
Le système de classification, comme toute entité très large, nest pas en mesure de faire volte-face rapidement. Cest la raison pour laquelle lAFPC a commencé, il y a plusieurs années, à faire pression sur le gouvernement fédéral afin quil révise le système.
En 1977, la Loi canadienne sur les droits de la personne a reconnu la nécessité de corriger la discrimination salariale en lui donnant force de loi, afin que les femmes qui occupent des postes de valeur égale à ceux quoccupent les hommes, ne reçoivent une rémunération différente. Afin dapporter un correctif à ce genre de discrimination, nous devons évaluer les systèmes qui sont utilisés pour classer les postes et sassurer que des attitudes et des valeurs discriminatoires nen font pas partie.
La justice se fait attendre
Depuis longtemps, lAFPC croit à lexistence dun système de classification révisée qui accorderait un traitement équitable à tous les emplois de la fonction publique fédérale et lutte en vue de lobtenir. La plainte relative à léquité salariale déposée en 1984, au nom du groupe Commis aux écritures et règlements (CR), comprenait une allégation de discrimination systémique dans le régime de classification. Au départ, le Conseil du Trésor avait refusé de se prononcer sur cette allégation. Cependant, quatre années plus tard, lorsque létude conjointe syndicale-patronale sur l'équité salariale a été complétée, le Conseil du Trésor a été lui-même obligé de conclure avec lAlliance, que tout le système devrait être réorganisé en profondeur.
En 1990, le gouvernement avait annoncé son intention dinstituer un système de classification universel, sans discrimination sexuelle. Dix ans plus tard, nous ny sommes pas encore, mais nous nous rapprochons de plus en plus de la norme générale de classification (NGC). Certains des délais sont attribuables au manque de ressources allouées par le gouvernement à un projet de cette envergure, même si tout le monde reconnaît aujourdhui lénormité de la tâche. Au cours des dernières années, il y a eu, et il continue davoir, de nombreuses consultations et révisions dans le but de peaufiner la NGC, et cela a contribué aux délais. Toutefois, ces changements sont nécessaires si lon veut que le résultat soit le plus équitable possible.
Les conditions de travail au gouvernement fédéral ont changé radicalement depuis la mise en uvre de la première norme de classification, et même depuis que létude conjointe syndicale-patronale sur l'équité salariale a été menée. Alors que la NGC implique lélimination du sexisme, elle signifie aussi la mise à jour de toutes les descriptions de tâches, en tenant compte de la façon dont le travail est attribué et effectué.
On ne peut plus faire marche arrière
En 1999, laccord sur l'équité salariale a donné lieu à des modifications salariales majeures pour la majorité des groupes et des niveaux appartenant aux six groupes à prédominance féminine, reflétant ainsi la valeur du travail effectué. Ces rajustements de salaire ont entraîné une compression des taux de rémunération entre certains groupes, par exemple, le groupe CR, PM, AS, WP et IS. En dautres termes, les salaires qui sont actuellement versés au groupe CR appartenant au niveau supérieur se rapproche beaucoup plus des niveaux inférieurs de certains de ces groupes, et dans certains cas ils les chevauchent. Ainsi, certains membres demandent le rétablissement des anciens écarts salariaux.
Larticle 11 de la Loi canadienne sur les droits de la personne, a été élaboré pour traiter spécifiquement de la discrimination historique et systémique qui touchent les travailleuses et travailleurs appartenant aux groupes à prédominance féminine. En utilisant un système non sexiste pour évaluer les postes lAlliance sest vue confirmer ce quelle avait toujours soupçonné, à savoir, que les tâches effectuées principalement par des femmes étaient sous-évaluées et sous-payées. Laccord sur l'équité salariale, fondé sur la décision du Tribunal canadien des droits de la personne, a corrigé cette situation. Aujourdhui, nous ne pouvons plus faire marche arrière et tenter de rétablir les anciens écarts salariaux car cela voudrait dire que lon réintroduirait la discrimination et le syndicat aurait lobligation légale et morale de refuser de le faire.
Ce que nous pouvons faire, et en fait ce qui se passe, cest de réévaluer tous les emplois de la fonction publique fédérale et non seulement ceux appartenant aux groupes à prédominance féminine. En se servant dun système non sexiste, les paramètres discriminatoires ne seront pas rétablis. Cela signifie aussi, que tous les emplois seront évalués le plus équitablement possible, et seront fondés sur leur contenu réel et sur leur valeur réelle.
La NGC signe le changement
Le changement nest pas quelque chose que lon accepte facilement, mais, que nous le voulions ou pas, la NGC entraînera des changements importants. Les anciens groupes tels que les CR, AS, PM, GT et HS sont appelés à disparaître et ils seront substitués par de nouvelles désignations. Par conséquent, nous devons restructurer notre façon de penser et reconnaître lexistence de nouveaux rapports et de la valeur relative entre les emplois, fondée sur une évaluation équitable de leur juste valeur. Si la NGC est fondée sur le principe dun salaire égal pour un travail de valeur égale, alors tout le travail de valeur égale, nonobstant qui laccomplit ou de quel groupe il fait partie, devrait être rémunéré au même taux salarial.
Le monde est loin dêtre parfait...
mais lAFPC sefforce de le rendre le plus juste possible
La Loi canadienne sur les droits de la personne a permis au syndicat de corriger les injustices historiques qui ont déterminé la valeur attribuée aux tâches effectuées principalement par des femmes. La NGC devrait aider à corriger dautres injustices du système actuel de classification et répondre aux besoins de nos membres dans toutes les unités de négociation actuelles.
LAlliance sengage à:
- sassurer que la capacité du plan dévaluer les emplois équitablement est évaluée rigoureusement;
- surveiller le plan et sassurer de sa concordance dans lensemble des ministères et des régions et faire pression pour que des mesures correctives soient établies lorsque cest nécessaire, y compris la réévaluation;
- veiller à ce que le plan élimine la discrimination autant que possible; et
- négocier la mise en uvre du plan, y compris les règles déquivalence, les procédures de règlement des griefs et la protection salariale.
Nous ne pouvons plus faire marche arrière, mais nous pouvons évoluer ensemble, en vue de réaliser un système de classification et des taux de rémunération qui sont équitables pour tout le monde.