
No 41 Le 1er mai 2000
LES CHÈQUES DÉQUITÉ SALARIALE ARRIVENT
LAFPC ABORDE LES QUESTIONS NON RÉGLÉES
Nous arrivons enfin au bout dun très long chemin. Plus de 15 années se sont écoulées depuis que la plainte sur léquité salariale a été déposée au nom des membres du groupe Commis aux écritures et aux règlements (CR), à la fin de 1984. Et il y a des moments où lon se demandait quand cela prendrait fin. Mais cela a enfin pris fin. Les premiers chèques déquité salariale sont actuellement acheminés aux membres - actuels et anciens - de lAFPC.
Tout devrait être terminé, sauf pour les félicitations. Malheureusement, au milieu de nos réjouissances, des questions ont surgi, suscitées par les positions et les interprétations du Conseil du Trésor, depuis la signature de laccord sur léquité salariale. LAlliance se penche sur toutes ces questions, mais tant que celles-ci ne seront pas réglées, le syndicat nest pas en mesure de répondre à certaines des questions des membres.
LAFPC cherche à faire éliminer la discrimination continue exercée par les employeurs distincts
LAlliance et le Conseil du Trésor sentendent pour dire que les employé-e-s qui sont au service demployeurs distincts ont droit de toucher les paiements rétroactifs déquité salariale au regard de la période durant laquelle ils étaient directement à lemploi du gouvernement fédéral. Les parties ne sentendent pas, cependant, sur lapplication de laccord aux employeurs distincts mêmes. Le Conseil du Trésor est disposé à discuter les relativités courantes sur la rémunération, mais il a fait savoir quil nétait pas disposé à fournir aux employeurs distincts des fonds pour couvrir la rétroactivité et les intérêts.
En mars 1990, le Conseil du Trésor avait versé arbitrairement des rajustements paritaires continus et rétroactifs aux employé-e-s des groupes CR et Secrétariat, sténographie et dactylographie (ST). Les employeurs distincts, dont les postes et les taux de rémunération correspondent de près à la rémunération et aux classifications dans la fonction publique fédérale, avaient soutenu quil leur fallait se maintenir au même niveau. Le Conseil du Trésor avait donc autorisé les employeurs distincts, à la fin de 1990, à verser des rajustements semblables dans le but de maintenir la relativité salariale. Certains employeurs distincts ont également effectué des rajustements comparables aux rajustements salariaux spéciaux négociés aux Tables 1 et 2 en 1998. Ces rajustements négociés correspondaient en partie aux montants requis pour réduire lécart salarial qui avait été confirmé par la décision du Tribunal des droits de la personne en 1998.
Le fait que les paiements déquité salariale de 1990 aient été autorisés dans le cas des employeurs distincts a donné à entendre aux employé-e-s touchés quils recevraient aussi des rajustements futurs déquité salariale versés dans la fonction publique fédérale. LAFPC soutient que les salaires fédéraux sur lesquels les salaires des employé-e-s oeuvrant pour des employeurs distincts sont, ou étaient basés, avaient été jugés discriminatoires par le Tribunal et par la Cour fédérale. Il sensuit donc que les salaires versés par les employeurs distincts sont discriminatoires, aussi, et quils doivent être rajustés. Les employé-e-s qui ont été transférés à des agences distinctes ont touché des salaires inférieurs à ce quils auraient dû être. Aucun employeur ne devrait profiter du maintien de taux de rémunération discriminatoires, et les pensions des retraités ne devraient pas être basées sur des taux discriminatoires.
LAlliance continue dexaminer les façons de poursuivre et de régler cette question. Des rencontres ont lieu présentement avec des employeurs distincts pour discuter la question et déterminer la position de lemployeur. Un des moyens qui pourrait être employé, cest une contestation juridique en application des dispositions de la Charte des droits et libertés, relativement à légalité.
Les questions salariales déclenchent des plaintes à la Commission des relations de travail
Le Conseil du Trésor semble mêler la question de lintégration des rajustements paritaires aux salaires, avec le principe selon lequel les rajustements paritaires constituent une rémunération à toutes fins. Le Tribunal avait ordonné que les rajustements paritaires soient recalculés dannée en année à compter de 1985 ; il avait également ordonné que les rajustements soient intégrés aux taux de rémunération à compter du 29 juillet 1998.
Si les taux de rémunération auraient dû être plus élevés - comme le Tribunal a jugé quils auraient dû lêtre - alors tous les éléments rattachés au salaire doivent être recalculés en conséquence. Le seul commentaire que le Conseil du Trésor a formulé au Tribunal, cest que le fait de devoir refaire tous ces calculs aurait créé un fardeau administratif.
Même si les parties ont convenu de remplacer le recalcul des heures supplémentaires, de la rémunération dintérim et des situations davancement, entre le 8 mars 1985 et le 31 mars 1994, par un paiement forfaitaire de 5 % au titre du rajustement paritaire total pour cette période, afin daccélérer les paiements et de réduire la quantité de travail en cause, le principe selon lequel les rajustements déquité salariale constitue une rémunération à toutes fins, demeure.
Il ne faut pas sétonner que le Conseil du Trésor soit sur une autre voie. Il refuse dappliquer les dispositions relatives à la protection salariale dans tous les cas. Par exemple, lAlliance soutient que, dans le cas de certains membres, les taux de rémunération révisés des CR dépassent les niveaux inférieurs des postes des Services administratifs (AS), Programmes de bien-être social (WP), ou Administration des programmes (PM). Les membres qui ont occupé ces postes par intérim durant la période de 1985 à 1994 auraient eu droit, dans leur poste dattache, à un salaire plus élevé que celui quils ont touché dans le poste quils occupaient par intérim. En ce qui concerne lAlliance, il sagit là dune situation de protection salariale.
LAlliance étudie ses options avec laide de son conseiller juridique et elle songe à lefficacité de chaque option et du temps en cause. Le syndicat réunit actuellement une documentation relativement à une ou à plusieurs plaintes qui seront déposées auprès de la Commission des relations de travail dans la fonction publique.
Les paiements déquité salariale ont un impact sur dautres avantages
Les paiements déquité salariale vont avoir un impact dans le cas des femmes qui prennent un congé de maternité; sur tous les bénéficiaires de léquité salariale qui touchent des prestations dassurance-chômage, des prestations daide sociale telles les prestations de bien-être ou les prestations dinvalidité provinciales, qui touchent une indemnisation des accidents du travail, des prestations de sécurité de la vieillesse ou un supplément de revenu garanti. Le syndicat examine actuellement ces situations et songe à des stratégies et à des mesures visant à atténuer limpact négatif possible de ces paiements.
Le syndicat examine aussi des questions relatives à la pension, notamment ce quil advient des retenues au titre de la pension de retraite dans le cas des employé-e-s qui ont quitté la fonction publique, qui ont été transférés à une agence ou qui sont en situation de diversification des modes de prestation des services. Dautres informations sur ces questions et sur dautres, soulevées par nos membres, et sur les mesures à prendre, paraîtront dans les prochains bulletins.
Les premiers chèques pour les anciens membres sont attendus en mai
Les chèques pour les anciens employé-e-s doivent commencer à être émis au début de mai et jusqu'à la fin du mois, selon la taille du ministère et les ressources disponibles pour effectuer la vérification. Selon le Conseil du Trésor, les chèques destinés aux anciens membres ont été imprimés à la toute fin davril. Ces chèques doivent maintenant être vérifiés par les bureaux de la paye respectifs. On prévoit que ces chèques seront vérifiés plus attentivement, étant donné que le gouvernement ne pourra pas récupérer facilement un trop-payé des anciens employé-e-s, comme il le peut dans le cas de son personnel courant.