
No 16
Le 24 mars 1998
LA DÉCISION DANS L'AFFAIRE DE BELL CANADA
N'INFLUENCERA PAS LA PLAINTE DE L'AFPC
La décision défavorable récente d'un juge de la Cour
fédérale, division de première instance, le juge Francis
Muldoon, concernant une plainte d'équité salariale mettant en
cause le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et
du papier (SCEP) et Bell Canada, n'aura AUCUN impact sur le
Tribunal qui a été saisi de la plainte de l'AFPC au palier
fédéral.
La décision du juge Muldoon fait suite à un appel interjeté
par Bell Canada pour empêcher le Tribunal des droits de la
personne d'entendre la plainte du SCEP contre Bell. Le juge
Muldoon a fondé sa décision sur plusieurs motifs distincts, qui
sont spécifiques à la plainte du SCEP contre Bell et qui n'ont
aucun rapport avec notre plainte contre le gouvernement
fédéral.
Il y a quelques années, le gouvernement fédéral avait
tenté en vain quelque chose de semblable. En 1991, devant la
Cour fédérale, le Conseil du Trésor avait contesté la
compétence du tribunal saisi de la plainte de l'AFPC et demandé
un arrêt des audiences. Il avait perdu sa première
contestation, et il a perdu encore lorsqu'il a interjeté appel
de la décision. De plus, le gouvernement a échoué dans ses
contestations devant les tribunaux pendant les audiences du
tribunal. Le gouvernement ne peut faire marche arrière et
s'engager une fois de plus. Nous sommes déjà passés par là.
C'est maintenant au Tribunal de trancher.
Marcel Massé, qui n'a aucun lien avec l'affaire de Bell, a
profité de cette occasion pour formuler des commentaires qui
s'inspirent de tactiques alarmistes et qui ne sont pas fondées
sur la réalité. Il n'y a aucun rapport entre l'offre du
gouvernement et cette décision. Il n'y a aucun rapport, non
plus, entre la méthodologie mentionnée dans la décision du
juge Muldoon et celle utilisée par l'AFPC ou le Conseil du
Trésor. Massé ne fait que tenter une fois de plus de négocier
par l'entremise des médias et forcer nos membres à accepter une
offre inférieure.
LA DÉCISION DU TRIBUNAL TOUJOURS ATTENDUE
Comme nous l'avions mentionné dans le bulletin n14, en
février, l'AFPC a appris que le tribunal qui a été saisi de la
plainte de l'AFPC sur l'équité salariale, au nom de ses membres
à l'emploi du Conseil du Trésor, ne rendrait pas sa décision
avant le 31 mars 1998. Nous espérons avoir des informations plus
précises prochainement.
Le 19 mars, le président national Daryl Bean écrivait à la
présidente du Tribunal des droits de la personne, celle qui
surveille l'établissement des tribunaux chargés d'entendre les
plaintes en application de la Loi canadienne sur les droits de la
personne. Il lui a rappelé que les membres de l'AFPC attendent
depuis plus de 13 ans que justice soit rendue, et il a fait
allusion aux difficultés financières que cette injustice a
causées à nos membres, présents et anciens. Il lui a demandé
de faire tout ce qu'elle pouvait pour aider le Tribunal, qui a
été saisi de notre plainte au nom de nos membres, à parvenir
à une décision le plus rapidement possible. Selon M. Bean,
« tout le monde surveille les nouvelles au sujet de la
décision du Tribunal avec une attention incroyable ».
M. Bean reconnaît, dans sa lettre, la complexité de cette
affaire. Le Tribunal a tenu 295 jours d'audiences et reçu des
milliers de pages de documents rédigés entre 1991 et 1997.
BEAN À CHRÉTIEN : DISTRIBUEZ DES CHÈQUES,
MAINTENANT!
Cela peut paraître comme une vieille rengaine, mais elle vaut
la peine d'être répétée. Le gouvernement s'apprête à verser
de l'argent à des sous-ministres qui gagnent des salaires dans
les six chiffres, à recommander des augmentations salariales
pour les juges, et il songe à des augmentations pour les
députés fédéraux; n'est-il pas temps de commencer à verser
une partie de l'argent pour l'équité salariale?
Dans une lettre, également datée du 19 mars, le président
Bean a demandé au Premier ministre Jean Chrétien de témoigner
du respect et du souci envers les personnes au bas de l'échelle
salariale. La rémunération des juges et des députés
fédéraux a peutêtre été bloquée, mais tous les
travailleurs et travailleuses de la fonction publique fédérale
ont subi le même sort. Et, contrairement aux cadres supérieurs,
qui ont touché des primes considérables en plus
d'augmentations, et aux juges, qui ont bénéficié de leur
augmentation de l'indexation annuelle, l'an dernier, les membres
de l'AFPC attendent encore.
« Vous devez prendre en considération le fait que la
grande majorité des travailleuses et des travailleurs touchés
gagnent moins de 30 000 $ par année, par opposition
aux cadres de gestion de la fonction publique qui gagnent plus de
100 000 $ et qui ont bénéficié de hausses de
traitement. À titre de Premier ministre, il vous incombe de
faire respecter la loi et de voir à ce que l'ensemble des
travailleuses et des travailleurs soient traités avec dignité
et respect. Le versement d'un acompte correspondant à la somme
que le Conseil du Trésor reconnaît maintenant que le
gouvernement doit à son personnel est le moins que vous puissiez
faire. »
"WHAT KIND OF LEADERSHIP IS THIS?"
Il s'agit du titre d'une réclame d'une page parue dans le
numéro du 16 mars du journal d'Ottawa, The Hill Times. Le
journal, qui traite de l'activité politique sur la Colline
parlementaire et à l'extérieur, est lu généralement par les
députés fédéraux et leur personnel, par des lobbyistes et les
bureaucrates du gouvernement. Ce numéro a été publié de
manière à être disponible aux milliers de délégués qui ont
assisté au congrès du Parti libéral, tenu à Ottawa du 20 au
22 mars.
Entre autres, la réclame critique vertement le gouvernement
pour avoir combattu l'équité salariale pendant des années.
(trad.) « M. Massé - la fonction publique est sans dessus
dessous à cause des injustices dans le système que vous, comme
chef de file, avez négligé de corriger, sauf pour répondre à
vos propres besoins. Si le leadership est une qualité censée
inspirer la confiance, pourquoi vos employés sontils si
démoralisés? »