
Numéro 1- 25 avril 1997
Le 21 avril, le Conseil du
Trésor a rencontré l'AFPC pour lui présenter une offre
partielle concernant l'équité salariale. À partir des appels
que nous avons reçus des membres, nous avons dressé la liste
suivante de questions et réponses:
Q. Le 21 avril, le Conseil du
Trésor rencontrait l'Alliance pour lui faire une offre
concernant l'équité salariale. Que s'est-il passé?
R. Le Conseil du Trésor a
présenté une offre partielle qui laisse beaucoup de questions
sans réponse, des questions comme qui précisément aura droit
aux rajustements? Quelles seront les sommes versées? Quelle
période sera visée par les rajustements?
Q. Selon les médias, l'offre du
Conseil du Trésor atteindrait le milliard de dollars. Ce chiffre
est-il exact ou essaie-t-on de nous dorer la pilule?
R. Le Conseil du Trésor prétend
que son offre partielle s'élève à 815 $ millions.
Q. Tous les groupes sont-ils
visés par l'offre partielle?
R. Non. L'offre ne s'applique pas
aux groupes HS et DA-PRO. Le Conseil du Trésor soutient
notamment que le groupe HS a déjà fait l'objet d'un règlement.
Ce raisonnement est défectueux parce que le groupe LS a aussi
déjà fait l'objet d'un règlement et est visé par l'offre. Par
ailleurs, bien que le groupe HS soit devenu neutre sur le plan de
la représentation des hommes et des femmes en 1990, le Conseil
du Trésor a reconnu qu'il est redevenu à prédominance
féminine entre 1990 et 1994. Dans le cas du groupe DA-PRO, le
Conseil du Trésor a établi la moyenne des traitements de
l'ensemble des membres du groupe. Les traitements beaucoup plus
élevés des titulaires de postes aux niveaux supérieurs
relèvent la moyenne. Nous continuerons à nous battre pour que
ces groupes soient visés par l'offre.
Q. L'offre partielle
englobe-t-elle les sommes dues au titre de la rétroactivité?
R. La part de rétroactivité
visée par l'offre remonte au 1er avril 1987. Le
Conseil du Trésor est prêt à verser 65 % des sommes dues,
d'après ses calculs.
Q. Pourquoi a-t-il choisi 1987?
L'étude du comité mixte sur la parité salariale a été
amorcée en 1985 à la suite d'une plainte déposée en 1984.
R. 1987 est l'année où l'on a
recueilli des renseignements sur les emplois dans le cadre de
l'étude sur la parité salariale. Plus précisément, il se
trouve aussi que 1987 est l'année où l'écart salarial est le
plus étroit possible. Ce n'est donc pas par hasard que le
Conseil du Trésor a choisi cette année-là. Après 1987, les
groupes à prédominance masculine, comme les EG, PM, SC et WP,
ont reçu des hausses salariales à la suite de la signature de
conventions, ce qui a eu pour effet d'élargir l'écart salarial.
Q. La loi précise-t-elle le
montant de la rétroactivité qui doit être versé?
R. La Loi canadienne sur les
droits de la personne ne le précise pas, mais une décision
rendue récemment par la Cour d'appel fédérale a confirmé
qu'il était raisonnable de faire remonter la période portant
effet rétroactif à un an avant la date du dépôt de la
plainte. Telle a été la pratique du Conseil du Trésor par le
passé et telle est la politique de la Commission canadienne des
droits de la personne.
Q. Les rajustements, y compris
les paiements rétroactifs, seront-ils ajoutés à nos salaires?
R. Le Conseil du Trésor ne veut
pas s'engager à incorporer les rajustements aux salaires.
Q. Le Conseil du Trésor
recalculera-t-il les sommes qui me sont dues au titre du congé
de maternité, des heures supplémentaires, de l'indemnité de
départ, de la rémunération d'intérim et d'autres
dédommagements semblables qui me donneraient droit à des
rajustements.
R. Le Conseil du Trésor n'a pas
pour l'instant décidé si l'offre va s'appliquer à ces
dédommagements. Cependant, vu le travail administratif que cela
implique, le Conseil du Trésor voudra probablement éviter
d'effectuer ces calculs.
Q. L'offre s'appliquera-t-elle
aux employé-e-s appartenant aux groupes touchés, qui ont
démissionné, pris leur retraite, accepté la prime de départ
anticipé ou adhéré au Programme d'encouragement à la retraite
anticipée?
R. Le Conseil du Trésor a
actuellement comme position que le paiement rétroactif
s'appliquera aux employé-e-s qui ont démissionné ou pris leur
retraite. Cependant, l'offre partielle ne s'appliquerait qu'aux
employé-e-s qui ont cessé de travailler parce qu'ils
satisfaisaient aux exigences de l'assurance-invalidité ou de
l'invalidité de longue durée, si la cessation a eu lieu après
1993. Le Conseil du Trésor n'a présenté aucune position
concernant l'indemnité de départ et les programmes de départ
anticipé et d'encouragement à la retraite anticipée.
Q. Des intérêts seront-ils
versés sur les montants portant effet rétroactif?
R. Le Conseil du Trésor a fait
savoir qu'il a une position concernant la question des
intérêts, mais il a refusé de nous en préciser la teneur.
Devant le Tribunal canadien des droits de la personne, le
syndicat a soutenu que l'intérêt composé devait être
accordé. Le Conseil du Trésor a fait valoir que l'intérêt
simple devait s'appliquer.
Q. L'offre partielle du Conseil
du Trésor est-elle sérieuse?
R. Le Conseil du Trésor a enfin
admis qu'il doit beaucoup d'argent à nos membres. C'est un
progrès important. Il reste cependant beaucoup de questions à
régler.
Q. S'agit-il de l'offre
définitive du Conseil du Trésor?
R. À la réunion du 21 avril, le
Conseil du Trésor a confirmé qu'il s'agit de sa première offre
et qu'il est disposé à nous rencontrer pour examiner la
possibilité de conclure une entente négociée.
Q. D'autres rencontres ont-elles
été prévues?
R. Sous toutes réserves, les
parties ont convenu que l'employeur et l'Alliance se
rencontreront pour tenter de régler la question en marge du
processus normal de négociation collective énoncé dans la Loi
sur les relations de travail dans la fonction publique. Ces
rencontres débuteront dans les meilleurs délais et devraient
durer jusqu'au 30 juillet 1997. Cependant, la période pourrait
être prolongée d'un commun accord.
Lorsque les rencontres auront lieu, nous diffuserons d'autres renseignements à mesure qu'ils nous seront communiqués.