
No 10
Le 11 septembre 1997
LE CONSEIL DU TRÉSOR REFUSE DE NOUS
RENCONTRER
Dans un geste étonnant, le Conseil du Trésor a annoncé, le
9 septembre, qu'il refusait de tenir d'autres négociations sur
l'équité salariale à moins que l'AFPC ne consente à régler
pour à peu près la moitié du montant qui, selon nous, est
légalement requis. Cela est tout à fait contraire aux
discussions que nous avions tenues en août, alors que nous
avions convenu d'examiner la toute dernière proposition du C.T.
et d'y répondre en septembre. Cette décision est prise en
dépit de la lettre du 5 septembre du président de l'AFPC, Daryl
Bean, dans laquelle il demande une rencontre et précise que
l'AFPC serait disposée à présenter à ce moment-là une
position portant sur toutes les questions en suspens.
Points saillants de la proposition du Conseil du Trésor
à la mi-août
Cette proposition comprend plusieurs nouvelles méthodologies
(nous ne savons plus au juste combien il y en a eu), chacune
s'appliquant à une période différente. Il y a certaines
questions qui, nous l'espérions, seraient tirées au clair à
notre prochaine rencontre, mais voici ce qui semblait être
l'offre du Conseil du Trésor:
| PÉRIODE | MÉthodologie |
| Du 1er avril 1997 à ce jour | 100% d'un rajustement basé sur un indice composite d'hommes, qui utilise les taux de rémunération de 1997 mais élimine 9 des groupes (même les PM) inclus dans l'étude mixte sur la parité salariale (l'élimination de ces groupes réduit le montant des rajustements). |
| Du 1er avril 1995 au 31 mars 1997 | Les rajustements décrits dans la case ci-dessous seront traités comme une rémunération à toutes fins. Par exemple, l'avancement et les heures supplémentaires seront recalculés et les 5% ne seront plus payés. |
| Du 1er avril 1993 au 31 mars 1995 | 65% d'un rajustement basé sur un indice composite d'hommes, qui utilise les taux de rémunération des hommes pour 1993 mais élimine 4 des groupes à prédominance masculine inclus dans l'étude mixte sur la parité salariale, plus 5%, au lieu de recalculer ces paiements comme des heures supplémentaires et de l'avancement. |
| Du 1er avril 1987 au 31 mars 1993 | 65% d'un rajustement basé sur un indice composite d'hommes, qui utilise les taux de rémunération de 1987, plus 5% au lieu de recalculer ces paiements comme des heures supplémentaires de l'avancement. |
| Du 13 décembre 1983 au 31
mars 1987 (pour le groupe CR) Du 1er avril 1994 au 31 mars 1987 (pour tous les autres groupes à prédominance féminine) |
Paiement forfaitaire de 3
000 $ (qui couvre plus de 3 ans), proportionnel à la
durée de l'emploi. Paiement forfaitaire de 2 500 $ (qui couvre plus de 3 ans), proportionnel à la durée de l'emploi. Les paiements forfaitaires ne sont basés sur aucune méthodologie quelconque. |
Il est très important de comprendre que cette proposition
représenterait moins de la moitié du montant que l'Alliance
estime être dû, et non les 65% et les 100% qu'il peut sembler
être à première vue. Voici pourquoi :
À notre avis, il n'y a absolument rien qui justifie le
recours à des méthodologies différentes à des périodes
différentes (autre que le fait que quelque chose comme un
paiement de 5%, au lieu de recalculer des dispositions telles les
heures supplémentaires, pourrait être nécessaire pour les
périodes où il n'existe plus de dossiers sur la
rémunération). Nous croyons aussi que la Loi canadienne sur les
droits de la personne exige que l'écart salarial soit comblé
entièrement, pas à 65% ou moins, comme le Conseil du Trésor le
propose en regard de la période de rétroactivité.
La proposition concernant la rétroactivité est
particulièrement injuste
Il est important de se rappeler que ce règlement
s'appliquerait à bien plus d'anciens employés qu'aux employés
actuels. Plusieurs de ces anciens employés ont pris leur
retraite à même de maigres pensions, et ils ont vraiment de la
difficulté à joindre les bouts. Outre le fait qu'il est
illégal, à ce que nous sachions, de payer moins que le plein
montant de rétroactivité, il est extrêmement sans coeur de
traiter aujourd'hui ces anciens employés, qui ont fait l'objet
de discrimination pendant toute leur carrière, de façon tout à
fait discriminatoire.
(Pas d'intérêt)
Devant le Tribunal canadien des droits de la personne, l'AFPC
avait réclamé un intérêt composé, tandis que le Conseil du
Trésor proposait un intérêt simple. Malgré cela, le Conseil
du Trésor a refusé tout au long des négociations de prendre le
moindre engagement en ce qui a trait à l'intérêt. Au
téléphone, Mary Eberts avait donné à entendre que le Conseil
du Trésor était disposé à payer "jusqu'à concurrence
de" l'intérêt simple, mais, pendant les négociations,
elle a toujours refusé de le confirmer.
Prochaines options
Autres options
Q. Pourquoi l'Alliance n'a-t-elle pas demandé aux membres de
se prononcer par voie de scrutin sur l'offre du Conseil du
Trésor ?
R. La tenue d'un scrutin n'est ni pratique ni appropriée pour
les raisons suivantes :
Le Conseil du Trésor estime à l'heure actuelle que le
règlement touche possiblement 200 000 employé-e-s actuels et
ex-employé-e-s. Comme beaucoup d'employé-e-s ont démissionné,
ont pris leur retraite ou sont passés à d'autres groupes
professionnels (et relèvent d'autres syndicats dans certains
cas), l'organisation d'un scrutin s'adressant à l'ensemble des
personnes touchées serait presque impossible. Il ne serait pas
équitable, par exemple, que les employé-e-s actuels se
prononcent en faveur d'un règlement assorti d'une période de
rétroactivité limitée, alors que la rétroactivité est
l'aspect le plus important pour les personnes qui ont pris leur
retraite.
Comme les sommes forfaites diffèrent selon les groupes et les
niveaux auxquels appartiennent les employé-e-s, il serait
également injuste que le vote des membres d'un groupe
bénéficiant d'un important rajustement lie les mains de ceux
qui ne recevraient qu'un modeste rajustement, voire rien du tout.
À cause du temps écoulé, il serait également pratiquement
impossible d'organiser des scrutins distincts pour différents
groupes. Même si cela était possible, l'acceptation d'une
partie du règlement et le rejet d'une autre partie ne semble pas
être un choix à retenir.
Continuer à exercer des pressions
Le Parlement inaugure sa session le 22 septembre. Pourquoi
ne pas en profiter pour montrer au gouvernement que vous voulez
que l'écart salarial soit comblé et que la discrimination
cesse; vous voulez ce qui vous est dû. Participez aux activités
concernant l'équité salariale dans votre région. Et continuez
à envoyer des fax à Marcel Massé et à lui téléphoner. Ses
numéros de fax sont : (613) 957-5570, (613) 990-2806, (819)
994-8557; ses numéros de téléphone sont : (613) 952-5555,
(613) 975-2666, (819) 994-8844.