmes et a diminué sa capacité de promouvoir des réformes législatives et des politiques pour mettre en oeuvre l'égalité des femmes. Elle a aussi entraîné la mise à pied de personnel dans certains groupes, ainsi que la fermeture du bureau de l'Association nationale Femmes et Droit, un joueur clef sur la scène pancanadienne depuis 1974.

Toujours en 2006, le gouvernement conservateur a aboli le financement du Programme de contestation judiciaire qui finançait des causes types portées devant les tribunaux par des groupes de femmes et des groupes minoritaires. Le gouvernement empêche ainsi les groupes de femmes de contester des lois discriminatoires devant les tribunaux, conformément à l'article 15 de la Charte canadienne des droits et libertés.

L'AFPC croit en l'égalité des femmes. Et son engagement s'est manifesté par l'octroi de subventions totalisant 90 000 $ à six groupes de femmes qui éprouvent de sérieuses difficultés financières depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs en 2006.

Le 1er février dernier, l'AFPC a décidé de verser 15 000 $ à chacun des organismes suivants : l'Alliance féministe pour l'action internationale, l'Association canadienne pour la promotion des services de garde à l'enfance, la Fédération des femmes du Québec, l'Association nationale Femmes et Droit, l'Institut canadien de recherches sur les femmes et la Coalition spéciale pour l'égalité des femmes.

Encore une fois, l'AFPC se montre solidaire des organismes qui ont été durement touchés par la décision du premier ministre Harper d'abolir le financement fédéral accordé à la recherche et à la promotion des droits des femmes. Lors de la dernière rencontre du G8, Harper s'est engagé officiellement à combattre la mortalité maternelle à l'échelle mondiale. Mais à l'échelle nationale, il n'a pratiquement rien fait pour aider les femmes.

Le gouvernement Harper s'est acharné contre les droits des femmes au Canada. Notre syndicat est fier de soutenir des organismes qui revendiquent la justice et l'égalité pour les femmes au Canada et à l'étranger.



Le registre des armes à feu est la cible d'attaques

Par une ironie amère, le Parlement a voté sur un projet de loi visant à éliminer le registre des armes à feu au moment même où les militantes et les militants de l'AFPC s'apprêtaient à commémorer le 20e anniversaire du massacre à l'École Polytechnique.

Le projet de loi d'initiative parlementaire C-391, parrainé par la députée conservatrice Candice Hoeppner, est le dernier d'une longue liste d'efforts de la droite pour abolir le registre des armes à feu au Canada. Le système d'enregistrement des carabines et fusils de chasse et les quelque huit millions de dossiers inscrits au registre des armes à feu sont dans la ligne de tir. Si le projet de loi est adopté, il sera impossible de retrouver les armes d'épaule.

Le Registre canadien des armes à feu permet aux policiers de vérifier s'il y a des armes à feu dans les lieux où ils doivent intervenir. On consulte le registre environ 10 000 fois chaque jour. Le service est essentiel en cas de violence familiale lorsque la présence d'un fusil au domicile peut radicalement augmenter le risque de danger pour les femmes et les enfants. Depuis que le registre a été établi en 1995, le nombre d'homicides conjugaux commis avec une arme à feu a chuté de moitié au Canada.

Malgré la prorogation du Parlement, la menace du projet de loi C-391 est toujours omniprésente. Le 4 novembre 2009, le projet de loi a été adopté en deuxième lecture par 27 voix et a été renvoyé au Comité permanent de la sécurité publique et nationale. Le caucus conservateur ainsi qu'une poignée de députés néodémocrates et libéraux l'ont appuyé. La prorogation n'empêche pas les projets d'initiative parlementaire de suivre leur cours, ce qui signifie que le projet de loi C-391 sera discuté en comité comme prévu lorsque le Parlement reprendra ses travaux en mars.

Les militantes et les militants de l'AFPC – particulièrement dans la région de l'Atlantique et au Québec – luttent avec acharnement pour défendre le registre des armes à feu et empêcher l'adoption du projet de loi parrainé par Candice Hoeppner. Comme le soulignait la campagne de cartes postales du Congrès du travail du Canada, le 6 décembre marquait le 20e anniversaire de l'assassinat de 14 jeunes femmes à Montréal. Mais la commémoration ne suffit pas. C'est maintenant le moment d'agir avant de perdre un important outil qui garde nos collectivités à l'abri de la violence associée aux armes à feu.

Visitez psac-afpc.org pour signer la pétition à l'appui du registre des armes à feu.



À la défense de l'égalité des femmes

La Commission de la condition de la femme des Nations Unies se réunira ce mois-ci à New York. Elle examinera la mise en oeuvre des engagements pris par le Canada et d'autres pays à la Conférence mondiale des femmes tenue à Beijing en 1995.

L'AFPC se rendra à New York pour dire au monde entier comment le Canada a trahi ses engagements envers les femmes de ce pays. Nous allons collaborer en solidarité avec les groupes de femmes et les militantes et les militants syndicaux de partout dans le monde pour revendiquer un plus grand respect des droits à l'égalité des femmes.

Voici comment vous pouvez aider :

  • Dites à vos amies et amis, aux membres de votre famille et à vos voisins que le gouvernement Harper ne cesse d'attaquer les droits des femmes.
  • Collaborez avec votre Comité régional des femmes pour aider à soulever ces questions dans votre lieu de travail et votre collectivité.
  • Écrivez à votre députée ou député et demandez-lui une rencontre.
  • Écrivez à la rédaction de votre journal local et participez à des tribunes radiophoniques.
  • Lorsqu'une élection fédérale est déclenchée, demandez aux candidates et aux candidats d'aborder ces questions.

Visitez psac-afpc.org pour vous joindre à la lutte pour les droits des femmes.


Date de modification : 2010/10/19



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