
N 25
Le 28 août 1998
L'appel du
gouvernement est un autre coup asséné à toutes les Canadiennes
La ministre de la Justice, Anne McLellan et
le président du Conseil du Trésor, Marcel Massé, devraient
présenter leur numéro de patinage à la prochaine compétition
nationale. Ils gagneraient haut la main ! Au cours de leur
conférence de presse du 27 août, ils ont essayé d'expliquer
que le gouvernement en appelle de la décision du Tribunal des
droits de la personne afin de clarifier la loi. Toutefois, un peu
plus tard Massé laissait entendre que si une entente était
conclue avec le syndicat, ils pourraient laisser tomber l'appel.
En dépit des tentatives pathétiques de
McLellan pour rassurer les journalistes que leur objectif était
de clarifier la loi, il ressort clairement que cet appel est
véritablement une autre tactique visant à obtenir que les
membres de l'Alliance acceptent de régler pour une somme
considérablement inférieure à ce qui leur est dû.
Il n'y a rien à clarifier. La décision du
Tribunal est bien fondée et rédigée avec clarté. Elle
s'inscrit complètement dans les Ordonnances sur la partité
salariale, en dépit des affirmations contraires du gouvernement.
L'article 11 de la Loi sur les droits de la personne, ni les
Ordonnances sur la parité salariale, ne mentionnent aucune
méthodologie spéciale. Le choix, par le Tribunal, de la
méthodologie proposée par la Commission canadienne des droits
de la personne est parfaitement acceptable.
Massé, en proposant une rencontre avec le
syndicat afin de régler cette question, mentionnait que cette
cause dure depuis trop longtemps. Nous sommes tout à fait
d'accord avec lui. Toutefois, ce sont les gouvernements
successifs qui sont responsables de ces interminables délais.
Maintenant, en interjetant appel, le gouvernement retarde encore
plus l'échéance, même s'il a perdu toutes les contestations
judiciaires entreprises depuis 1991.
Massé et d'autres ont avoué que des fonds
avaient été mis de côté en prévision de l'équité
salariale. Bien plus, le ministère des Finances annonçait, le
18 août, que le gouvernement avait réalisé un excédent de
5,8 $ milliards au cours du premier trimestre de l'exercice
financier de 1998 (avril - juin). À ce rythme, l'excédent
annuel pourrait se chiffrer à 22,8 $ milliards! Les tactiques
dilatoires continues du gouvernement lancent un message infâme
à ses employé-e-s et à toutes les femmes canadiennes...nous ne
croyons pas que vous valez grand-chose; au diable les droits de
la personne. Le gouvernement envoie également le message à tous
les autres employeurs du pays qu'en matière de pratiques
discriminatoires, les femmes sont des cibles idéales.Les
prochaines étapes
La décision du Tribunal confirme que les
offres de règlement du gouvernement, en 1997, n'étaient rien de
plus qu'une tentative visant à inciter les membres de l'AFPC à
accepter un règlement à bon marché de la plainte concernant
l'équité salariale. Nos membres ne se sont pas laissés berner
alors; on ne les bernera pas aujourd'hui.
Massé a indiqué qu'il entend contacter le
syndicat afin de négocier une entente pour régler cette
question. Il semble croire que leur offre de 1,3 $ milliard sera
suffisante pour régler la question des paiements rétroactifs
alors que tout le monde sait que ce n'est pas acceptable, puisque
ce montant est grandement inférieur à ce qui est dû selon la
décision du Tribunal. Nous sommes prêts à tenir des rencontres
n'importe quand pour discuter la mise en application de la
décision. La méthode, les groupes visés, la date de
rétroactivité et de paiement des intérêts; tout cela a été
décidé par le Tribunal, et ces dispositions ne sont pas
négociables.
Nous allons prendre les moyens juridiques
pour faire exécuter la décision pendant que le gouvernement
interjette appel. Bien que, aux termes de la décision, les
parties ont un an pour exécuter celle-ci, nous n'avons pas
l'intention de permettre au Conseil du Trésor de se servir de
son appel comme excuse pour se soustraire aux discussions et aux
décisions sur la mise en application.
Maintenir la pression
Le fait que le gouvernement ait interjeté
appel ne signifie pas qu'il ne peut retirer l'appel n'importe
quand. Comme nous l'avons souligné dans le bulletin 24, le
gouvernement n'a vraiment aucun argument à présenter devant la
Cour fédérale.
Que le gouvernement poursuive ou non ses
tactiques dilatoires inutiles dépendra du degré de pression que
le syndicat et nos membres peuvent susciter, avec l'aide d'autres
syndicats, de nos partenaires de cette coalition et de l'appui de
la population.
Ensemble, nous devons intensifier le
message suivant :
Organisez vos propres activités de protestation et appelez votre bureau régional de l'AFPC aujourd'hui pour participer aux activités prévues.