Le Rassembleur

Dans ce numéro :

Le stress au travail vous rend dingue?

Avec toute l'attention que les médias ont consacrée récemment aux liens entre le stress en milieu de travail, la santé mentale et l'invalidité, on comprend pourquoi les fonctionnaires se demandent si leur travail ne les rend pas malades.

En juin dernier, le champion de la santé mentale au travail, Bill Wilkerson, a déclaré que le secteur public est « un lieu de travail toxique ». Cofondateur de la Global Business and Economic Roundtable on Addiction and Mental Health, Wilkerson a consacré la dernière décennie à sonner l'alarme au sujet des coûts sociaux et financiers astronomiques de la maladie mentale.

Pour Wilkerson, le stress professionnel peut mener tout le monde, depuis les médecins et le personnel infirmier jusqu'aux fonctionnaires subalternes, à l'épuisement professionnel, à la dépression et à l'invalidité.

« Les absences, les taux d'invalidité et la maladie observés dans les organisations du secteur public appellent une évaluation nationale de ce qui entraîne un tel niveau de détresse en milieu de travail » [traduction], a déclaré Wilkerson au Ottawa Citizen.

Pour ne pas être en reste, deux semaines après la parution de l'article du Citizen, le Globe & Mail publiait à la une un article sur les « malades du travail », centré sur une ancienne employée du Musée des beaux-arts du Canada aux prises avec une grave dépression après avoir perdu son emploi par suite d'une restructuration des effectifs.

L'économie fondée sur la connaissance

Dans l'article du Globe, Wilkerson semonce les employeurs qui ne prennent pas de mesures d'accommodement adéquates pour les travailleuses et travailleurs qui tentent de se sortir de leur maladie mentale. « Dans notre économie fondée sur la connaissance, c'est le cerveau qui fait tout le travail… il est essentiel, pour notre économie et notre qualité de vie, de s'attaquer à cette question sur le lieu de travail » [traduction], a indiqué Wilkerson.

Les chiffres sont alarmants :

  • La dépression est la principale cause d'invalidité partout dans le monde.

  • 40 % des demandes de prestations d'invalidité (de courte durée et prolongée) sont associées à la santé mentale.

  • Chaque jour, 500 000 travailleuses et travailleurs canadiens s'absentent du travail en raison de problèmes en lien avec la santé mentale.

  • Pour les employeurs, les coûts annuels de ce type de congé de courte durée dépassent les 9 milliards de dollars.

  • La maladie mentale représente, pour l'économie canadienne, des coûts annuels d'environ 51 milliards de dollars.

Ces chiffres montrent que les travailleuses et travailleurs du Canada ne sont pas à l'abri du stress professionnel et de la maladie mentale. Toutefois, tant les rapports isolés que les sondages annuels auprès des fonctionnaires fédéraux révèlent que ces problèmes sont particulièrement notables dans le cas des travailleuses et travailleurs du secteur public.

Le Conseil national mixte (CNM), qui supervise la gestion du régime d'assuranceinvalidité dont bénéficient la plupart des membres de l'AFPC, souligne que « la dépression ou l'anxiété » était citée dans près de 50 % des demandes de prestations d'invalidité présentées entre 2002 et 2006. Dans son rapport annuel de 2004, le CNM indique que les « troubles psychologiques » constituaient la principale cause d'invalidité invoquée dans les demandes des 13 années précédentes.

Le stress au travail

Devant ces statistiques décourageantes, comment ne pas s'interroger sur les conditions de travail dans le secteur public fédéral et leur influence sur la hausse des demandes de prestations d'invalidité en lien avec la santé mentale. Les problèmes que soulèvent la surcharge de travail, l'incapacité de concilier adéquatement le travail et la vie personnelle, une mauvaise organisation du travail et l'anxiété associée à l'insécurité d'emploi empoisonnent l'existence.

Les résultats du sondage de 2005 auprès des fonctionnaires fédéraux appuient cette interprétation. Seulement 26 % des répondantes et répondants ont indiqué qu'ils réussissent à équilibrer leurs besoins personnels, familiaux et professionnels dans leur poste actuel. Ils ont aussi fait état des difficultés qu'ils éprouvent au travail. Si 36 % des fonctionnaires ont signalé avoir « parfois » un mot à dire quant aux décisions qui influent sur leur travail, 22 % ont affirmé avoir rarement eu voix au chapitre, sinon jamais.

Il semble que la rétroaction des superviseurs soit une denrée plutôt rare, ce qui n'a rien d'étonnant puisque 31 % des répondantes et répondants ont indiqué avoir eu trois superviseurs différents dans les trois années précédentes.

Le nombre de personnes ayant signalé que les changements constants de priorités, l'instabilité de l'organisation, les délais déraisonnables et la réduction des ressources influaient de façon négative sur le travail est alarmant. Ainsi, les répondantes et répondants ont indiqué que le manque de ressources nuisait à leur travail dans les proportions suivantes : toujours, 17 %; souvent, 26 %; parfois, 30 %.

Un avenir incertain

Les fonctionnaires ont sans doute eu le sentiment d'être particulièrement coincés à compter des années 1990, soit depuis que le gouvernement fédéral a procédé à une réduction marquée de ses effectifs et à des milliers de mises à pied. Ceux qui ont réussi à conserver leur emploi ont dû assumer une charge de travail déraisonnable en raison du manque de personnel.

Les travailleuses et travailleurs du secteur public continuent de s'inquiéter, à juste titre, d'autres mises à pied éventuelles. Le courriel et les dispositifs sans fil comme le BlackBerry ont accru sans cesse les attentes quant à la disponibilité et au temps de réponse ou d'exécution de bon nombre de travailleuses et travailleurs.

Le stress, l'épuisement professionnel et la dépression

De toute évidence, de telles conditions de travail risquent de générer un stress qui, s'il devient chronique, peut mener à la maladie. De l'avis de Wilkerson, à mesure que la maladie progresse, tout devient urgent. Soumis constamment à des niveaux de stress aussi élevés, les travailleuses et travailleurs peuvent se sentir « vidés » et plus rien n'a d'importance. Là aussi, la dépression risque de se manifester, de même que de nombreux problèmes physiques de santé susceptibles d'accabler un système immunitaire déjà affaibli par le stress. Et comme si ce n'était pas assez, la discrimination associée à la maladie mentale aggrave le problème et rend le rétablissement encore plus difficile.

De toute évidence, les employeurs, les syndicats et le public canadien dans son ensemble doivent faire leur part pour combattre les préjugés en matière de santé mentale. Nous devons travailler plus fort et prendre des mesures d'accommodement facilitant le retour au travail des personnes qui ont une maladie mentale. Nous devons aussi élaborer, pour le lieu de travail, des politiques qui aident les gens à mieux gérer leur stress professionnel.


Haut de page

Un message du président national

Le gouvernement minoritaire de Stephen Harper doit maintenant travailler pour les Canadiennes et les Canadiens, et non à des fins électoralistes

La population canadienne vient tout juste de débourser environ 300 millions de dollars pour donner au gouvernement Harper 19 sièges de plus que la dernière fois, sans toutefois lui concéder la majorité qu'il aurait tant souhaitée. Le premier ministre prétend que les électeurs ont renforcé le mandat des conservateurs. Or, en réalité, plus de 60 % des personnes qui ont voté leur ont préféré un autre parti.

Faut-il croire Stephen Harper lorsqu'il a déclaré, le soir des élections, qu'il créerait un gouvernement réceptif, intégrateur et redevable au Parlement?

Au cours de leurs deux années et demie de pouvoir, les conservateurs ont dirigé le pays en partant du principe que le gouvernement ne devrait pas s'imposer dans la vie des Canadiennes et des Canadiens. On a vu un gouvernement prêt à sacrifier la salubrité des aliments et à compromettre l'égalité des femmes. On a vu un gouvernement se réjouir d'alléger le fardeau fiscal des entreprises, tout en fermant les yeux sur la disparition croissante d'emplois bien rémunérés. On a vu un gouvernement obsédé par l'idée de tenir le Parlement et la population à l'écart de ses décisions.

Dès l'ouverture de la 40e session parlementaire, l'AFPC poursuivra sa lutte pour défendre des services publics de qualité si nécessaires aux Canadiens. L'épidémie de listériose illustre bien les conséquences désastreuses qu'entraîne un relâchement de notre système de réglementation. Qu'il s'agisse d'assurer la salubrité des aliments, d'empêcher la privatisation des postes et la vente de biens publics, ou encore de protéger l'environnement, notre syndicat sera présent.

Il y a des défis économiques à surmonter, tant ici qu'ailleurs dans le monde. Nous ne laisserons pas le gouvernement conservateur essayer de résoudre les problèmes économiques sur le dos des membres de l'AFPC et au détriment des services publics essentiels. Nous continuerons notre lutte pour obtenir des conventions collectives justes et mettre fin à la privatisation et à la sous-traitance des services publics.

Souhaitons que le premier ministre est sincère lorsqu'il affirme vouloir éviter toute partisanerie. Le Parlement doit travailler pour le bien de la population, et non pour gagner une autre élection. Notre syndicat et nos membres tiendront le nouveau Parlement responsable de ses gestes.

En toute solidarité, le président national, John Gordon


Haut de page

Bourses d'études de l'AFPC

Félicitations aux lauréates et lauréats 2008 :

Kaytlyn Dion-Hosie Bourse d'études nationale AFPC-Groulx de 4 000 $ Kaytlyn habite la région de la capitale nationale. Ses parents sont Francyne Dion de la section locale 70713 et William Gibson de la section locale 70023 du SSG.

Leith Perron Bourse d'études nationale AFPC-Coughlin de 4 000 $ Leith vient de Sarnia, en Ontario. Son père, Yvon Perron, est membre de la succursale 00019 de la CEUDA.

Kristen Woodford Bourse d'études nationale AFPC-Groulx de 3 000 $ Kristen demeure à Glace Bay, en Nouvelle-Écosse et son père, Greg Woodford, fait partie de la section locale 80226 du SEIC.

Catherine Comeau Bourse d'études nationale AFPC-Groulx de 3 000 $ Catherine vit à Montréal. Elle est la fille de François Comeau de la section locale 10527 de l'UEDN.

Jeff La Porte Bourse d'études nationale AFPC-Coughlin de 3 000 $ Jeff vient de Windsor, en Ontario. Son père, William, est membre de la section locale 00018 de l'UCET.

David Burgess Bourse d'études nationale AFPC-Coughlin de 3 000 $ David habite Victoria, en Colombie-Britannique. Il étudie la médecine à Cork, en Irlande. Son père, Samuel Burgess, fait partie de la section locale 20018 du SESG.

Preeya Grewel Bourse d'études nationale J. R. (Joe) Power de 2 000 $ Preeya vit à Richmond, en Colombie-Britannique. Elle est la fille de Sunit Grewal de la section locale 20027 du SEI.

Johanne Jonathas Bourse d'études nationale de l'AFPC de 1 000 $ Johanne est membre de la section locale 30070 du Syndicat des employées et employés nationaux et demeure à Edmonton, en Alberta.

Charline Landry Bourse d'études régionale de l'Atlantique de 1 000 $ Charline est membre de la section locale 90001 du SEAC et elle habite Charlottetown, à l'Î.-P.-É.

Milèna St-Martin Bourse d'études régionale de Québec de 1 000 $ Milèna vient de Québec et son père, Guy St-Martin, est membre de la section locale 10504 de l'UEDN.

Konrad Pola Bourse d'études régionale de la région de la capitale nationale de 1 000 $ Konrad, de la région de la capitale nationale, est le fils de Bozena Pola membre de la section locale 70101 du Syndicat des employées et employés nationaux.

Jeffrey Morgan Bourse d'études régionale de l'Ontario de 1 000 $ Jeffrey vit à Waterdown, en Ontario. Il est le fils de France Morgan de la section locale 00014 du SEI.

Stacy Bennett Bourse d'études régionale des Prairies de 1 000 $ Stacy vient de Moose Jaw, en Saskatchewan. Sa mère, Della Bennett, est membre de la section locale 40802 de l'UEDN.

Jaclyn Johnston Bourse d'études régionale de la C.-B. de 1 000 $ Jaclyn, qui habite Surrey, en Colombie-Britannique, est la fille de Kathleen Johnston de la section locale 20949 du SEIC.

Rebecca Thompson Bourse d'études régionale du Nord de 1 000 $ Rebecca est membre de la section locale X006 du STN à Hay River, dans les Territoires du Nord-Ouest.

L'information concernant les bourses d'études accordées en 2009, y compris la question de la dissertation, sera affichée au www.psac-afpc.com au début de la nouvelle année.


Haut de page

À la défense des droits des peuples autochtones

Pleins feux sur les enjeux des Premières nations, des Inuits et des Métis lors de la Conférence nationale des Peuples autochtones de l'AFPC

L'énergie et l'excitation étaient palpables au moment de l'inauguration de la Conférence nationale des peuples autochtones de l'AFPC, qui s'est tenue à Winnipeg du 19 au 21 septembre. Plus d'une centaine de travailleuses et travailleurs des Premières nations, des Inuits et des Métis se sont réunis pour parler des moyens d'améliorer leurs milieux de travail et leurs localités. Toutes et tous se sont montrés déterminés à faire en sorte que le problème de la pauvreté des peuples autochtones ne soit pas relégué à l'arrière-plan des programmes politiques, particulièrement en cette période électorale.

Les membres de l'AFPC viennent de tous les horizons, comme en ont été la preuve les personnes déléguées à la Conférence. Des membres des Premières nations, de groupes inuits et métis de toutes les provinces et de tous les territoires étaient au rendez-vous : de Hall Beach au Nunavut, de Happy Valley- Goose Bay au Labrador et de l'île de Vancouver en Colombie-Britannique, pour ne donner que quelques exemples. Femmes et hommes sont venus animés du désir de faire de l'AFPC un syndicat représentatif des peuples autochtones et réceptif à leurs besoins.

La syndicalisation : un succès

S'adressant aux personnes déléguées, le président national de l'AFPC, John Gordon, a souligné que l'AFPC avait réussi à percer dans les milieux de travail autochtones. En effet, l'AFPC compte maintenant à son actif près de 100 unités de négociation qui représentent des travailleuses et travailleurs autochtones, soit l'équivalent de 30 % de toutes ses unités de négociation.

« Dans le Nord, nous sommes le syndicat de choix, comme en témoignent les 81 unités de négociation qui regroupent des membres travaillant pour des hameaux, des associations d'habitation, les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, a précisé Gordon. Nous sommes fiers des progrès que nous accomplissons dans le cadre des négociations menées pour le compte de nos membres autochtones, tout comme nous sommes fiers de la qualité des services qu'ils offrent un peu partout au Canada. »

À la défense des services publics de qualité

Le vendredi 19 septembre, les personnes déléguées ont défilé dans les rues de Winnipeg et se sont rendues au bureau de Vic Toews, où elles ont dénoncé l'inaction du gouvernement en ce qui concerne la mauvaise qualité et la dégradation rapide des services publics dans les localités autochtones du Canada.

« Le gouvernement fédéral doit prendre immédiatement des mesures pour résoudre la crise de l'eau et des infrastructures dans les localités des Premières nations, a déclaré Patty Ducharme, vice-présidente exécutive nationale de l'AFPC. Le gouvernement fédéral se doit d'assurer des services de qualité aux Autochtones. Nous voulons savoir si les candidates et candidats aux élections sont prêts à s'engager fermement à défendre les droits des Autochtones. »

La lutte contre la pauvreté

La même journée, dans son allocution aux personnes déléguées, le chef national de l'Assemblée des Premières nations, Phil Fontaine, condamnait l'indifférence quasi totale des partis politiques fédéraux face à la pauvreté des peuples autochtones. D'après le chef national, les excuses présentées le 11 juin dernier par le gouvernement pour les atrocités commises dans les pensionnats indiens ne sont qu'un premier pas. En effet, elles amorcent le travail qu'il faut accomplir en vue de réparer les torts causés aux peuples des Premières nations.

Rhoda Innuksuk, présidente du mouvement Pauktuutit Inuit Women of Canada, a parlé de la force et de la résilience des peuples inuits. À son avis, il est capital de donner aux femmes inuites les moyens d'assumer des rôles de leadership dans leurs communautés et dans la sphère politique.

Pour sa part, Cheryl-Anne Carr, militante métisse, a invité les personnes déléguées à brasser la cage de l'establishment politique en vue de provoquer de sérieux changements. Elle a souligné l'importance du rôle joué par l'AFPC dans la lutte pour les droits des peuples autochtones, déclarant qu'une société ne peut rester saine et pleine de vitalité sans l'apport de mouvements politiques et populaires dynamiques, particulièrement le mouvement syndical.

Les excuses ne suffisent pas

D'un commun accord, les personnes déléguées se sont dites prêtes à exercer des pressions sur le gouvernement fédéral pour qu'il règle la crise de l'eau dans les localités des Premières nations et qu'il enraye la discrimination contre les femmes autochtones dans la Loi sur les Indiens. Des résolutions portant sur ces enjeux ont été adoptées à l'unanimité. De plus, les personnes présentes se sont engagées à promouvoir les services publics de qualité comme élément de réponse à la lutte contre le réchauffement climatique, dont les effets sont dévastateurs dans les localités autochtones du Nord.

L'AFPC a profité de l'occasion pour lancer une campagne de cartes postales qui vise le gouvernement en place. Aux yeux de l'AFPC, les excuses ne suffisent pas et le gouvernement doit prendre les mesures suivantes :

  • Abolir la pauvreté chez les peuples autochtones en commençant par respecter les engagements pris dans l'Accord de Kelowna.

  • Enrayer la crise de l'eau dans les localités des Premières nations.

  • Signer la Déclaration sur les droits des peuples autochtones des Nations Unies.

  • Abandonner l'appel contre Sharon McIvor et mettre fin à la discrimination à l'endroit des femmes des Premières nations et leur famille.

Ce n'est qu'un début

Les personnes déléguées se sont regroupées en cercles de discussion pour échanger des idées et mettre au point des stratégies qui permettraient de faire avancer la cause des droits des Autochtones dans leur région respective. D'ailleurs, le thème de la conférence MAAWANGITEENG : C'est avec nous que ça commence… venait souligner avec à-propos leurs intentions. Les personnes déléguées ont quitté Winnipeg ayant fait le plein d'idées et bien déterminées à s'assurer que les candidates et candidats aux élections fédérales se portent à la défense des droits des Autochtones.


Haut de page

Une proposition risquée

La déréglementation de l'inspection des aliments – une menace dans notre assiette

Si un sujet était inévitable pendant la campagne électorale fédérale, c'était bien la salubrité alimentaire. Vingt personnes sont mortes et de nombreuses autres sont tombées malades par suite de la contamination bactérienne de l'équipement de transformation de la viande à une usine des Aliments Maple Leaf. Le public s'est aussitôt insurgé contre la déréglementation de l'inspection des viandes. Les auteurs de centaines d'articles de journaux et de lettres à l'éditeur voulaient savoir comment la tendance de plus en plus marquée vers l'autosurveillance de l'industrie avait contribué à l'éclosion de listériose.

L'AFPC est restée à l'avant-plan pendant ce débat, faisant ressortir le lien entre les services publics de qualité et la salubrité des aliments. Bob Kingston, président du Syndicat de l'Agriculture, et Patty Ducharme, vice-présidente exécutive nationale de l'AFPC, ont réclamé la démission du ministre de l'Agriculture Gerry Ritz et la mise en place de nouvelles directives plus sévères en matière d'inspection.

Pendant que la poussière retombe sur les promesses électorales, jetons un coup d'oeil sur ce qui a pu causer l'éclosion de listériose, compte tenu, en particulier, de la réélection des conservateurs de Harper. C'est maintenant plus que jamais qu'il faut prendre des mesures pour garantir l'innocuité des aliments que nous mettons dans notre assiette.

Comment tout cela a-t-il commencé?

En 2005, un examen approfondi du système canadien d'assurance de la salubrité des aliments mené par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a révélé l'existence de problèmes majeurs, dont des avis tardifs sur les éclosions de bactéries et l'absence de suivi permettant de prévenir les contaminations à répétition. L'ACIA a alors pressé le gouvernement fédéral de renforcer la capacité du personnel d'inspection de surveiller les installations et de prévenir les éclosions de bactéries.

Peu après l'élection de Stephen Harper au poste de premier ministre du Canada en 2006, les conservateurs ont réduit le financement de l'ACIA et ignoré les recommandations formulées l'année précédente. Ces dernières semaines, bon nombre de critiques ont avancé que Harper avait mis de l'avant un programme de déréglementation dicté par des considérations idéologiques, sacrifiant au passage la santé et la sécurité du public canadien.

Que s'est-il passé?

Le 23 août, l'Agence de la santé publique du Canada a confirmé qu'une usine de transformation des Aliments Maple Leaf, à Toronto, était à l'origine de l'éclosion de Listeria monocytogenes, une bactérie d'origine alimentaire. En octobre, on comptait déjà 20 décès. Le public étant en quête d'explications, le gouvernement a imposé la consigne du silence à la direction de l'ACIA, lui ordonnant de renvoyer toute demande d'information directement au bureau du premier ministre.

Avec pour toile de fond la campagne électorale fédérale, le gouvernement conservateur a eu recours à des dérobades et à des blâmes, et a promis une enquête indépendante limitée – bref, n'importe quoi pour faire taire les critiques concernant sa responsabilité face à l'éclosion mortelle de listériose.

De nombreux indices montrent que le gouvernement fédéral a clairement choisi de laisser l'industrie de la transformation de la viande s'autosurveiller, avec les conséquences désastreuses que nous connaissons, tout en mettant sur la touche les inspectrices et inspecteurs de l'ACIA.

L'examen stratégique

En 2007, l'ACIA a dû se soumettre au processus d'« examen stratégique » du gouvernement Harper – en d'autres termes, elle devait réduire son budget de fonctionnement de 5 %, malgré le fait que l'examen interne mené en 2005 ait révélé l'existence de sérieux problèmes dans le système canadien d'inspection des aliments.

Cette directive a été émise, même si une réduction supplémentaire de 30 % devait être apportée au financement des programmes de salubrité des aliments entre 2006 et 2011. Néanmoins, les coupes ont eu l'effet d'une bonne nouvelle dans le budget fédéral de février 2008, lequel porte à croire, à la page 274, que l'ACIA pouvait se permettre une réduction de 5 % de son budget parce qu'elle « transforme la façon dont elle s'acquitte de son rôle central, en recherchant des moyens plus judicieux de gérer les risques pour la santé humaine et animale ».

Les postes budgétaires — dont certains sont chiffrés — sont éclairants. Par exemple, le gouvernement se vante dans son budget du fait que les 17 millions de dollars que l'ACIA réservait à des achats d'équipement désormais non requis seront réaffectés au « Plan d'action pour assurer la sécurité des produits alimentaires et de consommation ». Par contre, aucune valeur pécuniaire n'est mentionnée en regard de l'année 2008-2009 pour le poste « Mettre à profit l'innovation dans le secteur privé pour améliorer la surveillance ». D'après cet énoncé, il semble évident que les conservateurs étaient prêts à laisser l'industrie s'autosurveiller, dans une vaine tentative de montrer qu'ils ne dilapidaient pas l'argent des contribuables.

La « gestion » du risque

Le Plan d'action précité, dévoilé au début de 2008, proposait des changements législatifs et fondamentaux visant à moderniser le système connexe à l'innocuité des aliments et des produits. Le programme de déréglementation du gouvernement fédéral transparaît dans les objectifs du plan. L'un d'eux indique qu'il sera possible de prévenir les problèmes « en accroissant le pouvoir d'obliger l'industrie à mettre en oeuvre des contrôles de la salubrité des aliments […] ».

Une partie du lien entre les mesures prévues au programme et le Plan d'action a été mise en lumière lorsque Luc Pomerleau, membre du personnel de l'ACIA, est tombé sur un document non protégé du Conseil du Trésor affiché sur un serveur de l'ACIA. Ce document fait état des résultats de l'examen stratégique et des nombreux domaines où des économies de coûts devaient être réalisées. Ce qui a frappé Luc Pomerleau, c'est le passage concernant les économies que le gouvernement entendait réaliser en faisant « moins d'inspections sur place et davantage de surveillance, ce qui permettrait à l'industrie d'adopter des programmes de contrôle de la qualité et de gérer les principaux risques ».

Pomerleau a été congédié après avoir remis le document à son syndicat, l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada. L'AFPC et l'Institut ont demandé conjointement que Pomerleau soit réintégré dans ses fonctions et que le gouvernement rende public tout plan ultérieur de déréglementation.

La pression à la baisse

Il faut se demander d'où vient réellement la pression en faveur de la déréglementation et de l'autosurveillance de l'industrie. Si l'ACIA manquait déjà de ressources sous le gouvernement libéral et que ses effectifs ont été réduits encore davantage avec l'arrivée de Harper au pouvoir, la pression vient-elle de l'extérieur?

Le Conseil des Canadiens soutient que le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité, une entente Canada–États- Unis–Mexique pilotée surtout par le milieu des affaires, influe grandement sur les changements survenus à l'ACIA. Le Conseil a observé une charge systématique en faveur de l'harmonisation de la réglementation, souvent aux dépens de la santé et de la sécurité du public.

Bob Kingston, président du Syndicat de l'Agriculture, fait état d'une tendance similaire. Dans une entrevue accordée récemment, il a indiqué que, ces dernières années, des pressions se sont exercées sur le Canada pour qu'il mette en place un système de contrôle de la qualité reconnu à l'échelle internationale, appelé Analyse des risques et maîtrise des points critiques (HACCP).

Le problème, c'est que le 1er avril 2008, on a demandé aux inspectrices et inspecteurs de vérifier simplement si les installations étaient conformes ou non aux normes HACCP plutôt que d'inspecter sur place les usines de transformation de la viande, ce qui supposait beaucoup plus de paperasserie et beaucoup moins d'inspections directes.

Les inspectrices et inspecteurs des viandes que Kingston représente affirment qu'il n'y a pas assez de personnel, qu'ils sont surchargés et ensevelis sous les modalités administratives. Normalement, selon Kingston, quand les enjeux sont aussi élevés, il y a davantage de chevauchement, ce qui laisse une marge de manoeuvre pour faire face à un changement procédural d'une telle ampleur. Ce ne fut pas le cas ici.

« Des pressions incessantes s'exerçaient sur l'ACIA pour qu'elle se conforme aux échéanciers et trouve les ressources nécessaires. » L'ACIA n'est pas coupable de la situation, selon Kingston. « Si son système fonctionnait adéquatement, ce serait le meilleur de la planète. Malheureusement, l'Agence a dû fonctionner malgré les coupes, avec un budget minime. »

Passons à l'action : la salubrité des aliments que nous consommons en dépend!

Face à l'éclosion de listériose, l'AFPC et le Syndicat de l'Agriculture ont créé le site Web www.securitealimentaire.ca, qui explique les rapports qui existent entre le scandale de la viande contaminée et la déréglementation des programmes d'inspection des viandes. Pendant la campagne électorale, on pouvait envoyer un message aux candidats et candidates leur demandant d'adhérer au plan d'action « SOS Aliments ».

Les élections sont terminées, mais pas notre campagne de mobilisation. Il faut maintenant faire pression sur les nouveaux élus au Parlement. Il faut leur rappeler que le gouvernement a sabré dans les programmes d'inspection des aliments et qu'il se fie davantage à l'industrie alimentaire pour assurer la salubrité des aliments. Les compagnies veulent peut-être s'autodiscipliner en matière de salubrité alimentaire, mais la tragédie de la viande Maple Leaf contaminée est un parfait exemple de ce qui peut arriver.

Pour vous assurer que votre famille et vous-même pouvez compter sur des aliments sécuritaires, envoyez sans tarder un message à votre député ou députée. Demandez-lui de s'engager à défendre le plan d'action « SOS Aliments ».

Si la salubrité des aliments et les services publics vous tiennent à coeur, rendez-vous au www.securitealimentaire dès aujourd'hui.


Haut de page

Pour une justice sans distinction de genre

L'AFPC défend les droits des personnes trans

Imaginez qu'on vous dise que vos vêtements ne conviennent pas à votre sexe. Demandez-vous comment vous vous sentiriez si on vous ridiculisait au travail, si on vous harcelait parce que vous ne cadrez pas avec l'idée qu'on se fait de la masculinité et de la féminité, si vous vous exposiez à des humiliations ou à des gestes violents chaque fois que vous vous rendez aux toilettes.

Ce ne sont là que quelques exemples des situations que vivent quotidiennement les transgenres au travail et dans leur collectivité. Parce que l'AFPC croit qu'il faut défendre les droits humains de tous les travailleurs et travailleuses, elle se bat pour une justice sans distinction de genre.

Au cours de négociations récentes avec le Conseil du Trésor et d'autres employeurs, l'AFPC a demandé d'ajouter l'identité sexuelle et son expression dans les motifs de discrimination illicites. Même si ces dispositions visent spécifiquement à protéger les travailleuses et travailleurs transgenres, elles pourraient aussi s'appliquer à toute personne qui ne cadre pas avec les attentes sociétales de ce qu'est un « homme » ou une « femme ».

Le droit à l'autodéfinition

L'identité sexuelle correspond au sentiment profond qu'a une personne d'être un homme ou une femme ou de se situer quelque part entre les deux. L'expression de l'identité sexuelle désigne la façon dont les gens affichent leur identité sexuelle – leurs vêtements en sont souvent des signes visibles. L'identité sexuelle et l'expression de cette identité sont distinctes de l'orientation sexuelle, qui indique vers qui une personne est érotiquement attirée ou avec qui elle veut avoir des rapports intimes.

Le terme générique transgenre ou « trans » désigne souvent les personnes dont l'identité sexuelle ou son expression ne correspond pas au sexe de naissance. Il englobe toute personne, peu importe son orientation sexuelle, qui ne cadre pas nécessairement avec les normes de genre établies. Les personnes transsexuelles sont celles qui veulent changer physiquement de sexe pour qu'il corresponde à leur identité sexuelle. On dit de ces personnes qu'elles sont « en transition ».

Les problématiques trans sont complexes (demandez à n'importe quelle personne trans – elle sera sans doute d'accord!). Des trans ont adopté les définitions ci-dessus, d'autres non. L'important, c'est de reconnaître le droit à l'auto-identification. Dans notre combat pour faire évoluer les mentalités quant au carcan traditionnel de chaque sexe, nous pouvons nous laisser guider par les grands principes syndicaux.

Le droit aux mêmes droits

Nous croyons que toute personne a droit à la dignité au travail, à un lieu de travail sain et sécuritaire, exempt de harcèlement et de discrimination. Nous croyons en la négociation de salaires et d'avantages sociaux pour tous nos membres. Nous croyons qu'il est légitime d'utiliser notre pouvoir pour renforcer les droits des minorités. Et nous savons comment représenter les travailleuses et travailleurs.

Les trans sont des travailleuses et travailleurs, des syndicalistes, des membres de notre mouvement. Nous savons que quelque chose ne va pas lorsqu'un employeur congédie des gens en se basant sur leurs caractéristiques personnelles, qu'un de nos membres hésite à se présenter au travail par crainte du harcèlement ou de la violence de collègues, que l'employeur refuse à un de nos membres l'accès à des avantages sociaux dont tous les autres jouissent. Nous savons aussi que ça ne va pas lorsqu'un membre est ridiculisé au travail, que l'employeur laisse couler des informations privées qui nous concernent. Et nous savons qu'il y a quelque chose qui cloche quand un de nos membres hésite à demander l'aide du syndicat par crainte d'être rejeté, quand la majorité garde le silence pendant qu'un de ses membres souffre.

Appuyer les droits humains des trans, cela ne veut pas dire négocier des « droits spéciaux ». Les trans ne demandent rien de « spécial » – ils veulent simplement un lieu de travail, des toilettes ou un vestiaire où ils sont en sécurité; ils ont le droit d'être appelés par leur nom, de bénéficier de mesures d'accommodement, d'être désignés selon le sexe qu'ils choisissent. Ce sont des droits que la plupart des gens tiennent pour acquis. Toutefois, dans le cas des membres trans, il faut prendre des mesures particulières pour protéger leurs droits fondamentaux.

Voici des exemples des situations que vivent quotidiennement les trans au travail et dans leur collectivité.

  1. La discrimination et le harcèlement

    Les personnes trans font invariablement l'objet d'une discrimination au travail – promotions refusées, renvois injustifiés, harcèlement, intimidation. Elles sont nombreuses à craindre de se déclarer ouvertement transsexuelles, préférant reporter leur transition ou cacher que celle-ci a eu lieu. L'ajout de l'identité sexuelle et de l'expression de cette identité dans les motifs de discrimination illicites des conventions collectives est une étape permettant de s'assurer que ce type de harcèlement n'est plus toléré. Cela ouvre aussi la porte à des mesures de sensibilisation encore plus proactives aux droits humains des trans sur le lieu de travail.

  2. L'accès à des toilettes et à des vestiaires appropriés

    Les trans veulent, comme tout le monde, avoir accès à des toilettes où leur sécurité et leur dignité sont protégées. Il incombe à l'employeur de leur fournir des installations sanitaires sécuritaires pendant et après la transition. La personne en transition a le droit d'utiliser les toilettes correspondant au sexe dans lequel elle vit, qu'elle ait ou non demandé ou subi les chirurgies connexes. Selon Courtney Sharp, une militante trans, « les employeurs qui veulent trouver des solutions finissent par en trouver. Ceux qui ne veulent pas [… ont tendance] à se servir du problème comme excuse pour congédier l'employé ».

    La personne en transition pourrait souhaiter avoir accès, sur une base temporaire ou permanente, à une toilette privée (verrouillable) pour garantir sa sécurité et sa dignité. L'employeur doit accéder à cette demande. L'employeur et le syndicat doivent indiquer clairement à tous les employés et employées que les trans ont le droit d'utiliser les installations sanitaires qui correspondent à leur identité sexuelle et que la collaboration de tout le monde est souhaitée.

  3. Le droit à la vie privée

    Les travailleuses et travailleurs trans ont droit à leur vie privée. Parler de la situation ou des antécédents d'une ou d'un trans sans son consentement explicite constitue une violation de la vie privée. Il est entendu que le fait de divulguer la situation d'une ou d'un trans est une forme de harcèlement qui compromet la sécurité physique et émotionnelle de cette personne.

  4. Une couverture d'assurance pour les soins médicaux requis

    De nombreuses personnes transsexuelles et transgenres font toujours face à la discrimination et n'ont pas accès aux services médicaux dont elles ont besoin, y compris le réassignement sexuel chirurgical (RSC) et la thérapie hormonale. Le financement public du RSC n'est pas garanti dans toutes les provinces. Par exemple, le gouvernement ontarien a mis fin à ce financement en 1988, et il a réintégré récemment le RSC dans le régime provincial de soins de santé.

    Le mouvement syndical peut contribuer à éliminer cette injustice en négociant la couverture des traitements médicaux nécessaires à la transition. Non seulement les personnes trans se font-elles refuser l'accès au système public de soins de santé pour ce qui est des dépenses liées à la transition, mais elles se font aussi refuser, parfois, les prestations d'assurances privées auxquelles d'autres membres ont droit.

Pour défendre les droits humains des trans sur le lieu de travail

  • Mettez fin au harcèlement – ne restez pas les bras croisés devant les blagues offensantes, les insinuations ou le harcèlement.

  • Respectez la façon dont les gens s'autoidentifient. Utilisez le pronom (elle ou il) et le nom que souhaitent les trans. Vous connaissez une ou un trans? Respectez sa vie privée et n'en parlez pas sans sa permission explicite.

  • Écoutez ce que les trans ont à dire et renseignez-vous sur les questions qui les intéressent.

  • Opposez-vous aux politiques d'exclusion qui établissent une distinction à l'égard des trans.

  • Participez aux campagnes provinciales et nationales de défense des droits humains des trans.

  • Reconnaissez que les droits des trans sont des droits humains et des droits de travailleuses et travailleurs. Faites le lien entre l'engagement de votre syndicat envers la justice sociale et la lutte en faveur du mouvement de libération des trans.

  • Demandez à votre comité de négociation de quelle façon le syndicat peut mieux représenter ses membres trans.

– Texte adapté de Transition au travail, Congrès du travail du Canada. Information provenant également de Trans Inclusion Policy Manual for Women's Organizations (Julie Darke et Allison Cope, pour le Women/Trans Dialogue Planning Committee et la Trans Alliance Society, hiver 2002); le Sylvia Rivera Law Project et la Gender Public Advocacy Coalition.

Renseignements supplémentaires :

Le Congrès du travail du Canada vient de publier un nouveau guide intitulé Transition au travail. Vous pouvez le télécharger à partir de l'adresse http://congresdutravail.ca/fr.

Égale Canada, http://www.egale.ca, est une organisation nationale qui défend les droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans-identifiées.

La Trans Alliance Society, http://www.transalliancesociety.org, est une organisation de la Colombie-Britannique qui s'intéresse aux droits des trans.

La Gender Public Advocacy Coalition, http://www.gpac.org, est une organisation des États-Unis qui « veille à ce que les salles de classe, les collectivités et les lieux de travail soient des endroits sécuritaires où toute personne peut apprendre, croître et réussir, qu'elle réponde ou non aux attentes en matière de masculinité et de féminité » [traduction].

Le Sylvia Rivera Law Project, http://www.srlp.org, basé à New York, a pour but de « garantir que chaque personne soit libre de déterminer elle-même son identité sexuelle et l'expression de cette identité, indépendamment de ses revenus ou de son origine ethnique, sans avoir à subir de harcèlement, de discrimination ou de violence ».


Haut de page

Comment rendre vos réunions accessibles à tout le monde

Lorsque vous planifiez une réunion de travail ou encore une rencontre syndicale ou communautaire, certaines mesures s'imposent si vous voulez attirer un groupe diversifié de gens et faciliter leur participation.

Questions à envisager avant l'étape de planification

  1. Par quel moyen pouvez-vous vous assurer que toutes les personnes présentes auront voix au chapitre?

  2. Comment allez-vous mettre en lumière les rapports de pouvoir dans les questions que vous posez?

  3. À quels processus pouvez-vous avoir recours pour faire naître un sentiment d'appartenance communautaire et de solidarité?

Quelques conseils à suivre

  • Vérifiez que la salle de réunion est accessible aux personnes en fauteuil roulant, qu'elle est dotée d'un éclairage naturel et de fauteuils confortables, qu'il n'y a pas de bruits dérangeants et que les toilettes sont situées tout près.

  • Assurez-vous que votre matériel correspond aux capacités de lecture et d'écriture du groupe et que vos éléments visuels représentent divers types de gens.

  • Instaurez un climat accueillant en commençant par des présentations ou des activités « brise-glace » pour que les gens puissent mieux se connaître.

  • Mettez de la nourriture à la disposition des gens. Cela crée un sentiment d'appartenance à un groupe et met les gens à l'aise. Vérifiez à l'avance si certaines personnes ont des allergies ou des besoins alimentaires particuliers.

  • Offrez un service de garde. Les gens qui ont de jeunes enfants pourront ainsi participer à votre réunion.

  • Tenez vos réunions à des endroits où les places assises sont disposées différemment. Les traditionnelles salles de conférence ou salles de classe ne sont pas toujours inclusives et peuvent créer une division entre le groupe et la personne qui préside ou anime la réunion.

  • Parlez clairement et d'une voix forte.

  • Prévoyez commencer et finir à l'heure.

  • Planifiez des pauses régulières dans le cas de séances plus longues.

  • Ayez recours à différentes formes de discussion pour tenir compte des capacités de lecture et d'écriture, des besoins visuels et auditifs et des types d'apprentissage du groupe. Prévoyez, par exemple, des illustrations, des descriptions orales, des exercices pratiques et des discussions en petits groupes.

  • Demandez aux gens d'éviter, par respect pour les personnes sensibles aux substances chimiques, les parfums et autres produits odorants.

  • Ne faites aucune supposition quant à la structure familiale, au patrimoine culturel, à l'orientation sexuelle ou à l'identité sexuelle des membres du groupe. Pesez vos mots.

  • Utilisez un langage clair et des exemples à la portée du groupe. Évitez les acronymes et les expressions idiomatiques.

  • Incitez les gens à partager leurs expériences personnelles en regard des sujets abordés.

Attendez-vous à des disparités au sein du groupe et atténuez-les

  • Ne croyez pas qu'il soit facile pour tout le monde de prendre la parole devant un grand groupe.

  • Assurez-vous que chaque personne aura l'occasion de s'exprimer.

  • Ayez conscience des obstacles que peuvent constituer, pour chaque personne, les capacités de lecture et d'écriture, la déficience auditive, les limitations physiques, la timidité et la nouveauté du lieu de travail ou du syndicat.

  • Supprimez les obstacles systémiques, comme le racisme, le sexisme, la discrimination de classe, l'âgisme, l'homophobie et la transphobie, qui empêchent les gens de prendre la parole. Lorsque vous indiquez clairement que le harcèlement et la discrimination ne sont pas tolérés, votre réunion devient un endroit sûr où les gens peuvent échanger en toute confiance des idées et des stratégies.

N'oubliez pas : c'est en ayant du plaisir qu'on peut créer un cadre véritablement unifié!


Haut de page

La tournée de dirigeants syndicaux en Colombie cimente l'appel contre le libre-échange

John Gordon n'a que le mot « déchirant » pour qualifier ce qu'il a vu et entendu.

Dans un petit abri improvisé fait de tôle, de bois et de toile, le président national de l'AFPC était assis à côté d'une grand-mère, qui lui a raconté que son mari avait été assassiné par des paramilitaires appuyés par le gouvernement et qu'elle et sa famille avaient été chassées de leur terre.

Comme des millions d'autres Colombiens délogés des régions rurales par la militarisation et l'expansion de grandes sociétés, elle s'est réfugiée dans un des taudis urbains de Colombie. Elle vit maintenant avec 17 autres personnes, dont sa fille et ses petits-enfants, dans cette baraque construite à Agua Blanca, en périphérie de Cali, à quelques mètres seulement d'un terrain de décharge municipal.

À l'extérieur, Gordon pouvait entendre les enfants qui jouaient. On lui a dit qu'il n'y avait aucune école pour eux. En fait, toute la communauté est privée de biens de première nécessité : pas d'eau potable, pas d'égouts, pas d'électricité, pas de services de santé. Les enfants sont rappelés à la baraque dès que la nuit tombe : il faut les protéger des vendeurs de drogues et des paramilitaires qui font alors la loi dans les rues.

La solidarité par-delà les frontières

Agua Blanca comptait parmi les nombreux endroits où se sont arrêtés les dirigeants de quatre grands syndicats du secteur public canadien pendant leur tournée d'une semaine en Colombie. John Gordon était accompagné de Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), de Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), et de George Heyman, viceprésident international du Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public (SNEGSP). La tournée, qui s'est déroulée du 18 au 25 juillet, avait pour but d'évaluer le dossier du gouvernement colombien en matière de droits de la personne et de déterminer les effets éventuels d'un accord de libre-échange Canada-Colombie, qui marquerait le début d'une plus grande libéralisation des échanges et de la privatisation de divers services publics.

Les familles rencontrées à Agua Blanca faisaient partie des quelque quatre millions de Colombiens délogés par l'armée, les forces paramilitaires et l'industrie du trafic de drogue. La Colombie vient maintenant au deuxième rang, derrière le Soudan, quant au nombre de réfugiés à l'intérieur de leur propre pays.

Agua Blanca est réputée être la plus grosse région urbaine pauvre du pays. Elle accueille la deuxième plus grande communauté afroethnique de l'Amérique du Sud (la première se trouve au Brésil), signe de la répression étatique raciste qui sévit en Colombie sous le régime du président Álvaro Uribe. Agua Blanca compte 1,5 million de personnes, soit près de la moitié de la population de Cali et environ un demimillion de personnes de plus que l'effectif des quatre syndicats canadiens réunis.

La répression des protestations

Pendant leur tournée, les dirigeants syndicaux canadiens ont entendu les témoignages de travailleurs du secteur public et des universités, de membres de collectivités autochtones, de militants des droits de la personne et de représentants des gouvernements du Canada et de la Colombie. Ils n'ont pas eu de mal à prédire que l'accord de libreéchange entre les deux pays accentuerait l'exploitation des gens et la répression étatique, deux phénomènes déjà répandus en raison de décennies de mondialisation des entreprises. Le nombre de personnes déplacées s'accroît à mesure que l'armée et les groupes paramilitaires font évacuer des régions habitées pour ouvrir la voie à de grandes industries minières, touristiques et agricoles, de propriété étrangère pour la plupart. Toute protestation est brutalement réprimée par des moyens extrajudiciaires, sans que les auteurs de ces répressions ne soient traduits en justice.

Les gens chassés des régions rurales viennent grossir la population des villes de Colombie, ce qui se traduit par des taux de chômage plus élevés, une pression à la baisse sur les salaires et une hausse de la demande de services publics. Pendant ce temps, le gouvernement affiche son ouverture aux entreprises et attire des investisseurs étrangers avec ses exonérations d'impôt, sa main-d'oeuvre bon marché, sa déréglementation et ses nouveaux marchés d'investissement découlant de la privatisation de divers services publics.

L'assassinat de militants syndicaux

Forcément, les gens s'opposent à ces conditions – mais à un prix élevé. La Colombie demeure le pays le plus dangereux du monde pour les syndicalistes et les militants issus de la société civile. Depuis le début de 2008 seulement, 42 syndicalistes ont été assassinés. Et la répression des syndicats par des mesures législatives a aggravé le problème en restreignant encore davantage la liberté fondamentale des travailleurs de former des syndicats et de négocier des conventions collectives.

La Colombie ne dispose pas d'un véritable cadre juridique permettant la négociation collective libre, et plus de 95 % des employés du secteur public n'ont aucun droit exécutoire à la négociation collective.

Le procès d'atrocités

La dernière étape de la tournée a été inspirante pour Gordon et ses homologues canadiens : ils ont assisté à une séance du Tribunal permanent du peuple, sous la présidence d'Adolfo Pérez Esquivel, prix Nobel de la paix en 1980. Pendant que le Tribunal lisait son rapport, des gens présents dans l'auditorium bondé Leon de Greiff, de l'Université nationale de Colombie, se levaient de temps à autre et nommaient des morts et des disparus. L'audience répondait « Presente, Presente, Presente » pour indiquer que ces personnes étaient là en esprit et attendaient que leurs assassins soient jugés.

Le Tribunal a clos sa séance par un jugement sévère à l'endroit de dizaines de sociétés transnationales et du gouvernement colombien, les accusant de « crimes contre l'humanité ». Il s'est engagé à faire parvenir ses conclusions à la Cour internationale de Justice et aux gouvernements de plus de 100 pays où ces sociétés sont présentes.

Pour leur part, les dirigeants syndicaux canadiens ont écrit une lettre au premier ministre du Canada afin de protester contre les négociations de libre-échange en cours avec la Colombie et ont fait le serment d'informer le public canadien de la situation des travailleurs colombiens et de leur famille.

Le président John Gordon lors de la Tournée de solidarité cet été

Les leaders syndicaux rencontrent les leaders autochtones et les producteurs de canne à sucre à La Maria Piendamo


Date de modification : 2011/09/08



Les plus visitées

Join our mailing list

L'AFPC sur Twitter

AFPC programme de cyberformation
Programme d'apprentissage mixte
Fonds de justice sociale
Association des retraité-e-s de l'AFPC

Assurance groupe