
N 23
Le 5 août 1998
APPLICATION DE L'ÉQUITÉ : TOUJOURS
PAS DE DÉCISION DU GOUVERNEMENT
Durant sa conférence de presse du 31 juillet dernier, le
président du Conseil du Trésor, Marcel Massé, a indiqué que
le gouvernement étudie encore la décision du Tribunal canadien
des droits de la personne sur l'équité salariale. M. Massé n'a
pas précisé si le gouvernement prévoit appliquer la décision
ou en appeler.
M. Massé devrait peut-être en discuter avec son chef, le
premier ministre. Pendant la campagne électorale de 1993, M.
Chrétien avait envoyé une lettre au président national de
l'AFPC, Daryl Bean, lui résumant sa position sur diverses
questions, y compris l'équité salariale. M. Chrétien avait
alors déclaré que : «Un gouvernement libéral se
conformera aux décisions de ce Tribunal et
élaborera, en concertation avec les représentants des employés
de la fonction publique, un plan acceptable et réaliste pour
faire appliquer le principe de l'égalité de
rémunération. »
Élevez la voix!
Nous encourageons nos membres à contacter leurs
parlementaires élus sans délai et à communiquer avec eux
souvent, afin de leur faire savoir que nous tenons à ce que
cette décision soit appliquée. Les membres de l'AFPC attendent
le règlement de cette plainte depuis 14 ans déjà. Il est
scandaleux que le gouvernement ose même songer à en appeler de
la décision. (Le bulletin n 22 présente d'autres points que
vous pourrez soulever auprès de votre député-e.) Pour obtenir
les numéros de téléphone et de télécopieur, ainsi que les
adresses des bureaux de circonscription des parlementaires, il
suffit de contacter votre bureau régional ou le bureau de votre
Élément.
La question de la capacité de payer ne se pose même
pas
Le gouvernement a fait plusieurs déclarations intéressantes
depuis la publication de la décision. Lorsqu'il a été informé
de la décision le 29 juillet, à Saskatoon, le premier ministre
a déclaré que : « Nous savions que nous aurions à
payer. »
À sa conférence de presse du 31 juillet, M. Massé a
précisé que le gouvernement a suffisamment de fonds pour
l'équité salariale. Il a souligné que le gouvernement prévoit
des réserves annuellement, pour répondre à diverses
situations.
Déjà, pendant un débat télévisé au cours de la campagne
électorale de 1988, le premier ministre Brian Mulroney, en
réponse à une question posée par le leader du NPD, Ed
Broadbent, avait indiqué que le gouvernement avait réservé des
sommes pour l'équité salariale.
La prétention des député-e-s élus du Parti réformiste et
de leurs alliés selon laquelle la décision imposera un fardeau
insoutenable aux contribuables n'a aucun sens, puisque le
gouvernement dispose déjà des sommes nécessaires pour payer ce
qu'il doit. N'oublions pas que les membres de l'AFPC et leurs
familles sont aussi des contribuables!
La décision Muldoon n'est pas pertinente
Pendant sa conférence de presse, M. Massé a mentionné à
plusieurs reprises une autre méthode qui coûterait beaucoup
moins, et il a donné à entendre qu'elle avait été proposée
par un autre tribunal. De fait, il se reportait à une
référence présentée en passant dans une décision de la Cour
fédérale faisant droit à la requête de Bell Canada visant à
empêcher le renvoi d'une plainte contre Bell à un tribunal.
Revenant à notre cause, le Conseil du Trésor a également
tenté d'empêcher le renvoi de notre plainte à un tribunal.
Cependant, il a échoué, tant en Cour fédérale qu'en Cour
d'appel fédérale. Ces deux instances judiciaires lui ont dit
qu'il était tout à fait de mise de présenter les divers
arguments sur la méthode applicable aux causes de droits de la
personne devant les tribunaux.
La « méthode » préférée par le juge Muldoon
est contraire à l'Ordonnance de la Commission des droits de la
personne sur la parité salariale, mais il ne le savait
peutêtre pas, car la question de l'Ordonnance n'avait pas
été soulevée dans la cause dont il était saisi.
La cause Muldoon a été portée en appel. La Cour d'appel
fédérale entendra la cause en octobre. Notre avocat-conseil et
d'autres experts juridiques sont d'avis que la décision Muldoon
ne sera pas maintenue et, même si elle l'était, cela n'aurait
aucune incidence sur notre cause.
L'AFPC demande aux ministres fédéraux d'appuyer
l'application de la décision
Le président national de l'AFPC, Daryl Bean, a envoyé un
message à tous les ministres du Cabinet, les exhortant de
prendre les mesures nécessaires pour convaincre le gouvernement
de mettre en application la décision sur l'équité salariale.
Dans ses lettres, le président Bean a fait valoir que le
personnel de leurs ministères respectifs attend depuis 14
longues années le règlement de ce dossier et que le moral des
travailleuses et des travailleurs a été profondément miné par
les nombreux retards. À l'heure actuelle, les personnes en cause
sont plutôt optimistes. Si le gouvernement s'engage à mettre en
uvre la décision, cela ne pourrait qu'améliorer le moral
et la productivité. Par contre, toute décision contraire ne
ferait qu'envenimer la situation.
Le président Bean a adressé une lettre spéciale à Hedy
Fry, ministre responsable de la situation de la femme, lui
demandant tout particulièrement de nous aider à convaincre le
gouvernement de commencer à mettre en uvre cette
décision.