Dans ce numéro :
- L'AFPC défend le droit de vivre dans la dignité à la retraite
- Un message du président national
Le Parlement a pris une pause? Pas l'AFPC! - Victoire!
Nos membres aux musées obtiennent la sécurité d'emploi et le respect de leur ancienneté à l'issue d'une grève de 86 jours - Prendre conscience de l'écart qui se creuse Entrevue avec Armine Yalnizyan, économiste et militante sociale, sur les moyens de rétablir une économie injuste
- Le personnel occasionnel de l'Université McGill devient membre de l'AFPC
- Le gouvernement Harper manque de vision dans le domaine culturel
Les coups portés aux arts et à la culture menacent l'économie et le patrimoine du Canada - Lutter pour un milieu de travail sécuritaire et un environnement sain
La Conférence nationale sur la santé et la sécurité de l'AFPC attire des centaines de personnes - Les militantes et militants syndicaux mènent la lutte pour sauver le registre des armes à feu
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Vol. 4, no 1
Printemps 2010
Protéger les pensions pour tous et toutes
L'AFPC défend le droit de vivre dans la dignité à la retraite
Des groupes d'analystes privés et des lobbyistes de droite exercent des pressions sur le gouvernement Harper pour qu'il élimine le déficit en s'attaquant à nos pensions. Ces groupes, ne l'oublions pas, défendent les intérêts des entreprises qui ont bénéficié de réductions d'impôts et qui ont été renflouées par le gouvernement.
Ils invoquent le déficit pour dire que l'État doit sabrer les dépenses, en commençant par nos pensions. En fait, leurs déclarations visent à détourner l'attention du vrai problème : la nécessité de remanier le régime public de revenu de retraite de façon à offrir à tous et toutes la sécurité à la retraite.
Avez-vous déjà entendu la question « Pourquoi mes impôts devraient-ils servir à payer votre retraite dorée? » Voici une réponse toute simple à cette question : ce n'est pas le cas.
Et voici pourquoi.
Les prestations de retraite de nos membres sont un salaire différé
Elles ne sont pas un cadeau des contribuables ou de l'employeur. Nos pensions font partie de notre salaire, et cela est tout à fait évident à la table de négociation. C'est pourquoi, à strictement parler, les prestations de retraite versées à nos membres doivent être considérées comme un salaire différé.
Nous contribuons directement au régime
En 2010, les fonctionnaires fédéraux cotiseront au RPC ou au RRQ et au régime de pension de la fonction publique fédérale selon deux taux : 10,45 % pour chaque dollar gagné en deçà de 47 200 $ et 8,4 % pour chaque dollar gagné en sus de 47 200 $. En 2013, les cotisations des employés couvriront environ 40 % du coût total des prestations de retraite. Mais les régimes de pension ne dépendent pas seulement des cotisations. Les cotisations donnent un rendement qui aide à financer les régimes.
Nos pensions sont loin d'être « dorées »
En 2008, la pension annuelle moyenne des fonctionnaires fédéraux à la retraite s'élevait à 23 422 $. Peu d'entre nous peuvent bénéficier de la « liberté 55 ». Peu de travailleurs et travailleuses du secteur public ont droit à la retraite à 55 ans avec pleine pension. Ce scénario ne s'applique qu'aux rares personnes qui ont travaillé pour la fonction publique pendant 35 ans ou plus. L'âge d'admissibilité à une pleine pension a toujours été 60 ans.
Les régimes de pension du secteur public sont ceux qui fonctionnent le mieux
Les régimes de pension du secteur public sont des régimes à prestations déterminées, ce qui veut dire qu'ils offrent une pension d'un montant déterminé selon un pourcentage du salaire. Par contre, les régimes à cotisations déterminées fixent d'avance les cotisations, mais pas le montant de la pension. Ce montant dépend des cotisations payées et fluctue selon le marché.
On ne règle pas un problème en se débarrassant du seul modèle qui fonctionne. Les régimes à cotisations déterminées, les REER par exemple, ont été durement touchés par la crise économique et n'ont pas donné un revenu de retraite stable et prévisible aux personnes âgées qui en dépendent.
Les travailleurs et travailleuses du secteur privé ont été durement touchés lorsque leurs employeurs ont mis fin à leurs bons régimes de pension. Toutefois, cela ne veut pas dire qu'il faut punir les travailleurs et travailleuses du secteur public. Il est plus important que jamais de faire front commun pour améliorer la sécurité des retraites de toute la population du Canada.
Ce que vous pouvez faire
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Allez sur le site www.psac-afpc.org et signez la pétition destinée au premier ministre Stephen Harper et qui demande au gouvernement fédéral de protéger nos régimes de pension et d'améliorer la sécurité des retraites pour tous.
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Discutez de cette question avec vos collègues, vos amis et d'autres membres et demandez-leur de signer la pétition.
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Écrivez à la rédaction de votre journal local pour détruire les mythes concernant nos pensions et réclamer de meilleures prestations de retraite pour tous.
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Consultez le site Web du Congrès du travail du Canada (clc-ctc.ca) pour vous renseigner sur la campagne « La sécurité des retraites pour tous! »
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Visitez le site www.psac-afpc.org pour d'autres renseignements et des mises à jour sur la campagne de l'AFPC sur les pensions.
Un message du président national
Le Parlement a pris une pause? Pas l'AFPC!
Bonne et heureuse année!
En 2010, l'AFPC et ses membres devront relever divers défis. Pendant que bon nombre d'entre nous se préparaient pour les Fêtes, le premier ministre Stephen Harper, sans tambour ni trompette, a donné congé au Parlement jusqu'en mars.
M. Harper soutient que son gouvernement doit se repositionner et se préparer au prochain budget fédéral. Les conservateurs tentent de minimiser l'importance de cette deuxième prorogation du Parlement en un an, mais la population du Canada n'est pas si facile à embobiner. Plus de 220 000 personnes ont adhéré à un groupe antiprorogation sur Facebook. Un récent sondage EKOS montre que 58,7 % des Canadiens et Canadiennes n'approuvent pas cette décision de mettre la démocratie en suspens, et 40,5 % des répondants ont même dit qu'ils y sont fortement opposés.
Les critiques, dont des parlementaires fédéraux des partis d'opposition, pensent que Harper a décidé de proroger le Parlement pour détourner l'attention publique du scandale des prisonniers afghans torturés et de l'inertie des conservateurs en matière de lutte contre le changement climatique. Mais peu importe les motivations de Harper, il est clair que son gouvernement est en train de perdre la confiance du public et se met dans l'embarras sur la scène mondiale.
Selon le sondage EKOS, le soutien pour Harper est en déclin - même chez les électeurs conservateurs -, sans doute en partie à cause de la décision de proroger le Parlement. Comme un récent éditorial du magazine The Economist le souligne, cette décision de Stephen Harper est motivée par « des intérêts personnels flagrants », peu importe ce que disent ses stratèges en communications.
Stephen Harper prétend que son gouvernement a besoin de temps pour se préparer au prochain budget fédéral et pour lancer la deuxième phase de son plan de relance économique. Toutefois, selon de récentes données de Statistique Canada, la reprise économique du pays est lente et inégale. Il est donc clair que nous ne sommes pas encore au bout de nos peines.
De plus en plus de gens travaillent de longues heures ou sont coincés dans des emplois à temps partiel ou temporaires, et le travail indépendant est à la hausse. Le plus souvent, ces genres d'emplois n'offrent ni avantages sociaux ni sécurité. Chez les femmes âgées entre 25 et 54 ans, l'emploi s'est replié de 24 000 en décembre, et le chômage chez les jeunes a atteint 16,1 % à l'échelle nationale. Qui dit que le plan d'action économique de Harper fonctionne?
Vous avez peut-être entendu les grands pontes de la droite affirmer que le pire est passé et qu'il est temps de faire des réductions dans les services publics. Rien n'est plus faux. En raison de la crise des marchés financiers, des gens ont perdu leurs épargnes et de nombreux régimes de retraite du secteur privé ont été anéantis ou ont subi d'importantes pertes. Cela a accentué les disparités économiques et a creusé l'écart entre les riches et les pauvres. Les femmes, les jeunes travailleurs et travailleuses, les récents immigrants, les Autochtones et les personnes ayant un handicap sont les gens qui ont le plus souffert du ralentissement économique et qui composent une bonne part d'une population pauvre grandissante.
Les services publics sont largement considérés comme le meilleur moyen d'assurer l'égalité - ils sont accessibles à tous et sont précieux pour tous. Puisque la reprise économique sera lente et que beaucoup de Canadiens et de Canadiennes continuent de souffrir, c'est le pire moment que les conservateurs pouvaient choisir pour ne pas prendre leurs responsabilités. Le gouvernement doit investir dans les services qui soutiennent la population et dans les effectifs qui les assurent.
Nous ne savons toujours pas quand auront lieu les prochaines élections fédérales, mais nous devons être prêts. Nous devons nous mobiliser pour déloger Stephen Harper ou, à tout le moins, faire en sorte qu'il ne dirige pas un gouvernement majoritaire. Nous avons besoin d'un gouvernement qui valorise des services publics de qualité - le travail que vous faites tous et toutes, chaque jour, pour la population du pays.
Il faut sans tarder faire pression sur les membres du Parlement de manière que le prochain budget fédéral prévoit des investissements dans les services publics. Le plan de relance économique du Canada ne doit pas favoriser uniquement les alliés de Stephen Harper. Le premier ministre pense peut-être que personne ne remarquera la suspension du Parlement pendant les deux prochains mois, alors nous devons rappeler à M. Harper et à tous les membres du Parlement qu'ils ont le devoir de gouverner notre pays d'une manière bénéfique pour tous les Canadiens et Canadiennes. Les parlementaires sont maintenant dans leur circonscription, alors c'est le temps de vous faire entendre haut et fort!
En toute solidarité, Le président national, John Gordon
Nos membres aux musées obtiennent la sécurité d'emploi et le respect de leur ancienneté à l'issue d'une grève de 86 jours
Ils ont enduré la pluie, la neige et des vents cinglants pendant 86 jours. Ils ont fait des biscuits, chorégraphié des danses et trouvé toutes sortes de manières de garder le moral. Ils ont vécu dans l'incertitude à l'approche des Fêtes, mais ils sont demeurés unis malgré les pressions financières et familiales.
Nos membres au Musée des civilisations et au Musée de la guerre sont sortis victorieux d'une grève de plus de 13 semaines et ont fait des gains en matière de sous-traitance, d'ancienneté et de sécurité d'emploi.
La décision de faire la grève en pleine récession n'a pas été prise de manière irréfléchie. Mais en voyant un grand nombre de leurs collègues travailler année après année à contrat et à temps partiel sans aucune sécurité d'emploi, les 420 travailleurs et travailleuses savaient qu'il fallait prendre position pour la justice au travail. Ils s'inquiétaient aussi des effets négatifs d'une main-d'oeuvre instable sur les musées et leurs précieux artéfacts. Leur décision de se battre a rallié la communauté artistique, a inspiré le mouvement syndical et leur a permis de se découvrir des talents insoupçonnés.
À la cafétéria du Musée des civilisations, en janvier, Claire Champ a parlé de sa première grève et de ses 86 jours de piquetage l'automne dernier. Planificatrice en interprétation au Musée des civilisations, elle a décrit les divers états émotionnels qu'elle a vécus pendant la grève - de la désorientation à la détermination, en passant par la colère et une très grande fierté.
Pour elle, l'action collective a été très énergisante. « Nous avions vraiment l'impression que nous apporterions des changements, a-t-elle dit. Cette énergie et la communauté m'ont aidée à supporter l'incertitude au quotidien… C'était très déstabilisant au début, mais petit à petit je m'y suis faite. »
Claire Champ, employée permanente au Musée depuis sept ans, voulait se battre pour mettre fin au traitement injuste à l'égard des personnes à contrat. Pour elle, c'était une question de respect, tant pour le personnel que pour les artéfacts qu'ils préservent, ce qui est fondamental. En tant que personne qui se consacre à la présentation et à l'interprétation de trésors, elle se préoccupe grandement de la longévité du Musée en tant qu'institution culturelle.
« On faisait patienter [de contrat en contrat] des personnes qui sont essentielles pour le Musée. Cela est injuste pour ces gens et mauvais pour le musée - la continuité et la mémoire de l'entreprise sont essentielles à la préservation des collections d'un musée », a-t-elle expliqué.
Pour Mme Champ, l'incertitude a été l'aspect le plus difficile à vivre pendant la grève, surtout lorsque ses amis et les membres de sa famille se demandaient quand elle reprendrait le travail. Cependant, elle est restée motivée et engagée grâce à la camaraderie qui régnait sur la ligne de piquetage.
Interventions pleines de créativité
Stephanie Burchell a décrit un même sentiment de communauté qui est apparu pendant la grève et qui perdure depuis qu'elle est retournée au travail en décembre.
« Nous étions tous un peu plus humains sur la ligne de piquetage, a-t-elle dit. Nous nous imaginions avoir la sécurité et la stabilité dans notre vie, mais la grève nous a fait vivre la peur et l'insécurité. Cela nous a appris à composer avec le chaos et à rester calmes dans l'incertitude. »
Mme Burchell est actrice pour la troupe de théâtre du Musée, Dramamuse. Comme beaucoup de grévistes au Musée, elle a eu recours aux arts pour combattre la monotonie sur la ligne de piquetage et a créé le personnage de Penny le Castor, qui est devenu officieusement la mascotte de la grève.
Avec l'aide de Justin Lenczewski, vidéographe au Musée, elle a créé des minividéos très drôles mettant en vedette Penny le Castor - un personnage inspiré de la collection de timbres de la Reine - qui prie la direction de reprendre la négociation et de mettre fin à la grève. Les vidéos ont été vues par des milliers de personnes et affichées, entre autres, sur Twitter et Facebook.
Pour Stephanie Burchell, la création des vidéos a été très libératrice. Sans avoir à suivre un processus d'approbation complexe, elle et M. Lenczewski ont pu écrire, produire et diffuser leurs vidéos en trois jours - un délai qui serait tout à fait impensable dans leurs emplois.
Ce qui a poussé Mme Burchell à poursuivre la grève, ce n'est pas tant cette nouvelle liberté de création que la lutte qu'elle et ses collègues menaient pour la justice et un traitement équitable au travail.
« En fait, nous luttions pour le genre de vie professionnelle que nous voulions », a-t-elle déclaré.
Faire tomber les barrières
Aux yeux du public, Daniel Poulin a peutêtre été la principale incarnation de la grève aux musées. À titre de président de la section locale 70396 de l'AFPC, il a passé des heures à la table de négociation, dans des réunions de stratégie et sur la ligne de piquetage. Il a été cité dans au moins 100 articles de journaux et a été interviewé à maintes reprises à la radio et à la télévision.
« Les 18 derniers mois, a-t-il dit, ont été exténuants physiquement et émotionnellement, surtout devant un employeur aussi intransigeant. Cela a été difficile pour moi comme leader. »
En plus de supporter les difficultés financières et psychologiques engendrées par une grève épuisante, M. Poulin a dû surmonter des obstacles additionnels liés à son handicap. Malgré le mauvais temps et l'épuisement, il a été constamment présent sur la ligne de piquetage dans son fauteuil roulant, avec son chien-guide. Il estime toutefois que les préjugés des gens concernant ses capacités ont été le plus grand obstacle à surmonter.
« Parfois, les gens s'imaginent que, parce que je suis en fauteuil roulant, ma tête ne fonctionne pas. Je n'ai jamais pensé que je serais un chef syndical pendant plus de huit ans, dont plus de six à la présidence de ma section locale », avoue-t-il.
Pour Daniel Poulin, les meilleurs moments de la grève ont été les deux rassemblements que les grévistes ont organisés, en novembre et décembre, sur la Colline du Parlement et qui ont réuni des représentants des trois partis d'opposition, notamment Jack Layton et Gilles Duceppe.
« Le temps était épouvantable pendant les deux rassemblements - il grêlait et il neigeait. Mais des centaines de personnes sont quand même venues nous appuyer sur la Colline. » Cet appui de la collectivité continue de motiver le personnel des musées et de raviver son militantisme.
« Nous sommes beaucoup plus engagés politiquement en tant que famille », a fait savoir Claire Champ, en soulignant que son fils de 10 ans regarde maintenant avec fascination la période des questions sur CPAC. « Nous avons beaucoup appris. »
Les gains
Voici les gains inscrits dans la nouvelle convention collective de quatre ans :
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Aucun employé nommé pour une période indéterminée ne se trouvera en cessation d'emploi involontaire en raison de la sous-traitance.
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Nouvelles dispositions sur la sécurité d'emploi selon lesquelles la direction doit recourir à l'attrition pour réduire au minimum les pertes d'emploi.
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Sept nouveaux postes permanents dans le secteur des services de première ligne seront créés. Ces postes seront remplis à l'interne, en fonction de l'ancienneté et du poste qu'occupent actuellement les candidats et candidates.
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Les employés temporaires à temps plein pourront devenir des employés nommés pour une période indéterminée si, après 24 mois de service, leurs fonctions sont encore jugées nécessaires.
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Nouvelles dispositions sur le congé de maternité et le congé parental pour tenir compte du Régime québécois d'assurance parentale.
De l'art sur la ligne de piquetage
La grève aux musées a permis de démontrer que les arts peuvent transformer une grève en un laboratoire de création. Les grévistes ont retenu l'attention des médias, mis à contribution leur famille et gagné le soutien de gens qui travaillent dans les arts un peu partout dans le monde. Ils ont fait connaître leurs revendications de diverses manières et ont permis à des publics non traditionnels d'en prendre connaissance. Voici quelques exemples de leur créativité :
- Un montage extérieur de photos intitulé Les véritables trésors et mettant en vedette des travailleurs et travailleuses des musées.
- Un thé organisé sur la ligne de piquetage à l'occasion de la visite du prince Charles au Canada.
- De l'artisanat et des jeux extérieurs pour les enfants.
- Les mots « en grève » projetés sur le Musée des civilisations le soir.
- Les monologues de Penny le Castor sur YouTube.
- Une chorégraphie de groupe sur la chanson Thriller de Michael Jackson.
- Un concert et une collecte de fonds au Centre Bronson à Ottawa avec les artistes Ian Tamblyn, Ana Miura, The Mighty Popo et Marcel Aymar.
- La visite du légendaire chanteur de folk britannique Billy Bragg sur la ligne de piquetage et une séance de photographie avec cet artiste.
Prendre conscience de l'écart qui se creuse
Entrevue avec Armine Yalnizyan, économiste et militante sociale, sur les moyens de rétablir une économie injuste
Pendant toute sa carrière, Armine Yalnizyan s'est intéressée à l'écart entre les riches et le reste de la population du Canada. Dans son travail d'économiste principale au Centre canadien de politiques alternatives, elle a étudié comment les riches s'enrichissent, les pauvres s'appauvrissent et les gens de la classe moyenne travaillent de plus en plus fort pour rester dans cette catégorie. Ses observations font état des mêmes tendances que l'AFPC constate dans les milieux de travail depuis des années : de plus en plus de gens sont obligés d'occuper plusieurs emplois à temps partiel ou d'accepter des contrats de travail temporaire. Armine a accepté de nous parler des moyens dont les travailleurs et travailleuses du secteur public disposent pour, à la fois, lutter contre la réduction de leurs salaires et de leurs avantages sociaux et améliorer les conditions de travail de tout le monde.
Vous avez beaucoup étudié l'accroissement de la pauvreté au Canada. Qu'avez-vous vu dans les dernières années? Que devons-nous savoir sur les grandes tendances qui font que certains s'enrichissent et d'autres non?
Quand on examine l'écart grandissant au Canada depuis 30 ans, on voit qu'il se dégage des 20 premières années une seule tendance, alors que les 10 dernières années sont complètement différentes et laissent entrevoir des tendances beaucoup moins prometteuses, même s'il y a beaucoup plus d'argent en circulation. C'est plutôt frustrant.
Pendant les 20 premières années, les gens suivaient la vague plus ou moins de la même manière - ils étaient tous dans le même bateau. En temps de récession, tous écopaient un peu, les gens au bas de l'échelle plus que les autres, évidemment. Mais l'économie se relevait, et les pauvres et les riches en profitaient de manière plus ou moins égale.
C'est ce qui s'est passé lors de la récession des années 1980 et 1990. Maintenant, c'est tout à fait différent. Après 1996, le Canada a connu une période de croissance économique comme on n'en avait pas vue depuis les années 1960. Mais, même pendant cette période de très forte croissance, l'écart entre les riches et les pauvres a grandi au lieu de s'atténuer parce que la croissance a surtout profité aux gens dans la tranche supérieure.
Qui sont les plus touchés dans une économie injuste? Et comment la récession actuelle accentuera-t-elle cette disparité?
En général, les femmes souffrent le plus d'une économie injuste. Les femmes relèvent toujours leurs manches et acceptent n'importe quel emploi parce qu'elles doivent absolument faire vivre leur famille. Pendant une récession, il y a moins d'emplois stables et bien payés et plus d'emplois précaires, mal payés, non syndiqués et à temps partiel. Cependant, il y a de plus en plus de gens qui sont forcés d'accepter de mauvaises conditions de travail, autant en périodes difficiles que pendant les bonnes périodes.
En cette ère de travail précaire, tous vivent une même instabilité, sauf ceux qui se trouvent tout en haut de l'échelle. Bien sûr, ceux qui occupent des emplois temporaires et à contrat sont les premiers à être mis à pied. Et cela comprend un nombre disproportionné de personnes racialisées, autochtones ou ayant un handicap. À long terme, on prévoit un important accroissement du travail précaire. C'est vers cela que le marché de l'emploi se dirige.
À l'AFPC, nous disons souvent que les services publics sont le meilleur moyen d'assurer l'égalité. D'après vous, quel est le rôle des services publics dans la reprise économique du Canada?
Réfléchissons un instant aux effets de la récession. Elle a fait chuter les exportations et les investissements des entreprises et a entraîné une réduction de la demande des consommateurs. Il ne reste plus que les dépenses gouvernementales pour prévenir un effondrement complet de l'économie. Et ces dépenses prennent surtout la forme de salaires aux gens qui assurent les services. C'est donc dire que les services publics sont en réalité la seule chose qui nous sauve en ce moment.
Un peu plus du quart des dépenses gouvernementales sont affectées à l'assuranceemploi, à la Sécurité de la vieillesse et à la Prestation fiscale canadienne pour enfants. Mais la majeure partie du reste des dépenses sert à fournir des services à la population. Dans le contexte actuel caractérisé par une faible croissance et une forte pression à la baisse sur les salaires, on pourrait réduire le coût des biens et des services de base et veiller à ce que les infrastructures et les services nécessaires soient bien organisés et largement accessibles afin d'atténuer les effets de la récession. Par biens et services de base, j'entends un logement abordable, l'eau potable, les soins de santé, l'éducation, y compris l'apprentissage et la garde des jeunes enfants, et les transports en commun. Ainsi, les gens auraient un peu d'argent dans leur poche et pourraient dépenser et contribuer à l'économie. C'est la seule manière de renforcer les entreprises et de les amener à vouloir recommencer à investir.
C'est donc pour l'instant le secteur public qui empêche le château de cartes de s'écrouler, mais il s'effondrera à coup sûr si nous commençons à réduire les dépenses de ce secteur.
Avez-vous des suggestions à faire aux travailleurs et travailleuses du secteur public pour les aider à continuer leur combat tout en contribuant à la lutte contre la pauvreté dans son ensemble?
L'AFPC peut notamment mettre l'accent sur l'importance d'avoir des heures de travail stables et un revenu régulier. Une personne a besoin de savoir combien elle gagne pour faire des projets. Les gens qui travaillent à contrat sur de courtes périodes travaillent peut-être d'arrache-pied, mais ils ignorent s'ils auront un revenu dans six mois ou un an. Cela ne favorise pas la durabilité, ni pour les riches, ni pour les pauvres, ni pour la classe moyenne.
Le travail du secteur public doit être fait, c'est inévitable. Donc, rien ne justifie de créer des emplois contractuels, car le travail devra toujours être fait. Alors, pourquoi ne pas offrir aux gens qui font ce travail des emplois stables et la possibilité d'acquérir une bonne connaissance du travail à long terme.
Pendant longtemps, il suffisait de faire des études et de travailler fort pour connaître la prospérité. La génération actuelle est plus instruite et travaille plus que la génération précédente, mais tire quand même de l'arrière pour ce qui est du revenu et de l'endettement. S'il ne suffit pas de travailler plus et d'étudier plus, qu'est-ce que ça va prendre?
Des heures de travail irrégulières et des emplois temporaires deviendront peut-être la nouvelle norme sur le marché du travail si nous ne nous organisons pas pour résister à cette attaque contre le dernier pouvoir des travailleurs, soit des heures de travail stables. C'était d'ailleurs l'un des principaux enjeux de la grève de vos membres au Musée des civilisations et au Musée de la guerre.
Sans heures de travail stables, il est difficile d'élever des enfants, et même d'avoir des enfants, et de participer à la société civile. Notre travail rémunéré est notre unique contribution sociale sanctionnée. Une société prospère est impossible si le travail occupe toute la place.
Comment aimeriez-vous que l'économie change pour être bénéfique aux gens?
Il faut moins d'ambulances au pied de la falaise et plus de clôtures au haut. Afin de tirer le meilleur parti de nos revenus individuels et de nos ressources collectives, il vaut mieux prévenir les problèmes que de les régler une fois qu'ils sont arrivés. Il est plus coûteux de trouver et de punir les contrevenants que d'investir dans les facteurs déterminants de la santé, et les statistiques montrent que cela n'atténue pas les problèmes. En créant des environnements sains pour les gens, surtout les enfants, nous pourrons grandir et réaliser notre potentiel. Nous devrons vraiment exploiter le mieux possible nos ressources dans les années à venir, car des pénuries de main-d'oeuvre seront inévitables.
Les investissements dans une meilleure infrastructure physique et humaine devront être plus que des mesures de relance d'urgence.
Même avant la récession, nous avions un déficit de 125 milliards de dollars en matière d'infrastructure dans les villages, les villes et les cités du pays. Nous nous servons encore de l'infrastructure aménagée il y a 50 ans par nos parents. Ils ont construit les systèmes qui font encore marcher notre économie, une fondation que nous peinons à entretenir et encore plus à élargir même si notre économie est cinq fois plus importante que l'économie qui a construit cette richesse collective.
Nous avons besoin de routes, de systèmes d'égout, de réseaux d'alimentation en eau, de réseaux de distribution de l'électricité et de logements. Mais nous avons aussi désespérément besoin d'inclure dans notre infrastructure de base des programmes de développement de la petite enfance, surtout si la prochaine génération de femmes fonctionne essentiellement de la même manière que les hommes sur le marché du travail. Il y aura moins de gens pour remplacer les baby-boomers qui prennent leur retraite et moins de personnes qui auront le temps de soigner les bébés, les personnes âgées et les personnes fragiles physiquement ou mentalement, ces gens qui ont toujours fait partie de notre vie.
Pour en connaître davantage sur le travail d'Armine Yalnizyan, visitez le site Web GrowingGap.ca - un projet du Centre canadien de politiques alternatives pour sensibiliser la population à l'écart qui se creuse de manière alarmante entre les riches et les pauvres au Canada.
Le personnel occasionnel de l'Université McGill devient membre de l'AFPC
Au mois de décembre dernier, le personnel occasionnel de l'Université McGill à Montréal a fait un grand pas en avant pour améliorer ses conditions de travail en votant pour l'adhésion à l'AFPC.
Comptant plus de 3 000 membres occasionnels et non enseignants, ce personnel supplée aux absences à des postes administratifs, techniques et d'entretien. Ce personnel de remplacement exécute le même travail que le personnel permanent, mais ne jouit pas du même salaire ni des mêmes conditions de travail.
Au cours de l'été, les employés permanents ont congé le vendredi. Le personnel occasionnel, qui effectue les mêmes tâches, n'y a pas droit.
Holly Nazar a pris une part active dans la campagne de syndicalisation de l'AFPC à l'Université McGill. Elle a déjà travaillé comme superviseure administrative à l'Université. Pour elle, durant l'été, il était frustrant d'avoir à travailler une journée de plus par semaine alors que ses collègues pouvaient profiter de longs week-ends.
« Je me sentais vraiment comme une citoyenne de seconde zone, a déclaré Holly Nazar. Même si j'étais aussi compétente et que je travaillais aussi fort que les employés permanents, mes conditions de travail demeuraient précaires. »
Saviez-vous que le personnel occasionnel représente plus du cinquième des employés de l'Université? C'est pourquoi le taux de vote de 85 % pour la syndicalisation représente un pas si important. Le scrutin, qui s'est tenu en décembre dernier, était supervisé par la commission de travail.
La prochaine étape pour l'AFPC est d'aider les travailleuses et les travailleurs à négocier leur première convention collective.
« Une fois qu'ils sont protégés par une convention collective, les travailleurs peuvent enfin aspirer à une plus grande sécurité et à de meilleures conditions d'emploi. Ce vote d'adhésion syndicale contribuera à alléger le niveau de stress causé par la précarité de leurs conditions de travail, a souligné Jérôme Turcq, vice-président régional exécutif de l'AFPC pour le Québec.
« Les employés occasionnels sont les plus vulnérables parmi le personnel du campus, d'affirmer Max Silverman, employé occasionnel à McGill qui s'est porté volontaire pour la campagne de syndicalisation. Cette victoire aura d'heureuses répercussions sur les conditions de travail futures à l'Université McGill. »
Soulignons que depuis 2003, l'AFPC-Québec a syndiqué 19 000 travailleuses et travailleurs répartis dans huit universités québécoises, notamment à l'Université de Montréal, à l'Université Laval, à l'Université Concordia et à l'Université McGill.
Le gouvernement Harper manque de vision dans le domaine culturel
Les coups portés aux arts et à la culture menacent l'économie et le patrimoine du Canada
Quand Stephen Harper a fait un petit numéro surprise l'automne dernier avec l'orchestre du Centre national des Arts, il a non seulement massacré un classique des Beatles, mais il a aussi posé l'un des gestes les plus intéressés et hypocrites de sa carrière.
Cela s'est produit lors d'un gala au profit de la Fiducie nationale pour la jeunesse et l'éducation, qui finance la grande variété des programmes d'art de la scène du CNA pour les jeunes artistes, les jeunes publics, les enseignants et enseignantes et les écoles. Compte tenu du faible financement de l'enseignement des arts au Canada, cette fiducie est importante puisqu'elle aide à donner aux jeunes accès aux arts.
C'était là exactement le genre d'événement que Harper avait décrit l'année précédente comme un groupe de gens à un gala somptueux subventionné par les contribuables. Évidemment, cela ne l'a pas empêché de jouer du piano devant un auditoire estomaqué - et de chanter, pour ainsi dire, un double discours. Harper s'est attaqué au secteur des arts et de la culture du Canada depuis qu'il est au pouvoir. Soutenant que les arts sont une préoccupation seulement pour quelques-uns, il a réduit de plus de 45 millions de dollars le financement des programmes d'art.
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Le budget du Programme d'aide aux musées a rétréci de 4,63 millions de dollars. Ce programme assure le financement de projets réalisés par les musées et galeries d'art partout au Canada. Ces projets améliorent l'accès des Canadiens et Canadiennes à leur patrimoine et aident à la conservation, à la protection et à la gestion des collections liées aux cultures autochtones. Une telle mesure a entraîné une réduction du nombre d'expositions au Canada, ce qui signifie que la population bénéficie de moins en moins de son patrimoine culturel.
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Le projet de Musée du portrait du Canada a été abandonné. Au départ, ce musée devait être logé dans un immeuble en face du Parlement à Ottawa, mais Harper, peu après son arrivée au pouvoir, a lancé un appel d'offres pour privatiser ce musée. Cela n'ayant pas fonctionné, les conservateurs ont soutenu qu'il serait trop coûteux de financer le Musée du portrait et, peu après, ils ont carrément annulé le projet. Pourtant, l'immeuble était à moitié prêt - et le gouvernement a dû payer des frais d'annulation. On a découvert par la suite que le gouvernement Harper avait gonflé les chiffres et avait donc menti à la population sur le véritable coût de la construction du Musée du portrait.
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Des programmes de promotion des arts ont été abolis, par exemple les programmes PromArt et Routes commerciales qui faisaient la promotion d'artistes canadiens au niveau mondial et leur permettaient de faire des tournées. Le gouvernement a aussi réduit le financement du Trust pour la préservation de l'audiovisuel, du Fonds canadien du film et de la vidéo indépendants et du Programme national de formation dans le secteur du film et de la vidéo.
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Les Services de transport d'expositions ont été supprimés. Ce programme fédéral offrait aux galeries d'art et aux musées publics du Canada des services de transport spécialisés au moyen de véhicules à température contrôlée et de conducteurs formés pour la manutention d'objets d'art aux points de chargement et de livraison.
Les STE étaient fiables, rentables et réputés. Ils assuraient plus de 54 % de tout le transport d'objets d'art entre les musées au Canada, alors que les autres transporteurs spécialisés dans le domaine occupent 28 % du marché. Dans certaines régions éloignées, les STE étaient le seul transporteur d'objets d'art, car les autres transporteurs n'offrent pas un tel service dans les régions où ce n'est pas rentable de le faire.
Dans les régions du Nord, les frais de transport par une entreprise privée pour une seule exposition peuvent dépasser le budget annuel d'un musée pour le transport. En outre, les primes d'assurance ont augmenté. Ainsi, il est devenu trop coûteux pour bon nombre de galeries d'art et de musées régionaux d'accueillir des expositions itinérantes. L'élimination des STE réduit l'accès à notre patrimoine.
Mépris pour le patrimoine
Toutes ces réductions s'ajoutent aux mises à pied qui ont résulté de l'examen stratégique ordonné par le gouvernement Harper. Dans le cadre de cet examen, les ministères devaient réduire de 5 % le budget alloué aux programmes. C'est ainsi que les quatre musées nationaux du Canada et l'organisme Bibliothèque et Archives Canada ont subi des pertes d'emplois et des réductions dans leur programmes.
Le Musée des beaux-arts du Canada a particulièrement souffert de cet examen stratégique. En septembre, 12 personnes ont été mises à pied, dont tous les guides-éducateurs du Musée. Ce dernier considère également privatiser sa librairie, ce qui mettrait neuf autres personnes en chômage. Pourtant, la librairie génère 26 % des revenus annuels du Musée.
Le licenciement des guides-éducateurs est particulièrement troublant, car ces personnes jouent un rôle essentiel en présentant les programmes éducatifs et en rendant l'art accessible et pertinent pour le public. En fait, une étude effectuée pour le Musée des beauxarts a révélé que « le programme de visites guidées est le facteur le plus important dans le succès d'une visite scolaire. »
« Alors, comment la direction peut-elle justifier le licenciement de tous ses guideséducateurs? », a demandé Philippe Carpentier, le président de la section locale de l'AFPC au Musée des beaux-arts. « Ces guides sont des éléments essentiels du Musée. En les remerciant, le Musée prive le public canadien d'une importante ressource culturelle. »
La CBC en péril
La CBC est une institution culturelle importante qui a été gravement touchée par les restrictions budgétaires. Le gouvernement Harper a amputé le budget du diffuseur public de plus de 179 millions de dollars en 2009, et Friends of Canadian Broadcasting a récemment mis la main sur une note de service gouvernementale indiquant que les conservateurs songent à faire d'autres réductions. Pourtant, les moyens de la CBC sont déjà très limités puisqu'elle a reçu un tiers moins d'argent par habitant que ce qu'elle recevait au début des années 1990.
Ces mesures d'austérité ont grandement nui à Radio-Canada et à la CBC, et ont entraîné des suppressions dans la programmation de la radio et de la télévision, la fermeture de studios régionaux de la CBC et une diminution de la couverture de l'actualité locale. Tout cela a donné lieu à d'importantes pertes d'emplois. En 2009, plus de 3 000 emplois dans les médias ont disparu au Canada, dont 10 % à la CBC seulement.
Des arts en santé, une économie en santé
Un récent rapport du Conference Board du Canada intitulé Valoriser notre culture : Mesurer et comprendre l'économie créative du Canada examine la grande contribution des arts à notre économie. En 2007-2008, les arts ont apporté au moins 46 milliards de dollars à l'économie, soit 3,8 % du PIB du Canada. On peut lire dans ce rapport que « lorsque l'on tient compte des contributions directes, indirectes et induites, l'empreinte économique du secteur culturel se chiffre à environ 84,6 milliards de dollars en 2007, soit 7,4 % du PIB réel total du Canada, et 1,1 million d'emplois sont attribuables à l'activité de ce secteur. »
Il est intéressant de noter que ce rapport a été produit en collaboration avec le ministère du Patrimoine canadien. Il décrit les nombreux avantages des arts et de la culture pour la population canadienne et dit notamment ceci : « Les collectivités créatives sont d'importants moteurs de l'économie canadienne. Elles projettent des identités particulières qui attirent des personnes compétentes et créatrices ainsi que des investissements. » En outre, ce document encourage tous les ordres de gouvernement à soutenir les arts.
« Peu de gens soutiendraient que les arts ont uniquement une valeur économique, a déclaré John Gordon, président national de l'AFPC. Les créateurs de la culture comme les artistes, les musiciens et les écrivains - pour ne donner que quelques exemples - commentent le monde comme ils le perçoivent. Ils nous renseignent sur nous-mêmes et bâtissent des ponts entre les cultures. »
Les gens du domaine des arts s'occupent aussi de la préservation et de l'interprétation de notre patrimoine. Les expositions muséales sont planifiées et aménagées par des travailleuses et travailleurs qualifiés qui bénéficient de l'appui, en coulisse, de spécialistes des collections, de la documentation, de la recherche et de la préservation. Ce travail est réalisé pour nous, mais aussi pour les générations futures. Tous ces gardiens de notre patrimoine font partie d'un continuum - ils poursuivent le travail commencé par leurs prédécesseurs et préparent le terrain pour les Canadiens et Canadiennes qui leur succéderont.
Voilà pourquoi il est si important de lutter pour protéger le secteur des arts et de la culture. C'est une lutte collective contre le gouvernement Harper rendue nécessaire par son manque de vision par rapport à ce secteur.
« Nous devons continuer à travailler ensemble pour que le secteur culturel du Canada demeure bien vivant, souligne M. Gordon. Cela est non seulement capital pour notre économie, mais aussi essentiel pour notre futur. »
Lutter pour un milieu de travail sécuritaire et un environnement sain
La Conférence nationale sur la santé et la sécurité de l'AFPC attire des centaines de personnes
La nécessité de renforcer la réglementation en matière de santé et sécurité à l'intérieur et à l'extérieur des milieux de travail était le thème central de la Conférence nationale sur la santé et la sécurité de l'AFPC qui a eu lieu en novembre à Montréal.
Quelque 300 personnes déléguées ont assisté à cette conférence. Leurs discussions ont surtout porté sur la nécessité de mieux protéger la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs. Les participantes et participants ont établi des liens importants entre leur rôle de sensibilisation et la nécessité d'élargir la mobilisation en faveur de l'environnement.
La délégation a cerné notamment le besoin d'accroître la capacité de nos militants à amener les membres à s'occuper des problèmes liés au milieu de travail. Elle a également discuté de nouvelles mesures de protection pour les gens qui ne peuvent dépendre uniquement des lois et de la réglementation pour se protéger contre les accidents de travail et les maladies professionnelles.
« Les lois actuelles ne prévoient que des mesures minimales pour la protection des travailleuses et des travailleurs », a déclaré Gerry Halabecki, vice-président exécutif régional de l'AFPC pour l'Ontario, et coprésident de la Conférence. « Les membres du syndicat doivent continuer à élaborer des stratégies pour se protéger et protéger leurs collègues en milieu de travail. »
Divers autres sujets ont été abordés à la conférence, notamment la violence et le harcèlement en milieu de travail, l'application laxiste de la législation sur la santé et la sécurité au travail et le besoin d'améliorer l'indemnisation pour accidents du travail. Les participantes et participants ont également examiné comment la déréglementation a contribué à amplifier la crise environnementale au Canada.
« En tant que syndicalistes, nous devons continuer à travailler étroitement avec d'autres syndicats et organismes progressistes afin d'amener les gouvernements à adopter et à appliquer des mesures législatives plus rigoureuses sur la santé et sécurité au travail et sur l'environnement », a souligné Kay Sinclair, vice-présidente exécutive régionale de l'AFPC pour la Colombie-Britannique, et coprésidente de la conférence.
La protection de l'environnement est un sujet qui a été longuement discuté au cours de la Conférence.
Mme Sheila Watt-Cloutier, candidate au prix Nobel de la paix et militante écologiste renommée, a parlé des répercussions dramatiques des changements climatiques sur les peuples du Nord. « Nous vivons déjà ces répercussions, a-t-elle déclaré. Ce n'est plus une vision théorique de l'avenir; ça se passe au plus présent. »
Elle a expliqué comment les Inuits, en raison de la fonte des glaciers et du pergélisol, seront obligés de modifier leurs modes de vie de façon draconienne et d'abandonner une culture qui s'épanouit depuis des centaines d'années dans les régions nordiques.
M. Clayton Thomas-Muller, du Indigenous Environmental Network, s'est également adressé à la délégation et a parlé des conséquences dévastatrices de l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta sur la vie des gens et les écosystèmes environnants.
Comme l'a souligné M. Thomas-Muller, le projet d'exploitation des sables bitumineux en Alberta est le plus grand projet industriel au monde et le plus grand producteur de gaz à effet de serre du Canada.
La quantité de résidus extraite quotidiennement des sables bitumineux suffirait à remplir le stade Air Canada de Toronto. Chaque jour, l'extraction du pétrole des sables bitumineux nécessite la combustion de 600 millions de pieds cubes de gaz naturel. Et chaque jour, un million de litres d'eau toxique s'écoulent dans la rivière Athabaska. Malgré ces faits alarmants, aucune évaluation indépendante n'a été effectuée sur l'impact environnemental de l'exploitation des sables bitumineux qui, tout de suite après l'exploitation de la forêt amazonienne, est la principale cause de la déforestation de la planète.
Selon Clayton Thomas-Muller, nous ne pouvons avoir des milieux de travail sains et sécuritaires si nos collectivités ne le sont pas. Inutile de dire que les personnes déléguées à la Conférence nationale sur la santé et la sécurité de l'AFPC partageaient entièrement cette opinion.
Les militantes et militants syndicaux mènent la lutte pour sauver le registre des armes à feu
Les militantes et militants de l'AFPC de la région de l'Atlantique exercent des pressions politiques et organisent des protestations novatrices pour aider à sauver le registre national des armes d'épaule.
Le projet de loi d'initiative parlementaire C-391, parrainé par la députée conservatrice Candice Hoeppner, est le dernier d'une longue liste d'efforts de la droite pour abolir le registre des armes à feu au Canada. Le système d'enregistrement des carabines et fusils de chasse et les quelque huit millions de dossiers inscrits au registre des armes à feu sont dans la ligne de tir. Si le projet de loi est adopté, il sera impossible de retracer les armes d'épaule.
Malgré la prorogation du Parlement, la menace du projet de loi C-391 est toujours omniprésente. Le 4 novembre 2009, le projet de loi a été adopté en deuxième lecture par 27 voix et a été renvoyé au Comité permanent de la sécurité publique et nationale. Le caucus conservateur ainsi qu'une poignée de députés néodémocrates et libéraux l'ont appuyé. La prorogation n'empêche pas les projets d'initiative parlementaire de suivre leur cours, ce qui signifie que le projet de loi C-391 sera discuté en comité comme prévu lorsque le Parlement reprendra ses travaux en mars.
Sauvons la vie des femmes
« Les femmes d'un bout à l'autre du Canada, y compris les membres de l'AFPC, sont outrées par cette dernière attaque contre le registre national des armes d'épaule », déclare Jeannie Baldwin, vice-présidente exécutive régionale de la région de l'Atlantique de l'AFPC. « Le registre sauve des vies et il sauve la vie de femmes. »
Le Registre canadien des armes à feu permet aux policiers de vérifier s'il y a des armes à feu dans les lieux où ils doivent intervenir. On consulte le registre environ 10 000 fois chaque jour. Le service est essentiel en cas de violence familiale lorsque la présence d'un fusil au domicile peut radicalement augmenter le risque de danger pour les femmes et les enfants. Depuis que le registre a été établi en 1995, le nombre d'homicides conjugaux commis avec une arme à feu a chuté de moitié au Canada.
Au cœur de la lutte se trouvent les membres de la section locale 60001 du Syndicat des employé-e-s du Solliciteur général qui travaillent au Bureau central de traitement du Programme canadien des armes à feu de la GRC à Miramichi, au Nouveau-Brunswick. Depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs en 2006, ils défendent le registre et leur emploi.
En février 2009, Stephen Harper a annoncé à un auditoire de Miramichi qu'il n'y aurait pas de perte d'emploi fédéral dans la région si jamais le registre devait être aboli. Près d'un an plus tard, il n'a pas encore indiqué comment il prévoit protéger ces emplois si le projet de loi C-391 est adopté.
Plaidoyer animé
Se joignant à des militantes et des militants de partout dans les provinces de l'Atlantique, les travailleuses et les travailleurs de la section locale 60001 ont monté une campagne novatrice et particulièrement habile sur le plan politique pour sauver le registre des armes à feu. Ils ont inscrit leur char allégorique à la Parade des lumières, à Miramichi, et ont exhorté les résidents et les politiciens et les politiciennes de la communauté à lutter contre l'abolition du projet de loi C-391. Ils ont aussi placé une annonce dans The Miramichi Leader et ont adressé des lettres à la rédaction de journaux communautaires. Des travailleuses et travailleurs ainsi que des militantes et militants voués à la défense des droits des femmes ont exercé des pressions auprès du gouvernement et des dirigeantes et dirigeants d'entreprises et ont recueilli des centaines de signatures.
La campagne a pris de l'ampleur à un forum régional des femmes tenu à Halifax en novembre dernier. Les participantes ont constaté l'ironie amère du progrès du projet de loi à l'approche du 20e anniversaire du massacre de 14 femmes abattues par un homme armé à l'École Polytechnique.
Tout au long de décembre, les femmes ont organisé des manifestations à la chandelle devant les bureaux des députées et députés qui ont appuyé le projet de loi, exerçant des pressions pour qu'ils votent contre le projet de loi lorsqu'il sera présenté à la Chambre des communes. Les femmes se sont réunies et se sont fait entendre de Fall River à Happy Valley- Goose Bay.
La campagne pour sauver le registre des armes d'épaule se poursuit. Visitez le site Web de l'AFPC pour découvrir comment vous pouvez y participer.
Date de modification : 2011/10/14







