L’égalité des femmes

Les services de garde d’enfants au Canada : vue d’ensemble

Au Canada, les services de garde d’enfants sont un véritable mélimélo. Il n’existe pas de système unique et cohérent d’éducation préscolaire et de garde pour les jeunes enfants.

Les provinces et territoires assument la responsabilité première des services éducatifs et de garde à l’enfance (SEGE) — comme les services de garde d’enfants, les prématernelles et les maternelles —, en plus d’assurer la plus grande partie du financement public de ces services. Certains fonds viennent du gouvernement fédéral.

Chaque province et chaque territoire a adopté ses propres programmes réglementés de services de garde d’enfants et de maternelles publiques. Ces programmes incluent les garderies, les prématernelles et les services de garde en milieu familial. Ils sont tous assujettis à des lois et règlements provinciaux ou territoriaux. Y sont établis les ratios personnel-enfants, la taille maximale des groupes, les exigences en matière de formation, le milieu physique et d’autres conditions. Dans la plupart des provinces et territoires, au moins une partie du personnel doit avoir reçu une formation en puériculture, mais il est reconnu que les exigences du Canada concernant cette formation sont loin d’être adéquates.

Les services réglementés de garde d’enfants sont insuffisants au Canada. En 2007, le Canada comptait 4,7 millions d’enfants de moins de 12 ans. La mère de 3,1 millions d’entre eux était sur le marché du travail. En 2008, il y avait 867 194 places réglementées pour ces enfants, ce qui correspond à moins d’une place pour 4 enfants.

Seul le Québec offre des services de garde d’enfants à la fois publics et faciles d’accès. La province s’est dotée d’un vaste réseau englobant des centres de la petite enfance, des services de garde en milieu familial, des prématernelles à plein temps et des services de garde après la classe. Les services de garde d’enfants coûtent 7 $ par jour. Dans le reste du pays, la prestation de ces services est inégale, inadéquate et coûteuse.

La plupart des services de garde d’enfants sont publics et/ou sans but lucratif. Toutefois, en 2008, les places en garderie à but lucratif représentaient 25 % du total. À l’échelle nationale, la proportion des garderies à but lucratif, qui avait diminué pendant une décennie, a recommencé à augmenter en 2006.

Ce sont surtout les frais de garde payés par les parents qui assurent le financement des services de garde au Canada (sauf au Québec).

Or bon nombre de familles n’ont tout simplement pas les moyens de recourir aux services de garde réglementés. Les places de garde subventionnées s’adressent aux parents à faible revenu, qui doivent se soumettre à un examen de leurs moyens financiers. Les subventions couvrent soit tout ou seulement une partie des coûts des services de garde réglementés. . Elles s’appliquent aux frais de garde que doivent assumer les parents à faible revenu – elles ne sont pas conçues pour financer l’ensemble du programme de services de garde.

De plus, ces places ne sont pas assez nombreuses pour combler les besoins de tous les parents. Les listes d’attente pour obtenir une place en garderie et une subvention pour frais de garde sont longues.

Par ailleurs, certaines provinces financent aussi l’administration globale des programmes de services de garde, les subventions pouvant servir notamment à hausser les salaires du personnel.

Les provinces et les territoires ont tous inclus, dans leur système public d’éducation, des maternelles publiques gratuites pour les enfants de 5 ans. Dans plusieurs provinces et territoires, certaines écoles accueillent les enfants de 4 ans. En Ontario, les maternelles sont ouvertes à tous les enfants de 4 ans. Toutefois, dans l’ensemble du Canada, les enfants fréquentent les maternelles pendant une partie seulement de la journée – habituellement la moitié environ d’un jour d’école (soit 2,5 heures). La fréquentation de la maternelle est habituellement facultative (mais obligatoire au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse). La plupart des parents envoient leurs enfants à la maternelle lorsque ce service existe.

Dans le cadre de son système public d’éducation, l’Ontario procède à la mise sur pied d’un nouveau programme de maternelle à plein temps pour les enfants de 4 ans, lequel devrait inclure des services de garde d’enfants avant et après les heures d’ouverture des maternelles, et ce, aux frais des parents. Ce programme, qui relève du ministère de l’Éducation, devrait être instauré graduellement au cours des prochaines années.

Le personnel des services de garde à la petite enfance est constitué presque uniquement de femmes. Cette profession compte parmi les moins bien rémunérées du pays. Ainsi, au Canada en 2006, le salaire médian des éducatrices et éducateurs travaillant à plein temps toute l’année n’était que de 25 100 $.

Il est possible de mettre en place un système pancanadien de services de garde de qualité, accessibles et abordables. Le Canada est l’un des rares pays industrialisés qui ne soit pas doté d’un système cohérent et efficace de SEGE. Dans de nombreux pays, les pouvoirs publics ont jugé que les SEGE étaient nécessaires et souhaitables – pour les enfants, les femmes, les familles, l’économie et la société. Ils ont par conséquent investi des fonds publics considérables dans l’instauration de programmes de SEGE accessibles au plus grand nombre et de grande qualité.

Plusieurs grandes organisations internationales ont procédé à l’évaluation des systèmes de garde d’enfants des pays industrialisés – et le Canada fait très mauvaise figure. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ont constaté l’absence de progrès dans notre pays. Dans un rapport de 2006 de l’OCDE, le Canada se classait bon dernier quant aux dépenses publiques consacrées aux SEGE – derrière les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni. Dans un rapport de 2008 de l’UNICEF, le Canada arrivait au dernier rang de 25 pays, sur un pied d’égalité avec l’Irlande. Le Canada satisfaisait à un seul des dix points de référence établis par l’UNICEF pour mesurer la qualité et l’accessibilité des SEGE.

Au quatrième rang des pays les plus riches de la planète, le Canada n’a aucune raison de ne pas offrir de meilleurs services pour répondre aux besoins de ses enfants, de ses femmes et de ses familles. Il possède la capacité voulue. Ce qu’il lui manque, c’est la volonté politique d’effectuer des changements – toute personne qui se préoccupe de la qualité de vie des enfants canadiens devrait se porter à la défense des services de garde.

Date de modification : 2011/02/18



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