
No 21
Le 2 juillet 1998
LA DÉCISION DU TRIBUNAL SERA
ANNONCÉE DURANT LA SEMAINE DU
27 JUILLET
Le registraire du Tribunal des droits de la personne a avisé
l'Alliance que le tribunal chargé d'entendre notre plainte sur
l'équité salariale touchant les employé-e-s de la fonction
publique fédérale rendra sa décision durant la semaine
du 27 juillet.
L'Alliance fera parvenir un résumé de la décision aux
bureaux régionaux et aux Éléments le plus tôt possible après
son annonce. Ce résumé sera aussi affiché sur le site Web de
l'Alliance (www.psac-afpc.com).
COMMUNIQUÉ-ÉCLAIR : Nouvelles questions et réponses
du Conseil du Trésor
Le Conseil du Trésor a préparé une nouvelle série de
questions et réponses en prévision de la décision du Tribunal.
La plupart de ces questions, comme le contenu de la décision du
Tribunal, ont déjà été abordées dans notre bulletin no 20
ou le sont dans le présent bulletin.
Le document du Conseil du Trésor laisse entendre que la
décision ne précisera pas les sommes réelles devant être
versées. Cela est vrai. Le Tribunal tranchera sur la méthode
qui servira au calcul des sommes réelles. Le Tribunal ne
précisera pas non plus les modalités de la mise en uvre
de la décision. Ce sont là des démarches administratives
préalables à l'émission des chèques. Ces démarches font
déjà l'objet de discussions avec le Conseil du Trésor.
Le Conseil du Trésor fait allusion à la Phase III des
audiences du Tribunal. Lorsque le Tribunal a d'abord été
créé, on a cru que ce dernier aborderait les dossiers en trois
phases différentes. Dans la Phase I, le Tribunal devait se
prononcer sur la fiabilité des résultats de l'étude, ce qu'il
a fait en l996. Dans la Phase II, le Tribunal devait traiter de
questions comme la méthode, la rétroactivité, l'intérêt, les
dommages-intérêts, etc.; ce sera fait en juillet. La Phase III
devait aborder alors des questions en suspens comme l'incidence
sur l'indemnisation indirecte, c'est-à-dire les diverses
indemnités et primes versées aux travailleuses et aux
travailleurs de la fonction publique fédérale. En réalité, la
Phase III est inutile. L'Alliance et le Conseil du Trésor se
sont penchés sur la question de l'indemnisation indirecte il y a
quelque temps déjà, et en attendant la résolution définitive
de la plainte en matière d'équité salariale, ils ont convenu
d'une formule pour la régler. Il se peut qu'il soit nécessaire
de retourner devant le Tribunal si sa décision n'est pas claire
sur un des points et si des éclaircissements sont nécessaires.
Nouvelle adresse et nouveau numéro de téléphone
Dans le bulletin numéro 20, nous avons mentionné que les
anciens employé-e-s de la fonction publique fédérale qui ne
touchent pas un chèque de pension de retraite et qui ne savent
pas trop avec qui communiquer pour s'assurer de recevoir des
paiements rétroactifs au titre de l'équité salariale auxquels
ils ont droit se devaient d'informer la Division des ressources
humaines du Conseil du Trésor. On nous a informé que les
demandes de cette nature devaient être envoyées à l'adresse
suivante : Le Groupe de l'équité salariale, Secrétariat
du Conseil du Trésor, L'Esplanade Laurier, 300, avenue Laurier,
Ottawa (Ontario) K1A 0R5. Le numéro de téléphone pour
communiquer avec ce groupe est le (613) 952-2946. Nous
vous recommandons de formuler par écrit toute demande de
paiements rétroactifs et de conserver copie de votre demande.
Les moyens à prendre pour limiter la part d'impôt à
verser sur les paiements que vous recevrez au titre de l'équité
salariale
Le Conseil du Trésor a avisé l'Alliance que Revenu Canada a
préparé un formulaire spécial qui sera distribué dans les
ministères au cours des prochaines semaines. Au lieu d'avoir à
se procurer une « Demande de réduction des retenues à la
source » de Revenu Canada, les employé-e-s actuels
pourront remplir ce formulaire spécial pour mettre jusqu'à
10 000 $ de leurs paiements au titre de l'équité
salariale à l'abri du fisc sous forme de REÉR, par exemple. Un
bulletin spécial de Revenu Canada accompagnera le formulaire.
Dès que vous recevrez le formulaire, vous pourrez le remplir et
le remettre à l'un des commis à la paie et aux avantages
sociaux de votre ministère.
Les employé-e-s désireux de mettre plus de
10 000 $ à l'abri du fisc ne sont pas autorisés à
remplir le formulaire spécial. Ils doivent plutôt obtenir,
auprès de Revenu Canada, la demande de réduction
susmentionnée. Cette règle s'applique aussi sans exception aux
anciens employé-e-s et aux retraité-e-s, sans égard à la
somme.
Quand les chèques seront-ils distribués?
Il n'est pas possible d'arrêter une date exacte avant d'avoir
la décision en main.
Il se peut que les paiements rétroactifs soient versés en
deux étapes. Selon le Conseil du Trésor, les données sur la
rémunération que possède le gouvernement à partir du 1er
avril 1989 sont automatisées et très exactes. Elles peuvent
donc être traitées assez rapidement. Les calculs portant sur la
rémunération antérieure à cette date prendront plus de temps,
puisqu'ils devront être effectués manuellement. Le Conseil du
Trésor a fait savoir qu'il apporte actuellement des
améliorations au système de rémunération en vue de l'an 2000.
Ces travaux pourraient également retarder le versement des
paiements si ces derniers coïncident avec l'une des
améliorations en question.
AUX MEMBRES DE L'AFPC AU SERVICE DE LA FONCTION PUBLIQUE
FÉDÉRALE À LA VEILLE DE LA DÉCISION SUR L'ÉQUITÉ SALARIALE
:
UN TRÈS GRAND MERCI DE LA PART DU COMITÉ
EXÉCUTIF DE L'ALLIANCE
Chers membres,
Si quelqu'un avait dit que nous réussirions à résister à
14 ans de tactiques d'ordre juridique, politique et législatif
de la part du gouvernement dans la poursuite de l'équité
salariale, la plupart des gens se seraient esclaffés. Or, nous
sommes bel et bien sur le point de réaliser cet exploit.
En juillet, le Tribunal canadien des droits de la personne
rendra sa décision relativement à la plainte qu'a déposée
l'AFPC pour le compte de ses membres appartenant aux groupes CR,
EU, DA, HS, LS et ST. Cette cause fera jurisprudence dans la
mesure où il s'agira de la plus importante décision rendue à
ce jour en matière d'équité salariale en Amérique du Nord.
Nous avons tous et toutes lieu d'être fiers de la persévérance
et des efforts qui nous ont amenés jusqu'à ce moment décisif.
D'entrée de jeu, le dévouement de nos membres a été
marqué. Nos représentantes et représentants siégeant aux
comités mixtes durant les quatre ans de l'étude sur l'équité
salariale se sont acquittés haut la main d'une longue et
difficile tâche. Cette étude et les résultats qui en ont
découlé ont été déterminants dans notre lutte pour obtenir
l'équité salariale.
Très peu de temps après que le syndicat eut déposé la
plainte au nom des six groupes, en 1990, les membres de
l'Alliance ont commencé à déposer des griefs en marge de la
revendication des sommes qui leur étaient dues à juste titre.
Plus de 15 000 griefs ont été déposés.
Tout au long des six années qu'ont durées les audiences du
tribunal et la comédie des négociations subséquentes, les
membres de l'Alliance ont profité de toutes les occasions pour
mettre le gouvernement dans l'embarras et pour faire savoir aux
élu-e-s politiques ce qu'ils pensaient du refus du gouvernement
de régler la question de l'équité salariale de façon
satisfaisante. En 1992, par exemple, nos membres ont fait
parvenir au président du Conseil du Trésor d'alors, Gilles
Loiselle, des milliers et des milliers de factures « en
souffrance » se rapportant à l'équité salariale, dans
lesquelles étaient précisées les sommes dues pour services
rendus.
Au fil des ans, des dizaines de milliers de lettres, de fax,
de cartes de souhaits, de courriels et de cartes postales ont
été adressés aux différents premiers ministres, présidents
du Conseil du Trésor, ministres et député-e-s. Des centaines
d'activités régionales différentes, plus particulièrement des
moyens de pression politiques, des manifestations, des défilés
et des occupations, ont eu lieu. Ces activités, variant
d'amusantes à sérieuses, étaient toutes organisées dans un
but : obtenir l'équité salariale intégrale. En 1991,
nous avons même déclenché la grève pour donner du poids à
notre revendication concernant l'équité salariale. Le chemin
parcouru, nous le devons à ces constantes initiatives et ce
soutien permanent.
Selon nous, la décision du tribunal devrait être la
dernière étape de notre longue lutte. Malheureusement, nous
pourrions ne pas être au bout de nos ennuis. Il est en effet
possible que le gouvernement interjette appel de la décision. Si
c'est le cas, l'Alliance prendra toutes les mesures juridiques
nécessaires pour parer à l'appel et à toute tentative pour
interrompre les paiements actuellement versés. Vos interventions
et votre soutien seront de nouveau les gages de notre réussite.
Malgré toutes les manoeuvres d'ordre juridique, les menaces
de recours à des mesures législatives, les menaces d'appel et
toutes les autres tactiques dont a usé le gouvernement au fil
des ans, nous avons été forts, nous avons été persévérants
et nous avons mené une lutte fructueuse. Merci du fond du coeur
à tous nos membres qui ont fait cause commune tout au long de
cette lutte de 14 ans. Vous pouvez être fiers de votre
réalisation.
Syndicalement,
Les membres du Comité exécutif de l'Alliance
Faits saillants de notre lutte de 14 ans
1984 : L'AFPC dépose une plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) pour le compte du groupe CR
1985-1989 : Déroulement de l'étude patronale-syndicale mixte sur l'équité salariale
1990 : Le gouvernement verse des rajustements paritaires provisoires.
L'AFPC dépose une plainte auprès de la CCDP en s'appuyant sur les résultats de l'étude conjointe.
La CCDP appuie la plainte et considère les rajustements provisoires insuffisants.
1991 : Le Tribunal des droits de la personne est constitué.
Le Conseil du Trésor (C.T.) a recours aux tribunaux pour faire cesser les travaux du tribunal, et perd sa cause... à deux reprises.
Le gouvernement met fin à la grève de l'AFPC par voie législative et coupe court à tout espoir d'un règlement de la question de l'équité salariale à brève échéance.
1992-1995 : Le C.T. use de toutes les tactiques possibles pour déprécier l'étude conjointe, et échoue dans ses tentatives.
1996 : Le tribunal confirme la fiabilité des résultats de l'étude.
1997 : Malgré toutes les tactiques utilisées par le C.T., le tribunal termine enfin ses audiences.
Le C.T. coule au Toronto Star une « offre » au moment où s'amorcent les travaux du Congrès de l'AFPC.
Entre avril et décembre, le C.T. se retire des négociations à deux reprises.
1998 : Le tribunal annoncera sa décision longuement attendue.