
No 17
Le 31 mars 1997
TOUJOURS EN ATTENTE DE LA DÉCISION DU TRIBUNAL
Le Tribunal qui a entendu notre plainte sur l'équité
salariale dans la fonction publique fédérale rédige
actuellement sa décision et n'a pas encore précisé la date à
laquelle il la rendra publique. Nous espérions avoir des
informations finales à vous communiquer à la fin de mars. Dès
que nous aurons de nouveaux développements, vous serez mis au
courant.
UN AUTRE JOUR...UNE AUTRE DÉCISION JUDICIAIRE
Bell Canada s'est acharnée à combattre l'équité salariale.
Suivant l'exemple du gouvernement fédéral, Bell et plusieurs
autres employeurs ont eu recours à toutes les tactiques légales
possibles pour se soustraire à leur obligation, devant la loi,
de payer un salarie égal pour des fonctions équivalentes. Et,
tout comme le gouvernement fédéral, ces employeurs ont la
bourse bien garnie - pour payer leurs avocats mais pas pour
verser un salaire juste à leurs travailleuses.
Dans le bulletin n 16, nous faisions allusion à la décision
du juge Muldoon dans la plainte d'équité salariale déposée
par le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du
papier (SCEP). Cette décision n'arrêtera pas le travail du
tribunal qui a été saisi de notre plainte à l'échelon
fédéral.
À présent, un autre juge de la Cour fédérale a statué que
le tribunal chargé d'entendre la plainte contre Bell ne peut
poursuivre ses travaux tant que la Loi canadienne sur les droits
de la personne (LCDP) n'aura pas été modifiée. Bell avait
prétendu que le tribunal n'était pas assez indépendant de la
Commission canadienne des droits de la personne (CCDP), et la
juge McGillis lui a donné raison.
Cette toute dernière décision n'affectera pas le tribunal
qui a été saisi de notre plainte à l'échelon fédéral. Les
employeurs disposent de 30 jours pour contester une décision de
la CCDP de renvoyer une plainte à un tribunal. Dans le cas du
gouvernement fédéral, le délai pour contester l'établissement
du tribunal est échu depuis longtemps. Les décisions
judiciaires précédentes ont confirmé que si vous voulez vous
opposer à ce qu'un tribunal entende votre cause, vous devez le
faire dès le début, pas après que le tribunal a entendu
l'affaire. Même les avocats de Bell Canada ont affirmé que leur
contestation n'affecterait pas les causes déjà saisies par des
tribunaux.
Dans sa décision, la juge McGillis a déclaré que les
problèmes qu'elle avait relevés au sujet de l'indépendance des
tribunaux doivent être corrigés au moyen d'un changement à la
LCDP. En fait, il semble que les problèmes aient été corrigés
au moyen d'amendements dont le Parlement est déjà saisi et qui
comprennent la nomination d'un tribunal indépendant et
permanent. Les membres d'un tribunal donné, chargé d'entendre
une plainte relative aux droits de la personne, seraient choisis
parmi les personnes qui vont constituer le tribunal permanent.
Ces amendements à la LCDP avaient été présentés lors du
dernier Parlement, mais ils sont morts au feuilleton lors du
déclenchement des élections fédérales de 1997. Les
amendements ont été présentés de nouveau par le gouvernement
en octobre 1997. D'habitude, les projets de loi du gouvernement
sont présentés en premier à la Chambre des communes, puis ils
sont renvoyés au Sénat. Cependant, le gouvernement a le choix
d'amorcer le processus au Sénat, ce qu'il a fait dans ce cas-ci.
Le projet de loi S-5 a été adopté par le Sénat, puis
présenté en première et en deuxième lectures à la Chambre
des communes. Il est à présent devant le Comité de la justice
et des droits de la personne, qui étudie le projet de loi et
entend des témoins. Le comité fera rapport à la Chambre, le
projet de loi sera débattu et soumis aux voix, puis présenté
en troisième lecture et soumis aux voix. Une fois ce processus
terminé, le projet de loi peut être proclamé loi.
Attendu que les travaux d'un certain nombre de tribunaux
pourraient être retardés par cette décision, il faut exercer
des pressions sur les députés fédéraux afin qu'ils accordent
la priorité au projet de loi S-5 et accélèrent l'adoption du
projet de loi. Même si les Libéraux sont d'accord avec ces
amendements parce que ce sont eux qui les ont présentés, nous
devons veiller à ce qu'ils tiennent leur promesse.
Nous demandons aux membres de l'AFPC d'appuyer les hommes et
les femmes, dont les plaintes en matière des droits de la
personne seront peut-être suspendues jusqu'à ce que la loi soit
modifiée, en communiquant par écrit ou par téléphone avec
leur député fédéral et avec la ministre de la Justice, Anne
McLellan, pour les prier d'agir rapidement. Une lettre type est
disponible dans votre bureau régional ou au bureau de votre
Élément; on peut aussi la consulter sur notre site web
(www.psac-afpc.com).
LA CCDP POINTE DU DOIGT LE GOUVERNEMENT AU SUJET DE
L'ÉQUITÉ SALARIALE
Dans son rapport annuel de 1997, rendu public le 24 mars (mais
rédigé avant les décisions dans l'affaire de Bell), la
Commission canadienne des droits de la personne constate qu'un
certain nombre de grandes organisations étaient résolues à
recourir aux mécanismes de contestation judiciaire pour retarder
ou faire dérailler les causes d'équité salariale. « Depuis un
certain temps, la Commission met en garde le gouvernement contre
l'approche procédurière adoptée par celuici dans le cas de
la fonction publique fédérale, car cela pourrait donner un
exemple regrettable. »
Selon la viceprésidente exécutive nationale de l'AFPC,
Nycole Turmel, « le gouvernement devrait défendre la loi au
lieu de gaspiller l'argent des contribuables à la combattre. Il
est grand temps que ce gouvernement fasse preuve de leadership et
respecte sa propre loi. Nous mettons Marcel Massé au défi
d'assumer sa responsabilité comme président du Conseil du
Trésor et de respecter la loi que son propre parti politique a
adoptée il y a 20 ans. »
ACCÈS AU SITE WEB DE L'AFPC: PANNE AUX É.U.
Les membres se plaignent qu'ils ont de la difficulté à
accéder au site web de l'AFPC. La technologie d'accès à
l'Internet qui relie toutes les différentes compagnies
téléphoniques - Bell, AT & T et autres - est tombée en
panne. Les difficultés d'accès à l'Internet et au site web de
l'AFPC vont se poursuivre tant que les compagnies n'auront pas
déterminé qui va corriger le problème. L'Alliance s'est
plainte à Bell Canada mais n'a pu savoir quand le problème
serait corrigé. Les membres peuvent quand même avoir accès au
site, mais cela pourrait prendre du temps.