
N 22
Le 31 juillet 1998
LA VICTOIRE EST À NOUS!!!!!!
Tout a commencé par une plainte à la Commission canadienne
des droits de la personne, il y a 14 ans. L'attente a été
longue, mais tout le travail acharné et le dévouement des
membres, des dirigeantes et dirigeants élus, du personnel et des
avocatsconseils de l'Alliance ont enfin porté fruit.
Le Tribunal canadien des droits de la personne qui a entendu
la plainte d'équité salariale de l'AFPC nous a donné raison.
Le gouvernement fédéral a enfreint sa propre loi, l'article 11
de la Loi canadienne sur les droits de la personne. Les femmes et
les hommes des groupes à prédominance féminine ne
bénéficient pas de l'égalité de rémunération pour des
fonctions équivalentes.
Méthode
L'écart salarial sera calculé selon la méthode de la
Commission canadienne des droits de la personne. Le Tribunal a
vertement critiqué la méthode proposée par le Conseil du
Trésor et a aussi rejeté la tentative de ce dernier de
contester l'Ordonnance sur la parité salariale découlant de la
Loi canadienne sur les droits de la personne. Le Tribunal a
conclu que la méthode de l'Alliance était acceptable, mais y a
préféré celle de la Commission.
La méthode de la Commission se rapproche beaucoup de celle de
l'AFPC et, dans l'ensemble, elle représente environ 90 % de
ce que l'AFPC avait calculé. Cependant, il faudrait mettre les
membres en garde contre la tentation de revenir aux sommes
publiées dans les bulletins antérieurs de l'AFPC et de penser
que 90 % de ces sommes représente un estimé des sommes qui
leur sont dues. Il est vrai que les deux méthodes se rapprochent
au niveau des résultats généraux, mais la méthode de la CCDP
diffère de celle de l'Alliance. De plus, la période de
rétroactivité fixée par le Tribunal est passablement plus
courte que celle utilisée par l'Alliance dans ses calculs.
Le Tribunal a soulevé un point important relativement à la
méthode. Il a rejeté l'argument du Conseil du Trésor selon
lequel il ne faudrait retenir que les taux de rémunération les
plus bas des groupes à prédominance masculine, aux fins du
calcul de l'écart salarial. Le Tribunal a tranché qu'il
faudrait retenir la moyenne des taux de rémunération de
ces groupes. Cette décision est importante et servira de
précédent aux causes d'équité salariale à venir.
Les rajustements paritaires seront calculés en fonction des
données de l'évaluation des emplois de 1987-1988 recueillies
dans le cadre de l'étude conjointe patronalesyndicale sur la
parité salariale, ainsi que des taux de rémunération de
l'année financière correspondante. Ainsi, les données de
l'étude serviront à calculer l'écart salarial chaque année à
partir de 1985, en fonction des taux de rémunération réels en
vigueur chaque année. Cette décision aussi est importante. Le
Conseil du Trésor avait tenté de convaincre le Tribunal de
calculer l'écart salarial une seule fois, en 1987, puis de faire
fi de toutes les augmentations versées aux groupes à
prédominance masculine les années subséquentes. Après 1987,
d'importantes augmentations salariales ont été accordées à
plusieurs groupes à prédominance masculine, y compris les
Équipages de navires (SC) le Soutien technologique et
scientifique (EG) et la Gestion des finances (FI). La position du
Conseil du Trésor aurait perpétué l'écart salarial. Il n'a
pas convaincu le Tribunal.
Rétroactivité
Le rajustement salarial sera calculé rétroactivement au 8
mars 1985. C'est à cette date que le gouvernement avait annoncé
la tenue de l'étude conjointe patronalesyndicale sur la
parité salariale. La période de rétroactivité est plus courte
que celle que nous avions demandée, mais la décision du
Tribunal est supérieure à la position du Conseil du Trésor,
qui préconisait la rétroactivité à compter du 1er
avril 1987.
Rajustements paritaires antérieurs
Le montant total du rajustement salarial de chaque groupe doit
être réduit du montant des rajustements paritaires unilatéraux
versés en janvier 1990 et de tout autre rajustement en vigueur
en matière d'équité salariale.
Paiement des intérêts
Le Tribunal a ordonné le versement d'intérêts chaque année
rétroactivement à 1985. Le taux d'intérêt sera conforme au
taux d'intérêt des Obligations d'épargne du Canada (OEC) en
vigueur le 1er mars de chaque année faisant l'objet
d'un rajustement salarial. L'intérêt sera versé sur le montant
net de des salaires directs et sera calculé au terme de chacune
des années de la période de rétroactivité. L'intérêt
continuera de s'accumuler jusqu'au moment où les paiements sont
versés.
La décision du Tribunal d'ordonner le paiement d'intérêts,
et d'intérêts considérables plutôt qu'un montant symbolique,
crée également un précédent important.
Nous vous fournirons plus de détails sur les taux des OEC
dans un prochain bulletin.
Intégration des rajustements à la rémunération
Le Tribunal a ordonné que les rajustements paritaires
permanents soient consolidés et fassent partie intégrante des
salaires, à compter du 29 juillet 1998.
Cette décision avantage grandement nos membres. À compter du
29 juillet, les sommes versées au motif de l'équité salariale
ne seront plus traitées comme des paiements spéciaux. Les
augmentations salariales seront calculées en fonction de la
rémunération totale que reçoivent les membres, et non
seulement d'une portion de celle-ci. La décision aura aussi des
répercussions non seulement sur les pensions de retraite, mais
aussi sur les autres indemnités et les avantages versés à nos
membres, comme les heures supplémentaires. De plus,
l'intégration de ces sommes à la rémunération profitera aussi
aux membres lors de la transposition au système universel de
classification.
Quelle est la valeur pécuniaire de la décision?
Compte tenu de ce que nous savons de la méthode de la
Commission, et du fait que cette dernière a ordonné le
versement d'intérêts, nous pouvons affirmer que la décision
vaut beaucoup plus que la dernière offre du Conseil du Trésor. Il
faudra au moins plusieurs semaines au syndicat pour effectuer les
nombreux calculs nécessaires à l'établissement des sommes dues
à chaque groupe et niveau.
On encourage les membres intéressés à connaître les
mesures prises par le gouvernement pour faire les calculs et
émettre les paiements, de contacter le personnel de leur section
des ressources humaines. À l'heure actuelle, les commis à la
rémunération et aux avantages N'ONT PAS encore
l'information en main.
Groupes visés par la décision
La décision du Tribunal s'applique au personnel actuel et à
l'ancien personnel des groupes suivants : les Commis aux
écritures et aux règlements (CR), le Secrétariat, la
sténographie et la dactylographie (ST), le Soutien de
l'enseignement (EU), les Services hospitaliers (HS) et la
Bibliothéconomie (LS). Le Tribunal a divisé le groupe du
Traitement des données (DA) et a décidé que les rajustements
salariaux seront calculés uniquement pour le sous-groupe DA-CON.
Échéancier
Le Tribunal a accordé un an au gouvernement et au syndicat,
à compter du 29 juillet 1998, pour s'entendre sur le montant des
versements. Cependant, cela ne signifie pas que le Conseil du
Trésor pourra attendre 364 jours avant de commencer à faire ses
calculs. Aussitôt que l'Alliance aura calculé ce qui est dû
selon la méthode de la Commission, nous exercerons des pressions
pour rencontrer le Conseil du Trésor et discuter avec lui des
sommes dues.
Les prochaines étapes
L'Alliance a déjà réclamé que le Conseil du Trésor entame
immédiatement les travaux de mise en application de la
décision. Une lettre a été acheminée le 29 juillet, par
télécopieur, à Peter Harder, secrétaire du Conseil du
Trésor.
Toutes les parties disposent de 30 jours civils à compter de
la date de la décision pour interjeter appel. L'Alliance a
demandé au gouvernement de mettre en application la décision.
Dans un communiqué publié le jour de l'annonce de la décision,
la Commission canadienne des droits de la personne a aussi fait
bon accueil à la décision et a invité le gouvernement à
prendre les mesures nécessaires pour la mettre en oeuvre sans
délai. Au moment de rédiger ces lignes, le Conseil du Trésor a
seulement indiqué qu'il étudie la décision.
Comme nous l'avons indiqué dans des bulletins antérieurs, la
présentation d'un appel n'entraîne pas automatiquement l'arrêt
de la mise en application de la décision. Il faudrait que le
gouvernement demande à la Cour fédérale de surseoir à
l'exécution de la décision, jusqu'au règlement de l'appel.
L'Alliance contesterait toute tentative du gouvernement à cet
effet.
Pendant cette période de 30 jours, il est absolument vital
que les membres actuels et les anciens membres de l'Alliance
contactent leurs parlementaires respectifs aux Communes dans les
plus brefs délais, dans le but de dissuader le gouvernement d'en
appeler de la décision. Vous pouvez écrire une lettre, envoyer
une télécopie ou du courrier électronique ou leur rendre
personnellement visite. Encore mieux, prenez toutes ces mesures
et encouragez famille, amis et collègues à faire de même.
Puisque le Parlement a interrompu ses travaux pour le congé
estival, nos représentantes et représentants devraient tous
être revenus dans leurs circonscriptions.
Voici notre message aux député-e-s :