
Nº 34 le 26 janvier 1999
BELL CANADA PREND DES MESURES DRACONIENNES
POUR ÉVITER LÉQUITÉ SALARIALE
Le 11 janvier, Bell Canada a annoncé quelle entend vendre sa division de téléphonistes à une entreprise américaine, Excell Global Services, située en Arizona. Si la vente se concrétise, les téléphonistes pourraient subir des coupures de salaire de lordre de 40%; plusieurs seraient obligées de déménager vers quelques centres intégrés en Ontario et au Québec, ou perdraient leur emploi.
Bell prétend que le service de téléphonistes nest pas rentable, mais le Syndicat canadien des communications, de lénergie et du papier conteste cette déclaration. En 1997, Bell avait menacé de sous-traiter le travail et un comité conjoint avait été formé en vue dexaminer les livres comptables. Le comité a jugé que la division réalisait des profits. La même année, la compagnie a versé 17 millions de dollars à son PDG. On sattend à ce que les profits que Bell a réalisés en 1998 sélèveront à 900 millions de dollars. De toute évidence, ce nest pas la rentabilité qui pose un problème.
N'est-ce quune coïncidence que les téléphonistes soient traitées de cette façon ? Nous ne le pensons pas. Il semble que Bell va perdre sa bataille sur léquité salariale. En novembre 1998, la Cour dappel fédérale a complètement rejeté la décision du juge Muldoon. Bell demande alors lautorisation den appeler de cette décision à la Cour suprême, mais rien ne lui garantit quelle lobtiendra. En loccurrence, la décision de la Cour suprême sera maintenue. La décision de Bell de vouloir se débarrasser de ses téléphonistes est une façon efficace de mettre un terme à son problème déquité salariale.
Nous encourageons tout le monde à téléphoner aux bureaux administratifs de Bell et à protester contre cette action répréhensible. Au moment de la rédaction de ce bulletin, Bell avait mis en service un numéro spécial pour les intervenants en leur demandant de laisser un message sur une boîte vocale au sujet de la vente prévue des postes de téléphonistes. Ce numéro est le 1-800-717-6354. Si vous désirez parler à un être humain aux bureaux administratifs, composez le 1-800-267-7734.
Publication dun avis daudition
Au début de décembre, la Cour fédérale du Canada avait publié un avis daudition dans tous les grands journaux. Laudition en question est celle qui concerne lappel du gouvernement, de la décision du Tribunal des droits de la personne sur léquité salariale à la Cour fédérale du Canada,
section de première instance, qui doit débuter le 31 mai. Ce type daudition est pratique courante. Une directive stipule que tous ceux qui sont impliqués dans une cause doivent être avisés de la date à laquelle se tiendra laudition. Lavis doit également prévenir toutes les personnes concernées dans la cause, quelles peuvent demander à la Cour fédérale la permission dintervenir lors des procédures. Cela aussi est une pratique courante.
LAlliance représentera tous les employé-e-s actuels et anciens devant la Cour pour répondre à lavis dappel du gouvernement. La Commission canadienne des droits de la personne comparaîtra également pour appuyer la décision du Tribunal. Il nest donc pas nécessaire que les personnes interviennent individuellement durant le processus. La Cour fédérale naccepte pas facilement lintervention de groupes ou de personnes dans les causes, à moins que ce ne soit pour des raisons différentes des autres parties en cause. Malgré cela, les demandes sont très souvent rejetées. Une liste trop grande dintervenants prolongerait inutilement laudition de lappel et retarderait davantage le paiement de l'argent dû.
Les règlements aux Tables 1 et 5 néliminent pas linjustice
La partie comprenant les rajustements salariaux spéciaux aux Tables 1 et 5 ne devrait pas être interprétée comme une résolution à notre plainte fédérale sur léquité salariale. Même si lAlliance est daccord pour que les rajustements soient acceptés comme paiement initial de la dette courante du gouvernement envers nos membres, le syndicat appuie la mise en uvre de la décision du Tribunal, car la majeure partie de la dette nest toujours pas remboursée.
En plus de se préparer à laudition de lappel en Cour fédérale, le syndicat est prêt à rencontrer le gouvernement à nimporte quel moment pour réaliser la mise en uvre de la décision du Tribunal. Malheureusement, cest un jeu qui se joue à deux. À la fin de 1998, le gouvernement a vu détruire sa dernière objection dinterjeter appel de la décision du Tribunal, lorsque la cour dappel fédérale a renversé la décision du juge Muldoon dans la cause de léquité salariale chez Bell Canada. Rien nempêche le gouvernement de retirer son appel et de payer à chacun ce quil doit aux anciens membres et aux membres actuels. Malheureusement, le gouvernement actuel préférerait voir un plus grand nombre demployé-e-s à la retraite décéder avant de pouvoir bénéficier de la décision du Tribunal, afin d'économiser quelques dollars sur le dos de ceux qui en ont le plus besoin.
Les roues de la justice tournent lentement
Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a emprunté la route qui mène aux tribunaux lorsquil a accepté de contester la mise sur pied dun Tribunal canadien des droits de la personne chargé d'entendre la plainte sur léquité salariale de lAlliance contre le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. En décembre, le Tribunal a décidé quil était justifié dentendre la plainte. Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a interjeté appel de cette décision à la Cour fédérale - division de première instance.