Bulletin de l’AFPC su l'équité salariale
L’équité salariale chez les employeurs
distincts
Assujettis au Code canadien du travail
L’équité salariale demeure une question
importante pour l’AFPC. Alors que le Conseil du Trésor effectue des
versements aux membres y travaillant directement, l’équité salariale n’est
toujours pas réglée pour les membres chez les employeurs distincts. Quelle
démarche l’AFPC a-t-elle prise pour faire avancer cette question ?
Envisage-t-elle des actions pour venir en aide aux membres ? Nous vous invitons
à poursuivre votre lecture pour en savoir plus long.
Quelle différence y-a-t-il entre les
membres assujettis à la Loi sur les relations de travail dans la fonction
publique (LRTFP) et ceux assujettis au Code canadien du travail ?
Les membres assujettis à la partie I de la
LRTFP sont des employé-e-s du Conseil du Trésor et sont régis par les
règlements de la LRTFP.
Certains membres assujettis à la partie II
étaient autrefois des employé-e-s du conseil du Trésor assujettis à la
partie I; mais au moment où leurs ministères ont été transformés en agences,
ces dernières sont devenues, du même coup, des employeurs distincts. D'autres
membres ont toujours travaillé pour des employeurs distincts. Ces membres sont
toujours régis par les règlements de la LRTFP.
La plupart des membres assujettis au Code
canadien du travail étaient autrefois des employé-e-s du Conseil du
Trésor, et lorsque leurs ministères ont été transformés en agences ou
sociétés, ces dernières sont devenues des employeurs distincts. Ces membres
étaient régis par la LRTFP, mais lorsque leur statut a été modifié, ils ont
été soumis au Code canadien du travail.
Pour quelles raisons le Conseil du
travail n’a-t-il pas effectué de versements d’équité salariale aux
membres chez les employeurs distincts ?
Le Conseil du Trésor a adopté comme position
que la décision au motif de l’équité salariale du Tribunal canadien des
droits de la personne n’affecte que les membres pour lesquels le Conseil du
Trésor est l’employeur direct. En conséquence, le Conseil du Trésor est en
train de verser aux membres des groupes CR, DA-CON, EU, HS, LS et ST les
règlements relativement à l’équité salariale qui leur sont dûs et qui ont
été imposés par décret. Le Conseil du trésor n'a pas offert cet argent à
la plupart des membres de ces catégories professionnelles travaillant chez des
employeurs distincts.
D’accord, alors pourquoi ai-je reçu un
montant d’argent ?
Les membres des groupes visés chez les
employeurs distincts pourraient avoir reçu des sommes d’argent selon la date
à laquelle leur agence ou leur société est devenue un employeur distinct. Si
vous occupiez un emploi au Conseil du Trésor en 1989 et que votre ministère
est devenu un employeur distinct en 1995, le Conseil du Trésor doit vous verser
des rajustements au titre de l’équité salariale pour la période allant de
1989 à 1995 par exemple.
Est-il vrai que certains employeurs
distincts versent des montants d’équité salariale ?
Oui, cela est vrai. Les membres à l’Agence
canadienne d’inspection des aliments (ACIA), Parcs Canada et à l'Agence des
douanes et du revenu du Canada (ADRC) ont reçu, ou vont recevoir, des paiements
d’équité salariale, tout comme les membres du groupe de l’administration
et de soutien de la Bibliothèque du parlement. Pour quelles raisons ? En
ce qui concerne l’ACIA, Parcs Canada et l'ADRC, le Conseil du Trésor a
accepté de verser des montants sans avoir reçu d’ordonnance d’un tribunal
ni de plainte au motif de l’équité salariale. Par ailleurs, un protocole d’entente
datant de 1990 dans la convention collective des membres de la Bibliothèque du
parlement, stipule que la Bibliothèque doit recourir à la méthode des calculs
de l’équité salariale adoptée par le Conseil du Trésor à l’intention
des groupes CR et ST.
Partout où il existe un libellé sur l’équité
salariale dans votre convention collective, il est important que vous exerciez
des pressions auprès de vos employeurs pour qu’ils s’y conforment. C’est
d’ailleurs ce qui est arrivé à la Bibliothèque du parlement et l’AFPC
s'engage à faire appliquer le libellé de nos conventions collectives.
De quelle façon l’AFPC s’y
prendra-t-elle pour obtenir l’équité salariale pour les membres chez les
employeurs distincts ?
L’AFPC a élaboré une stratégie pour s’attaquer
à la question de l’équité salariale chez les employeurs distincts. Elle
implique la collaboration entre les membres du personnel de plusieurs secteurs
au sein de l’AFPC et comprend :
-
le groupe de travail sur l’équité
salariale à l’AFPC ;
-
les poursuites judiciaires contre les
employeurs distincts conformément à la partie II de la Loi sur les
relations de travail dans la fonction publique ;
-
poursuivre la défense des plaintes en
vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne ;
-
des comités locaux de classification ;
-
une communication et une mobilisation
améliorées sur les questions d’équité salariale.
Le Groupe de travail sur l’équité
salariale à l’AFPC comprend les membres du personnel des services de
classification et d'équité salariale, des services juridiques, des
négociations, des services aux membres, de la représentation, des
communications et de l’action politique, des programmes et du bureau de
direction, de même que les conseillers juridiques indépendants qui collaborent
pour s’assurer que tous les points de vue sur l’équité salariale soient
analysés et que des mesures appropriées à chacune des parties de la question
soient prises. Ce cadre de rencontre entre services permet le partage d’idées
et la conception de stratégies inclusives et proactives.
La poursuite judiciaire contre les employeurs
distincts décrite dans la partie II de la Loi sur les relations de travail
dans la fonction publique, a été intentée en novembre 2000, et la
demande introductive d’instance comprenait les groupes suivants :
-
Bureau du
surintendant des institutions financières (BSIF)
-
Bureau du
vérificateur général du Canada (BVG)
-
Centre de la
sécurité des télécommunications (CST)
-
Conseil de
recherches en sciences humaines (CRSH)
-
Instituts de
recherches en santé du Canada (IRSC- connus auparavant sous le nom de
Conseil de recherche médicale)
-
Opérations des
enquêtes statistiques (OES)
-
Service canadien
du renseignement de sécurité (SCRS)
L’AFPC a intenté une poursuite judiciaire
contre ces sept employeurs car elle a de peut démontrer qu'ils utilisent
toujours, ou pour une partie de la période rétroactive, des structures de
rémunération et de prestations conformes, de façon générale, à celles
utilisées par le Conseil du Trésor. La position adoptée par le syndicat
démontre que la non-modification de ces structures va perpétuer la
discrimination salariale, et ce, en infraction à la Loi canadienne sur les
droits de la personne.
Il importe de souligner que le droit relatif à
l’équité salariale est un nouveau domaine et que l’AFPC établi des
précédents juridiques chaque fois qu’elle entreprend des poursuites. Nous
avons gagné la cause au motif de l’équité salariale à la partie I de la
LRTFP et nous sommes en train de contester la partie II relative aux employeurs
distincts. Chaque cause s’appuie sur la précédente et à chaque contestation
judiciaire nous édictons de nouvelles lois. Il est primordial que l’AFPC
procède de façon claire et convainquante pour que chaque victoire nous aide à
faire valoir notre cause durant la prochaine contestation judiciaire. Nos
arguments juridiques doivent être clairs et précis si nous voulons maximiser
nos chances d’obtenir une victoire pour tous les membres chez les employeurs
distincts. Dans certains cas cela poeut vouloir dire que nous devons attendre de
agner une cause avant d'en déclencher une autre.
La firme Raven, Allen, Cameron et Ballantyne, d’Ottawa,
l’étude d’avocats chargée de la contestation judiciaire, est la même qui
a obtenu une victoire à la partie I de la décision sur l’équité salariale.
Si l’AFPC réussit à obtenir l’équité
salariale pour les membres de la partie II aux agences fédérales ci-haut
désignées, elle entamera une contestation judiciaire pour les membres chez les
employeurs distincts assujettis au Code canadien du travail. L’AFPC a
entamé des poursuites au nom des membres assujettis à la partie II en raison
du fait que la cause peut être plus clairement et plus facilement établie. Si
une victoire est attribuée à ce groupe, la cause des membres assujettis au Code
canadien du travail sera d’autant plus renforcée.
Il est toujours possible de résoudre les
plaintes d’équité salariale en vertu de la Loi canadienne sur les droits
de la personne (LCDP). Nous avons fait parvenir de la correspondance à
la Commission des droits de la personne en vue de protéger les intérêts des
membres assujettis à la partie II de la LRTFP et du Code canadien du travail
advenant que la contestation judiciaire échoue. Toutes les plaintes seront
mises en attente jusqu'à ce que la contestation judiciaire soit entendue.
La décision d’opter pour la contestation
judiciaire a d’abord été prise en fonction de la rapidité avec laquelle les
plaintes formelles d’équité salariale peuvent être traitées, quoique un
processus de contestation judiciaire peut durer au moins deux ans.
Les anciennes plaintes d’équité salariale
déposées auprès de la Commission canadienne des droits de la personne sont en
train d’être réexaminées en fonction de la nouvelle jurisprudence. Certains
membres se souviendront sans doute d’une plainte au titre de l’équité
salariale déposée par le groupe Bibliothéconomie en 1994 contre le Musée de
la nature et le Musée des beaux-arts. Bien que les plaintes actuelles d’équité
salariale dans le secteur du transport aérien ont une incidence sur cette
cause, le résultat de la contestation judiciaire à la partie II pourrait aussi
aider à la relancer. D’autres employeurs distincts à l’AFPC ont des
plaintes au motif de l’équité salariale déposées contre eux en vertu de la
LCDP et les précédents établis dans ces causes auront un impact sur toutes
les causes d’équité salariale à venir.
Des comités locaux de classification ont
été mis sur pied au Musée des beaux-arts, au Musée de la Civilisation et au
Musée de la nature. Ils sont composés de membres au niveau local, de
représentants du personnel et de l’employeur des services de classification
et de l'équité salariale à l’AFPC qui travaillent à la mise en place de
systèmes de classification en tenant compte de toutes les lignes directrices
des droits de la personne et de l’équité salariale. C’est un travail
énorme. Les comités devront mettre en place des systèmes d’évaluation d’emploi
non sexistes et concevoir un système de classification qui répond aux besoins
des employeurs distincts.
Mettre en valeur la communication et la
mobilisation des membres autour de l’équité salariale est très
important si l’on veut appuyer toutes les plaintes actuelles et anciennes
relatives à l’équité salariale. Le site Web de l’équité salariale à l’AFPC
est en train d’être élargi dans le but d’y afficher de l’information sur
les actions intentées au nom des employeurs distincts. Les employeurs
distincts assujettis au Code canadien du travail à la RCN ont mis sur pied
un comité pour traiter de l’équité salariale. Les conseils de région
organisent sur pied des conférences et des séminaires sur l’équité
salariale à l’intention de leurs membres chez les employeurs distincts. Les
membres ont tenu des manifestations et mis en place des lignes de piquetage d’information
en vue de faire connaître au public la question d’équité salariale et des
employeurs distincts. Le lobbying se poursuit.
Il faut en faire plus et l’AFPC est résolu à
y parvenir ! D’autres renseignements seront affichés sur le site Web et
apparaîtront dans le Parlons syndicat au sujet de l’équité salariale
et des employeurs distincts. Communiquez avec votre bureau régional pour savoir
comment les membres chez les employeurs distincts assujettis au CTC peuvent se
mobiliser autour de l’équité salariale et demeurer au sein du réseau d’information.
D’accord, tout cela est très beau,
mais combien de temps s’écoulera avant que je récupère mon argent ?
Il n’y a pas de réponse facile à cette
question. La contestation judiciaire de la partie II doit être entendue ainsi
que la plainte relative aux droits de la personne. L’AFPC est d’avis que les
membres chez les employeurs distincts doivent recevoir leur argent d’équité
salariale dès que possible, mais cela dépendra de la jurisprudence établie à
la partie II de la cause. Si nous présentons d’autres contestations
judiciaires devant les tribunaux trop rapidement, sans préparation adéquate et
sans avoir établi de précédents judiciaires, nous courons le risque de
compromettre les résultats. L’AFPC est d’avis qu’en adaptant une approche
prudente et méthodique, les chances de réussir sont plus grandes que si nous
inondons les tribunaux de protestations judiciaires relatives à l’équité
salariale. Puisque d’autres employeurs distincts pourraient avoir utilisé ou
utilisent encore un système de classification discriminatoire nous devons
procéder avec prudence. Chaque action entreprise avec succès est primordiale
en vue de préparer le terrain pour la prochaine cause et augmenter nos chances
d’obtenir l’équité salariale pour tous les membres appartenant aux
groupes visés.
Comment les membres peuvent-ils aider à
gagner la cause relative à l’équité salariale ?
Intervenir et s’occuper activement de ce dossier !
Mettre sur pied un comité avec d’autres membres relevant d’employeurs
distincts de votre région dans le but de lancer des idées et de développer
des activités.
Collaborer avec vos bureaux régionaux et vos conseils de
région en vue de mettre sur pied des activités régionales. Agir sur le plan
local, régional et national !
Assurez-vous d’impliquer l’AFPC pour que
toutes vos activités et vos actions soient transmises aux membres d’un bout
à l’autre du pays. En unissant nos efforts, l’équité salariale pour les
membres chez les employeurs distincts deviendra une réalité !
février 2001
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