Parlons syndicat
Pleins feux sur l'équité en matière d'emploi – Septembre 2010
- Pleins feux sur l'équité en matière d'emploi
- Ce que vous devez savoir sur l'équité en matière d'emploi
- Un rapport du Sénat blâme le gouvernement fédéral pour son inaction dans le dossier de l'équité en matière d'emploi
- Le rapport de la juge Abella est toujours d'actualité
- Ce que vous pouvez faire pour appuyer l'équité en matière d'emploi
- Victoire! La campagne de l'AFPC contre les compressions budgétaires porte fruit
Pleins feux sur l'équité en matière d'emploi
Le gouvernement Harper porte atteinte à l'égalité en milieu de travail
En l'espace de deux semaines seulement, en juillet dernier, le gouvernement Harper a éliminé le long formulaire du recensement et lancé une attaque en règle contre l'équité en matière d'emploi au sein de la fonction publique fédérale.
C'est une plainte du ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Jason Kenney, qui a incité le président du Conseil du Trésor, Stockwell Day, à ordonner un examen des pratiques d'embauche au gouvernement fédéral. Ce faisant, M. Day a contribué à entretenir des mythes et des mensonges concernant l'équité en matière d'emploi.
Les journalistes et les défenseurs des droits de la personne s'entendent pour dire que cette attaque n'était qu'un coup d'éclat sans substance. Jason Kenney et Stockwell Day ignorent les faits entourant l'équité en matière d'emploi et refusent de se pencher sérieusement sur le manque de diversité au sein de la fonction publique fédérale.
« Le gouvernement Harper vient renforcer l'idée erronée que l'équité en matière d'emploi est incompatible avec le principe de l'égalité des chances, a déclaré Patty Ducharme, vice-présidente exécutive nationale de l'AFPC. Au contraire, l'équité en matière d'emploi garantit que l'embauche se fait selon le mérite, tout en cherchant à assurer une main-d'oeuvre diversifiée et représentative de la société canadienne. »
Aux termes de la Loi sur l'équité en matière d'emploi et de la Loi sur l'emploi dans la fonction publique, la dotation doit être faite au mérite. La législation sur l'équité en matière d'emploi reconnaît que certains groupes se heurtent à des obstacles en matière d'emploi, non en raison de leur mérite, mais plutôt de la discrimination, qu'elle soit intentionnelle ou non, qui perdure dans notre société.
Peu après l'annonce du gouvernement, le président de l'AFPC, John Gordon, a envoyé une lettre à Stockwell Day pour exprimer les inquiétudes du syndicat en ce qui a trait aux actions du gouvernement. Il a rappelé à M. Day qu'un examen des politiques et pratiques liées à l'équité en matière d'emploi ne peut se faire en vase clos. Ce processus doit être ouvert et transparent, et prévoir la participation des syndicats des employés de la fonction publique.
La demande d'un examen de la législation fédérale sur l'équité en matière d'emploi découle du rapport d'un Comité sénatorial permanent des droits de la personne, intitulé Refléter le nouveau visage du Canada : l'équité en emploi dans la fonction publique, qui a confirmé que le gouvernement fédéral était encore loin d'avoir une main-d'oeuvre représentative de la société canadienne.
En plus de demander à des hauts fonctionnaires de veiller à ce qu'une véritable consultation ait lieu au sujet de l'équité en matière d'emploi, l'AFPC a appuyé une lettre ouverte adressée au premier ministre Stephen Harper concernant l'attaque récente portée à l'équité en matière d'emploi. La lettre a été signée par plusieurs personnes et organisations communautaires.
« Cette attaque portée à l'équité en matière d'emploi perpétue une tendance inquiétante, a déclaré le président Gordon. Elle fait suite à d'autres décisions portant atteinte aux droits de la personne, notamment en ce qui concerne l'élimination du financement accordé aux organismes de défense des droits de la personne et à Condition féminine Canada, ainsi qu'à d'autres attaques menées contre l'équité salariale dans le secteur public fédéral. »
Pour signer la lettre d'appui à l'équité en matière d'emploi, consultez le site http://equityaction.ca/?page_id=81
Ce que vous devez savoir sur l'équité en matière d'emploi
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L'équité en matière d'emploi garantit l'égalité des chances au travail.
Toute personne mérite une chance égale de poser sa candidature à des postes et de progresser dans sa carrière. L'équité en matière d'emploi favorise l'égalité des chances en garantissant que les pratiques en matière d'emploi, notamment celles relatives à l'embauche et aux promotions, ne sont pas influencées par du favoritisme, des préférences ou des préjugés. Les compétences et les capacités de toutes les personnes devraient être reconnues. L'équité en matière d'emploi permet à toute personne d'avoir accès à des occasions d'emploi − et non seulement à ceux et celles qui ressemblent au patron et partagent ses opinions.
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L'équité en matière d'emploi rend les milieux de travail représentatifs de la population qui reçoit les services.
L'an dernier, les travailleuses et travailleurs racialisés représentaient moins de 10 pour cent des effectifs fédéraux, contre plus de 15 pour cent de la population active. Selon les prévisions, un Canadien sur cinq sera une personne racialisée en 2017. Si le gouvernement fédéral entend mieux servir les Canadiens et Canadiennes, il doit se doter d'une main-d'oeuvre représentative de la population.
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L'équité en matière d'emploi élimine les désavantages systémiques.
La discrimination n'est pas toujours directe et flagrante; elle est parfois ancrée dans nos systèmes, nos pratiques et nos politiques. Les gens ont une tendance naturelle à se lier d'amitié ou à embaucher des gens qui leur ressemblent et qui pensent comme eux. L'équité en matière d'emploi propose une méthode proactive pour éliminer la discrimination systémique au travail grâce au recrutement de membres de groupes traditionnellement sousreprésentés.
Les « groupes désignés » en vertu de la Loi sur l'équité en matière d'emploi sont les suivants : les femmes, les Autochtones, les membres des minorités visibles (groupes racialisés) et les personnes ayant un handicap. Depuis toujours, ces groupes ont été désavantagés et ils continuent de se buter à des niveaux disproportionnés de chômage et de sous-emploi ainsi qu'à différents obstacles à une participation entière au travail.
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L'équité en matière d'emploi n'exige pas que les employeurs fixent des quotas.
L'équité en matière d'emploi n'exige pas que les employeurs fixent des quotas d'embauche. Elle leur demande d'analyser leurs effectifs et d'établir leurs propres objectifs d'embauche, en tenant compte de la composition de leur milieu de travail comparativement à celle de la population en général. Cela leur permet de prendre des mesures pour rendre leur milieu de travail représentatif et équitable avec le temps.
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L'équité en matière d'emploi permet de créer une société juste.
L'équité en matière d'emploi est une condition essentielle à la création d'une société juste. Nous savons que la discrimination existe et que les femmes, les Autochtones, les personnes racialisées et celles handicapées continuent de se heurter à des obstacles, lesquels ne pourront être éliminés sans une intervention planifiée.
Comme l'a dit la juge Rosalie Abella : « De deux choses l'une : ou bien on planifie la suppression des obstacles, ou bien on attend indéfiniment qu'ils disparaissent, ce qui veut dire qu'entre-temps, on tolère la discrimination et les préjugés. Ce sont les gestes que nous posons pour mettre fin aux injustices qui témoignent de notre engagement envers l'égalité. »
Un rapport du Sénat blâme le gouvernement fédéral pour son inaction dans le dossier de l'équité en matière d'emploi
Le 15 juin 2010, le Comité sénatorial permanent des droits de la personne a rendu public son deuxième rapport sur l'équité en emploi dans la fonction publique fédérale, intitulé Refléter le nouveau visage du Canada.
Dans ce rapport, le Comité constate qu'il y a encore beaucoup de chemin à parcourir en matière d'équité en emploi à la fonction publique fédérale. Aussi demande-t-il au gouvernement de mettre en oeuvre dès maintenant des mesures concrètes en la matière.
« Le Comité l'a dit clairement : il est inconcevable qu'en 2010 l'équité en emploi ne soit toujours pas une réalité à la fonction publique fédérale », déclare John Gordon.
L'AFPC partage bon nombre des préoccupations qu'a soulevées le Comité et a pu lui exposer ses vues sur le sujet à deux reprises.
Selon le rapport :
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L'écart continue de se creuser en ce qui concerne la représentation des personnes racialisées, même si « la représentation des minorités visibles parmi les candidats à l'emploi dans la fonction publique représentait plus du double de leur disponibilité dans la population active et que… de tous les demandeurs d'emploi, les personnes appartenant à une minorité visible étaient les plus instruites ».
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Les femmes demeurent sous-représentées au sein des postes de direction et sont encore surreprésentées dans les postes pour une durée déterminée.
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Les Autochtones sont concentrés dans certains ministères et ne sont donc pas représentés équitablement dans l'ensemble de la fonction publique fédérale.
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Le taux de recrutement de personnes handicapées demeure en deçà de leur représentation dans la population active.
Le Comité estime que ces problèmes sont causés, entre autres, par le recours excessif aux emplois occasionnels et d'une durée déterminée, par la non-reconnaissance des titres de compétence étrangers et de l'expérience acquise, et par le fait que les gestionnaires ne sont pas tenus de rendre des comptes lorsque les objectifs d'équité en matière d'emploi ne sont pas atteints.
Le rapport du Comité renferme 13 recommandations portant notamment sur des stratégies de dotation, de meilleures mesures de reddition de comptes et une hausse du financement « pour permettre à tous les ministères et organismes publics fédéraux d'atteindre leurs objectifs d'équité en emploi ».
L'AFPC demande au gouvernement fédéral de mettre en oeuvre sans tarder les recommandations du Comité sénatorial et a soulevé ce point dans le cadre de réunions avec le Conseil du Trésor et la Commission de la fonction publique.
Le rapport de la juge Abella est toujours d'actualité
En 1984, la juge Rosalie Abella a présidé une Commission royale sur l'égalité en matière d'emploi. Après avoir entendu le témoignage de 1 000 Canadiennes et Canadiens sur les problèmes qu'ils éprouvent au travail, elle a publié un rapport duquel est issue l'expression « équité en matière d'emploi » et qui a servi de fondement à la Loi sur l'équité en matière d'emploi.
Plus de 25 ans après la publication du rapport de la juge Abella, ses propos reflètent toujours la réalité et demeurent le meilleur plaidoyer pour défendre l'équité en matière d'emploi :
« L'égalité peut parfois signifier traiter tous les individus de la même façon, malgré les différences qui les caractérisent, mais elle peut également signifier les traiter en égaux en tenant compte de leurs différences. […] Ne pas vouloir reconnaître les différences et refuser de les accommoder nie I'égalité d'accès et des chances, et constitue un comportement discriminatoire.
Ce n'est pas que les membres des groupes désignés ne sont pas intrinsèquement capables de parvenir à l'égalité par leurs propres moyens, mais que les obstacles sociaux et autres qui entravent leur route sont si considérables et si ancrés qu'il est impossible de les surmonter sans une intervention.
L'égalité en matière d'emploi ne deviendra réalité que si nous mettons tout en oeuvre pour y parvenir.
Améliorer la situation économique des femmes et des minorités n'est pas un privilège ou un avantage qu'on leur accorde, c'est plutôt la suppression des préjugés qui jouent en faveur des hommes de race blanche et qui ont eu cours trop longtemps aux dépens des autres groupes.
Pour assurer I'égalité, il faut bien s'armer. II ne suffit pas de vouloir revendiquer les mêmes droits à moins de disposer des moyens de les faire respecter. »
Ce que vous pouvez faire pour appuyer l'équité en matière d'emploi
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Demandez à votre employeur une copie du plan d'équité en matière d'emploi de votre lieu de travail et renseignez-vous au sujet des mesures qu'il a prises pour atteindre les objectifs de ce plan.
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Parlez avec vos collègues de l'objectif de l'équité en matière d'emploi et des raisons pour lesquelles sa réalisation est nécessaire.
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Demandez à votre représentant syndical quel genre de consultation effectue l'employeur et s'il existe un comité d'équité en matière d'emploi dans votre milieu de travail. Si vous appartenez à un groupe désigné, informez-vous de la façon dont vous pouvez participer.
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Parlez à vos parents et amis ainsi qu'aux membres de votre collectivité de la façon dont l'équité en matière d'emploi rend les milieux de travail plus équitables et contribuent à créer une société juste.
Victoire! La campagne de l'AFPC contre les compressions budgétaires porte fruit
Grâce aux pressions et à la résistance des membres de l'AFPC, non seulement le traitement des demandes de citoyenneté se poursuivra, mais il sera également plus rapide. Ainsi, les demandeurs n'auront plus à attendre anxieusement et pendant de longs mois, voire des années, avant d'obtenir une réponse.
En effet, le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada (CIC) vient d'annoncer qu'il embauchera jusqu'à 160 employés nommés pour une durée déterminée. Ces personnes traiteront les arriérés quant aux demandes d'immigration, de cartes de résidence permanente et d'admission au programme des travailleurs immigrants qualifiés acheminées au centre de traitement de Sydney, en Nouvelle-Écosse.
Cette mesure a entraîné des délais plus longs dans le traitement des demandes de citoyenneté. De plus, les demandes d'admission au programme des travailleurs qualifiés comportaient déjà une attente de sept ans.
La combinaison des pressions exercées par les membres de l'AFPC et la charge de travail écrasante au CIC de Sydney a forcé le gouvernement à modifier ses plans. Par conséquent, l'embauche de ces 160 nouveaux employés temporaires contribuera à réduire le temps d'attente pour les Néo-Canadiens et à faciliter leur intégration au sein de la société canadienne.
« Les gens qui immigrent au Canada, les nouveaux citoyens et la population canadienne en général devraient avoir droit à un service rapide de la part du gouvernement », a déclaré Jeannette Meunier-McKay, présidente du Syndicat de l'emploi et de l'immigration du Canada (SEIC).
Le traitement des demandes de citoyenneté est un important service public offert par les membres du SEIC, un Élément de l'Alliance de la Fonction publique du Canada.
« Cette victoire prouve bien que l'action politique peut changer les choses, a déclaré John Gordon, président national de l'AFPC. Nous continuerons à revendiquer des postes permanents pour les travailleuses et travailleurs du CIC afin qu'ils continuent de servir adéquatement les demandeurs de citoyenneté et tous les Canadiens et Canadiennes. »
Date de modification : 2010/10/19







