Droits de la personne
Fiche d'information de l'AFPC
Journée nationale de la solidarité avec les Autochtones , le 21 juin 2008
Trop d'Autochtones vivent dans la pauvreté au Canada. Les statistiques sont éloquentes.
Chez les Premières nations, un enfant sur quatre vit dans la pauvreté.
Les peuples autochtones ont un taux de diabète au moins trois fois plus élevé que la moyenne nationale.
Un récent recensement indique que 23 % des Autochtones vivent dans des maisons qui nécessitent des réparations importantes, comparativement à seulement 7 % du reste de la population du pays.
Le surpeuplement des logis est deux fois plus répandu chez les familles autochtones que chez toutes les familles canadiennes. Selon une récente étude du gouvernement, plus de la moitié des familles inuites vivent dans des logis surpeuplés. Il arrive que jusqu'à 20 personnes habitent une maison de trois chambres à coucher.
Plus de 100 collectivités autochtones sont actuellement frappées d'un avis de faire bouillir l'eau, ce qui veut dire qu'elles n'ont pas d'eau propre pour boire et pour leurs besoins en hygiène, ou sinon très peu.
Le taux de maladies du tiers monde, comme la tuberculose, est huit à dix fois plus élevé chez les Autochtones que dans la population canadienne en générale.
Plus de la moitié des Autochtones sont sans emploi.
Un enfant autochtone sur huit est handicapé, ce qui est le double du taux chez tous les enfants du Canada.
Chez les Premières nations, 43 % des enfants ne reçoivent pas les soins dentaires de base.
Les enfants autochtones sont gravement surreprésentés dans le système d'aide sociale à l'enfance.
La moitié moins de jeunes Autochtones terminent l'école secondaire que le reste des jeunes Canadiens.
Les jeunes Autochtones affichent un taux de suicide de cinq à huit fois plus élevé que le reste de la population canadienne. Le taux de suicide des jeunes Inuits est six fois plus élevé que celui du reste de la population.
La majorité des Inuits du Canada vivent dans des régions arctiques éloignées et ont donc difficilement accès à des services médicaux et aux biens de consommation. Dans un sondage que Statistique Canada a fait en 2005, 56 % des répondants du Nunavut ont indiqué que leur ménage n'avait pas eu les moyens au cours de l'année précédente d'acheter suffisamment d'aliments de qualité. Dans le Nord, la malbouffe est souvent moins chère que les aliments nutritifs parce qu'elle est beaucoup plus facile à expédier.
Plus de la moitié des Autochtones et des Inuits sont âgés de moins de 25 ans. C'est le segment social qui augmente le plus vite au Canada. Si le problème de la pauvreté n'est pas résolu aujourd'hui, il continuera de nuire aux familles des Premières nations pour des générations à venir.
La pauvreté chez les Autochtones s'inscrit dans le contexte de la pauvreté dans l'ensemble du pays. Après correction pour l'inflation, le taux de l'aide sociale dans de nombreuses provinces est plus bas maintenant qu'il l'était en 1986. Les emplois à bas salaire et non syndiqués ne payent guère plus que l'aide sociale. Ainsi, des milliers de familles – autochtones et non autochtones – vivent sous le seuil de la pauvreté.
Même si la situation du logement dans les réserves autochtones est particulièrement problématique, elle n'est pas beaucoup mieux dans le reste du pays. Ainsi, de nombreux Autochtones en milieu urbain vivent dans des conditions non sécuritaires. Le manque de logements abordables au Canada est tel que le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à un logement décent, Miloon Kothari, a déclaré que le sans-abrisme est une crise nationale. Selon le Secrétariat national pour les sans-abri, il y aurait 150 000 sans-abri au Canada. Cependant, les experts et les établissements universitaires estiment qu'il pourrait en réalité y en avoir deux fois plus.
Dans le Nord, le sans-abrisme des Inuits est un problème invisible puisque les gens ne dorment pas dans la rue en raison des conditions météorologiques difficiles. Mais selon une étude faite en 2007 par le Quilliit Nunavut Status of Women Council, cette invisibilité cache le fait que des Inuits vivent dans des logements surpeuplés ou inadéquats en raison du manque de logements abordables ou de refuges d'urgence.
Les années de compressions budgétaires du gouvernement ont affaibli le filet de sécurité sociale du Canada, et ce sont les communautés autochtones qui en souffrent le plus. Comme le souligne l'Assemblée des Premières Nations, le gouvernement dépense entre 15 000 $ et 16 000 $ pour le Canadien moyen, mais seulement entre 7 000 $ et 8 000 $ pour une personne autochtone, dont la moitié moins. Depuis 2000, les budgets pour les Premières nations ont diminué de près de 13 %. En revanche, les transferts canadiens en matière de santé et de programmes sociaux aux provinces augmentent en moyenne de 6,6 % par année.
Il y a plus de 12 ans, la Commission royale sur les peuples autochtones a formulé de nombreuses recommandations pour améliorer la situation des Autochtones. Toutefois, ces recommandations ont été laissées de côté ou inefficacement mises en œuvre.
Dans les derniers mois, le gouvernement canadien a refusé d'adhérer à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et a rejeté l'Accord de Kelowna qui prévoyait 5,1 milliards de dollars pour améliorer les conditions socio-économiques des peuples autochtones du Canada.
Le gouvernement Harper actuellement au pouvoir a laissé tomber les Autochtones du pays. Le Canada serait un pays plus juste et un meilleur endroit où vivre si les communautés autochtones étaient fortes, en santé et prospères. Pour ce faire, nous avons besoin d'une volonté politique.
– Sources : Renseignements provenant de l'Assemblée des Premières Nations, d'Inuit Women of Canada, de la Fédération canadienne des municipalités, de la Campagne 2000 et de Statistique Canada
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Date de modification : 2008/06/20
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