
No 13
Le 17 décembre 1997
LE CONSEIL DU TRÉSOR SE RETIRE DES
NÉGOCIATIONS - ENCORE UNE FOIS!
Le 8 décembre, des représentantes et
représentants de l'AFPC ont rencontré Mary Eberts et son
équipe du Conseil du Trésor afin de poursuivre les pourparlers
concernant l'équité salariale. Entre-temps, Marcel Massé,
président du Conseil du Trésor, tenait une conférence de
presse où il affirmait que les négociations arrivaient à terme
et faisait des déclarations erronées au sujet de la position de
l'Alliance.
La position de l'Alliance a été constante
devant le Tribunal canadien des droits de la personne et dans les
pourparlers avec le gouvernement. La plainte sur l'équité
salariale sera réglée lorsque nos membres auront reçu les
salaires rétroactifs exigibles, l'intérêt sur les sommes dues
pendant les treize dernières années et des dommagesintérêts
à titre de dédommagement pour avoir été privés de ces fonds.
Les salaires rétroactifs :
Il s'agit de la somme due, qui aura pour effet d'éliminer
l'écart salarial entre le salaire moyen des femmes et le salaire
moyen des hommes dans le cadre de nos membres au service de la
fonction publique fédérale. L'Alliance a maintenu sa position
selon laquelle, pour que la loi soit respectée, cet écart doit
être comblé complètement et intégralement.
La somme forfaitaire de 3 000 $ que
le Conseil du Trésor a offert aux CR et de 2 500 $ aux
autres groupes pour la période se terminant le 31 mars 1987
représente moins de 25 % de la somme qui est due dans le
cas de certains groupes et niveaux. Une offre équivalant à 65 %
de la somme due, faite en 1987-1988, représente moins de
40 % de cette somme en 1992-1993 dans le cas de certains
groupes et niveaux. En effet, le salaire moyen des employé-e-s
appartenant à des groupes à prédominance masculine s'est accru
de façon spectaculaire durant la période visée, mais l'offre
du Conseil du Trésor ne tient pas compte de cette réalité. Son
offre ne respecte absolument pas l'obligation de l'employeur en
vertu de la loi.
L'intérêt : Devant
le Tribunal, l'AFPC et la Commission canadienne des droits de la
personne ont plaidé en faveur du versement de l'intérêt
composé sur les sommes dues. Le Conseil du Trésor a insisté
sur la nécessité de verser de l'intérêt simple. Dans un geste
de bonne foi pour régler le différend, l'Alliance a fait un pas
important et, le 30 octobre, a déposé une proposition
prévoyant le versement de l'intérêt simple. Bref, l'Alliance a
accepté la position défendue par le Conseil du Trésor devant
le tribunal. Or, Marcel Massé prétend maintenant que cette
position est déraisonnable.
Les dommages-intérêts :
La demande dommages-intérêts constitue un effort de la part
de l'Alliance pour dédommager ses membres pour le fait de
n'avoir pas été convenablement rémunérés pendant les 13
dernières années et pour les répercussions de cette situation
sur eux. Au cours de la période en question, les membres ont à
jamais perdu la chance d'utiliser ces fonds pour répondre à des
besoins particuliers. Par ailleurs, les fonds reçus à titre de
dommages-intérêts ne sont pas imposables et ont donc un effet
positif maximal.
Personne n'a dit que la somme nécessaire au
règlement de la plainte serait petite. Un grand nombre
d'employé-e-s actuels et d'anciens employé-e-s sont visés par
cette plainte de treize ans. En laissant pourrir la situation et
s'accumuler les montants impayés, le gouvernement espère, par
l'intimidation, amener nos membres à accepter une somme moindre
que celle qui leur est due, parce que le montant total semble
tellement énorme.
Le gouvernement omet également de mentionner
un autre point important, à savoir que, à l'exception des
dommages-intérêts, toutes les sommes reliées à l'équité
salariale sont imposables. Certes, le syndicat continue à
proposer des moyens de réduire au minimum l'incidence de la
fiscalité, mais une importante tranche des sommes prévues dans
le règlement retourneront au gouvernement fédéral sous forme
d'impôts.
Nos calculs peuvent se résumer comme
suit :
Salaires rétroactifs dus : 2,2 milliards de dollars - impôt fédéral* = 1,6 milliard de dollars
Intérêt simple de 8 % en moyenne : 1,275 milliard de dollars - impôt fédéral* = 994 millions de dollars
Dommages-intérêts : 500 millions de dollars (non imposables)
Total : 3,094 milliards de dollars
[* On s'est servi d'un taux d'imposition
fédéral de 26 % qui s'applique à des revenus supérieurs
à 29 000 $.]
Rajustement des avantages sociaux liés
au salaire - montant inconnu
Le gouvernement a aussi fait allusion aux
montants nécessaires pour apporter des rajustements aux
pensions, aux indemnités de congé de maternité, etc. En
l'absence de renseignements détaillés au sujet des employé-e-s
actuels et des anciens employées, il est pratiquement
impossible de calculer les montants en question. Néanmoins, les
fonds requis pour apporter les rajustements nécessaires dans ces
cas seront tirés du Régime de pensions de retraite de la
fonction publique et du Régime d'assuranceemploi
respectivement, deux régimes financés en partie par les
cotisations de nos membres. Dans le cas de l'assuranceemploi,
le gouvernement ne verse aucune cotisation.
Méfiez-vous des calculs du gouvernement
Tout au long du processus de règlement de la
plainte, les chiffres du Conseil du Trésor ont changé à
intervalles réguliers et, à bien des occasions, ne font pas le
compte exact. Dans le calcul du nombre de personnes visées par
la plainte, nous estimons qu'il y a eu beaucoup de
comptabilisation en double, si l'on se fie aux chiffres qui nous
ont été présentés. À titre d'exemple, le personnel
temporaire embauché à intervalles réguliers par Revenu Canada
durant la période des impôts ou par Statistique Canada durant
la période de recensement sont comptés à maintes reprises.
Cette façon de faire a pour effet de gonfler les calculs du
Conseil du Trésor.
La question de la tenue d'un vote
Marcel Massé continue d'éviter la véritable
question, à savoir le règlement de la plainte et l'émission de
chèques, tout en essayant d'obscurcir le débat en parlant de
tenir un vote sur l'offre du gouvernement. Pourquoi tient-il
tellement à tenir un vote ? Peut-être parce qu'il persiste
à sous-estimer les membres de l'AFPC et qu'il suppose qu'ils
pourraient accepter l'offre inconvenable du gouvernement. Si
cette hypothèse se réalisait, le gouvernement économiserait à
coup sûr des sous et éviterait une décision du tribunal
embarrassante et coûteuse. Voteriez-vous simplement pour tirer
le gouvernement d'affaire et éviter que Marcel Massé soit dans
l'embarras ?
Qui plus est, l'offre actuelle du Conseil du
Trésor ne prévoit pas un sous au chapitre de l'intérêt pour
la période de 13 ans, ni pour les dommagesintérêts. Le
gouvernement veut que vous votiez sur son offre, mais il n'étend
pas son raisonnement à d'autres situations. On ne demande certes
pas aux Canadiennes et aux Canadiens de décider de verser ou non
des intérêts sur des sommes qu'ils doivent à l'État.
Les négociations portant sur l'équité
salariale diffèrent des autres négociations concernant la
rémunération et les avantages sociaux, et le Conseil du Trésor
essaie de confondre les deux. La Loi canadienne sur les droits
de la personne et les lignes directrices afférentes exigent
que l'écart salarial soit comblé complètement. Avec l'offre du
Conseil du Trésor, un écart subsisterait. Cette offre va donc
à l'encontre de la loi.
Le Conseil du Trésor veut également que les
employé-e-s actuels acceptent par voie de scrutin une offre qui
défavorise grandement les anciens employé-e-s, dont beaucoup
ont pris leur retraite et vivent avec de très maigres pensions.
Un règlement équitable de la plainte augmentera sensiblement
ces pensions. Sur les quelque 200 000 personnes qui, selon
le Conseil du Trésor, sont visées par la plainte, seulement
environ 54 000 sont des employé-e-s actuels. Les personnes
qui ne sont pas actuellement au service de la fonction publique
seraient à peu près impossibles à joindre advenant la tenue
d'un vote.
La lutte continue
Au cours de la première semaine de décembre,
les membres ont pris des moyens d'action dans toutes les régions
du pays pour marquer le 13e anniversaire du dépôt de
la plainte d'équité salariale des CR. Ils n'ont pas été seuls
à le faire. En effet, des représentant-e-s d'autres syndicats,
des fédérations du travail, des groupements féministes et des
groupes de personnes âgées ont manifesté dans plusieurs
localités. [Voir le dernier numéro du Parlons Syndicat pour
obtenir plus de renseignements concernant ces activités.]
La reprise du service postal a fait en sorte
que des milliers de cartes de souhaits ont pu être envoyées aux
député-e-s pour leur rappeler qu'il n'y aura pas de paix sans
équité salariale, pas de prospérité sans négociation
collective et pas de joie pendant le temps des Fêtes tant que le
moral sera aussi bas.
Des annonces paraîtront tous les jours
jusqu'au 21 décembre dans les quotidiens et les journaux
communautaires pour réclamer que le gouvernement cesse de parler
d'équité et qu'il passe à l'action, c'est-à-dire qu'il verse
un acompte dès maintenant.
Ligne directe « en congé »
La ligne directe de l'AFPC sur l'équité
salariale sera interrompue du 24 décembre au 5 janvier afin de
permettre à la préposée à ce service de prendre un congé
bien mérité. Le numéro de téléphone est le 236-0572 (RCN) et
le 1-888-655-5111. Il nous fera plaisir de prendre vos appels au
début de la nouvelle année !
Nous continuerons à répondre au courrier
électronique adressé à equalpay@psac.com.