
N 20
Le 1er juin 1998
QUESTIONS DÉCOULANT DE
L'ANNONCE DU TRIBUNAL
Le Tribunal canadien des droits de la
personne annonçait récemment qu'il allait rendre sa décision
publique en juillet prochain. Cette annonce a donné lieu à de
nombreuses questions que nous aborderons dans le présent
bulletin.
Q. A-t-on fixé la date à laquelle la
décision sera rendue publique? Certains membres ont appris que
la décision serait communiquée le 19 juillet.
R. Au moment de rédiger le présent
bulletin, aucune date officielle n'avait encore été annoncée.
Les membres qui ont téléphoné au tribunal, ont obtenu la
réponse suivante : « July, 1998 ». En anglais, cela
pourrait donner l'impression d'être « July 19,
'98. » Le 19 juillet est un dimanche et la décision ne
sera rendue publique ni un jour de fin de semaine ni un jour
férié.
Q. En quoi consistera la décision du
tribunal?
R. Le tribunal rendra une décision concernant les questions suivantes :
Q. Je croyais que la question de la
méthodologie avait déjà été réglée en 1996. lorsque le
tribunal avait donné gain de cause à l'Alliance et jugé que
les conclusions de l'étude conjointe patronale-syndicale sur la
parité salariale étaient fiables?
R. Selon la décision rendue par le
tribunal en 1996, les conclusions de l'étude sont fiables et
peuvent servir à calculer l'écart salarial. Cependant, cette
décision ne prévoyait aucune méthode qui serait utilisée par
les parties pour effectuer ce calcul. Il existe plusieurs
méthodes, et celle qui est utilisée a des répercussions sur le
montant d'argent à payer. La Commission canadienne des droits de
la personne (CCDP) et l'AFPC ont toutes deux proposé des
variations comportant toutes les données de l'étude. À notre
avis, cette méthode est la plus convenable puisque la portée de
l'étude sur la parité salariale a été déterminée en
fonction de l'utilisation de toutes les données.
Par ailleurs, le Conseil du Trésor a
suggéré diverses méthodes mais aucune d'entre elles ne tient
compte de toutes les données de l'étude. Autrement dit, le
Conseil du Trésor préférerait choisir soigneusement les
données qui font son affaire. Voilà pourquoi nous croyons que
les propositions présentées par le Conseil du Trésor ne sont
pas fiables.
La méthode proposée par l'AFPC est celle
qu'ont choisie les syndicats et le Conseil du Trésor au
début de l'étude conjointe patronale-syndicale sur la parité
salariale. (À ce moment-là, la CCDP n'était pas engagée dans
le processus et n'était donc pas partie à l'entente).
Q. Que se passera-t-il après que la
décision aura été rendue publique?
R. La décision du tribunal est
exécutoire. Les parties (l'Alliance, le Conseil du Trésor, la
Commission canadienne des droits de la personne) ont le droit
d'interjeter appel de la décision s'il y a eu erreur de fait ou
de droit dans la décision du tribunal. Dans une autre cause, la
Cour d'appel fédérale a déterminé qu'un tribunal ne s'était
pas montré suffisamment généreux dans son interprétation de
la Loi canadienne sur les droits de la personne et qu'il n'avait
pas tenu compte de l'esprit de la loi visant à réparer des
injustices historiques. Les parties disposent de 30 jours pour
demander l'autorisation d'interjeter appel.
Même si une partie ou l'autre estime avoir
de bons motifs d'en appeler de la décision, le Conseil du
Trésor sera tenu de verser aux membres de l'AFPC l'argent que le
tribunal a décrété qu'il leur devait. Le processus d'appel
n'empêche pas la mise en application de la décision du
tribunal, à moins que la Cour fédérale ne se laisse persuader
de renverser la décision. La Cour fédérale n'acceptera pas
d'arrêter les paiements parce que la décision du tribunal ne
fait pas l'affaire du Conseil du Trésor.
Dès que la décision aura été
communiquée, l'Alliance rencontrera le Conseil du Trésor pour
déterminer comment la décision sera mise en uvre et quand
les chèques seront émis. Les autres détails seront rendus
définitifs conformément à la décision du tribunal. S'il le
faut, la Cour fédérale peut être appelée à faire exécuter
la décision du tribunal.
Q. Que fera le syndicat si le Conseil du
Trésor décide d'interjeter appel de la décision?
R. L'Alliance prendra toutes les mesures
nécessaires pour contester tout appel interjeté par le Conseil
du Trésor.
Q. Comment les membres prendront-ils
connaissance du contenu de la décision?
R. Nous avons appris que la décision
comportera plus de 300 pages. Dès que nous l'aurons reçue, nous
en prendrons connaissance et rédigerons un sommaire des points
saillants. Le sommaire sera envoyé par télécopieur dans les
deux langues à tous les bureaux régionaux de l'AFPC et à tous
les bureaux des Éléments, et il sera affiché sur notre site
Web dès que possible.
Q. Le syndicat peut-il me dire combien
d'argent je recevrai?
R. Non. Évidemment, l'Alliance ne
connaîtra pas la décision du tribunal avant qu'elle soit rendue
publique. Même à ce moment-là, le syndicat ne peut calculer ce
que le Conseil du Trésor doit à un membre puisque nous n'avons
pas accès aux antécédents professionnels des membres. Seuls
les services de la paye ont suffisamment d'information pour
effectuer ces calculs.
Q. Les chèques seront-ils émis dans 90
jours?
R. Aucune échéance n'a été fixée
relativement à l'émission des chèques. Le Conseil du Trésor a
cependant laissé entendre qu'il serait possible d'émettre des
chèques aux employé-e-s actuels dans un délai de 90 jours. Le
premier changement devrait être apporté aux chèques de paye
réguliers. Dès que les nouveaux taux seront mis en application,
il sera possible de calculer la rétroactivité. La première
étape de ce processus visera les employé-e-s actuels.
Q. Comment le gouvernement remettra-t-il
les chèques aux gens qui ont droit au versement rétroactif mais
qui ont pris leur retraite ou quitté le gouvernement, ou encore
qui travaillent actuellement au sein d'une unité de négociation
étrangère à la plainte?
R. Toute personne qui reçoit actuellement
un chèque de pension de la fonction publique fédérale touchera
automatiquement les versements rétroactifs et les prestations
mensuelles seront calculées en fonction du rajustement.
Les employé-e-s qui faisaient partie d'un
des six groupes touchés mais qui font maintenant partie d'autres
unités de négociation devraient également recevoir
automatiquement les paiements rétroactifs.
Les employé-e-s qui ont droit à la
rétroactivité et qui ont quitté la fonction publique
fédérale mais qui ne reçoivent pas de chèque de pension
devraient choisir une des deux options suivantes :
communiquer avec le service du personnel du dernier ministère
où ils ont travaillé; ou, s'ils ne savent pas avec quel
ministère communiquer (surtout en raison des changements qui se
sont produits), communiquer avec la division des ressources
humaines, direction générale des services de gestion, Conseil
du Trésor, 300, avenue Laurier, Ottawa (Ontario) K1A 0R5. Le
numéro de téléphone est le (613) 992-1996. Il serait
peut-être sage de présenter toute demande de paiement
rétroactif par écrit et de conserver une copie de la demande.
Q. Une échéance sera-t-elle imposée
sur la demande de rétroactivité des anciens employé-e-s ou des
employé-e-s exerçant au sein d'autres unités de négociation?
R. Selon la pratique établie, les anciens
employé-e-s disposent d'un an pour présenter la demande de
rétroactivité.
Q. Quelles mesures les membres
peuvent-ils prendre pour minimiser les effets des impôts sur
leurs rajustements paritaires.
R. L'Alliance collaborera avec le Conseil
du Trésor en vue de mettre en place des séances de counselling
et de conseils financiers en milieu de travail et de voir à ce
que les employé-e-s puissent se prévaloir de certaines options
telles la répartition des rajustements paritaires sur 2 ou 3 ans
pour minimiser le fardeau fiscal.
Une des mesures d'allégement fiscal les
plus efficaces est l'utilisation de la portion non utilisée de
vos régimes enregistrés d'épargne-retraite. Ce montant est
indiqué sur l'avis de cotisation que vous recevez de Revenu
Canada après avoir déposé votre déclaration annuelle de
revenus.
Par exemple, si votre avis de cotisation de
1997 établit les contributions non utilisées à
5 000 $ et que vous prévoyez recevoir
10 000 $ en paiement rétroactif, vous pouvez investir
5 000 $ du rajustement paritaire dans vos REÉR, sans
que ce montant soit imposable. Pour ce faire, vous devez
présenter un formulaire de renonciation à la source en matière
d'impôt, disponible auprès de Revenu Canada, à votre service
de la paye afin que cela soit consigné à votre dossier lorsque
les chèques seront préparés.
Pour plus d'information relativement à la planification de votre rémunération rétroactive, voir l'article intitulé « Planifiez maintenant - Économisez plus tard » dans le numéro du printemps de la revue Alliance. Vous pouvez vous procurer un exemplaire de la revue à votre bureau régional de l'Alliance de la Fonction publique du Canada.