
Numéro 14
Le 6 février 1998
LE TRIBUNAL
CANADIEN DES DROITS DE LA PERSONNE
Au cours de 1997,
l'AFPC a tenté d'obtenir un règlement de la plainte de nos
membres en matière d'équité salariale fédérale.
Malheureusement, le gouvernement a consacré plus de temps à
proférer des menaces et à se retirer de la table qu'à
négocier de bonne foi. En 1998, notre syndicat continuera de
poursuivre son objectif d'un règlement négocié dans le cadre
des dispositions de la Loi canadienne sur les droits de la
personne. Si le gouvernement ne collabore pas, la plainte en
matière d'équité salariale fédérale sera en définitive
résolue par une décision du Tribunal canadien des droits de la
personne mis sur pied pour entendre notre plainte. Le présent
bulletin communique certains renseignements sur le Tribunal et ce
à quoi peuvent s'attendre les membres de l'Alliance.
Quel est le
Tribunal ?
Un tribunal des droits
de la personne est indépendant de la Commission canadienne des
droits de la personne. C'est une tribune de trois personnes qui
agissent comme juges pour interpréter la Loi canadienne sur les
droits de la personne. Ces personnes entendent la preuve et les
plaidoiries fondées sur des faits et la loi et rendent des
décisions. Les trois membres de la CCDP de l'AFPC par opposition
au Tribunal du Conseil du Trésor - un homme et deux femmes - ont
été choisis par le président du Tribunal des droits de la
personne à partir d'une liste de noms proposés par le parti au
pouvoir au moment de leur nomination. Ces personnes proviennent
de différentes régions du pays et possèdent des connaissances
générales différentes.
Décisions du
Tribunal jusqu'à ce jour
Le Tribunal a déjà
statué en faveur de l'AFPC à plusieurs reprises. Sa décision
la plus encourageante a été rendue en 1996 lorsqu'il a jugé
que les résultats de l'étude du comité mixte sur la parité
salariale (1985-1989) étaient fiables et pouvaient servir au
calcul de « l'existence ou non de disparité salariale
entre les hommes et les femmes employés dans un même
établissement. »
Décisions à
venir du Tribunal
Du printemps 1996 à janvier 1997 les parties ont présenté leurs plaidoiries et attendent maintenant une décision sur les points suivants :
Quand
pouvons-nous attendre cette décision ?
L'AFPC a récemment
reçu une lettre du registraire du Tribunal des droits de la
personne dans laquelle on dit qu'on ne pourrait s'attendre à une
décision avant la fin de mars 1998. Nous espérons que ce ne
sera pas beaucoup plus long mais nous connaissons la durée et la
complexité de la cause qui rendent la décision difficile à
rédiger.
Quelle est
l'incidence de la décision du Tribunal ?
Contrairement à la
déclaration de M. Marcel Massé sur une autre série
d'audiences, la décision du Tribunal est exécutoire. L'une ou
l'autre des parties ne peut interjeter appel dans les trente
jours que s'il y a erreur de fait ou erreur de droit. Autrement
dit, le gouvernement ne peut interjeter appel simplement parce
qu'il n'aime pas la décision. Si la décision du Tribunal ne
comporte pas d'erreur de fait ou d'erreur de droit, il ne peut y
avoir d'appel. Un appel serait entendu par la Cour fédérale
(section de première instance). Si l'appel va au-delà de cette
étape, il pourrait être renvoyé à la Cour fédérale,
division d'appel, et peut-être même à la Cour suprême du
Canada. Toutefois, la Cour suprême n'accorde pas toujours
l'autorisation d'interjeter appel. Et seulement les parties de la
décision qui sont dans l'erreur pourraient être débattues.
Même si l'AFPC ou le
Conseil du Trésor estime qu'il y a de bonnes raisons
d'interjeter appel, les sommes d'argent devant être payées aux
membres de l'AFPC selon la décision du Tribunal devront être
versées. Le processus d'appel n'empêche pas la décision du
Tribunal d'être appliquée à moins que le gouvernement puisse
convaincre la Cour du contraire. Encore une fois, un tribunal ne
pourra décider d'arrêter le paiement simplement parce que le
gouvernement n'est pas d'accord ou n'aime pas la décision du
Tribunal.
On entrevoit la
fin - plus tôt que plus tard
La pression exercée
par les membres de l'AFPC sur les député-e-s les amène plus
près que jamais d'une solution positive.
L'AFPC a reçu
beaucoup d'appui des médias et du public en général sur sa
position. L'AFPC fait partie d'une campagne nationale « sur
l'équité salariale, les salaires justes » avec le
Congrès du travail du Canada et le Comité canadien d'action sur
le statut de la femme. Des questions provenant du Nouveau parti
démocratique et du Bloc québécois continuent de garder le
dossier au premier plan à la Chambre des communes. Il y a un an
il n'y avait rien de cela. Grâce à l'engagement, à l'énergie,
à la créativité et plus important encore, à la solidarité
des membres de l'AFPC, ce dossier connaîtra un dénouement
justifié.